‹ La vue aux aveugles par la cornée artificielle [electronic resource]Chapitre 2 sur 10 · PAR LA · texte numérisé non relu

PAR LA

Les médecins qui ont fait des maladies des yeux l'objet de leur pratique spéciale et ont pu examiner un grand nombre d'aveugles, ont pensé de tout temps, avec raison, que dans les cas de cécité où la rétine et le nerf optique demeuraient sains, ou relativement sains, il suffirait de trouver le moyen de faire pénétrer, à l'intérieur de la cavité oculaire, les rayons du jour, pour qu'un aveugle devint un voyant.

En remontant dans l'histoire de l'ophthalmologie, on peut s'assurer que diverses tentatives ont été faites dans cette voie, et que le docteur Nusbaùm a, un des premiers, appliqué à l'œil humain une cornée artificielle !

L'appareil qu'il avait imaginé consistait en un petit disque de verre ayant la forme d'un bouton de chemise, d'une grosseur de 3/8 de ligne, offrant une rainure à, son bord. Il conseillait de pratiquer, dans la cornée leucômateuse, une incision d'une ligne et demie, et d'y fixer le bouton de verre comme dans une boutonnière.

J'ignore si le docteur Nusbaûm a eu l'occasion de faire avec succès de nombreuses applications de sa cornée artificielle, mais, sans considérer les difficultés de l'opération, je me suis

demandé comment un semblable bouton, introduit dans la boutonnière cornéenne, pouvait se maintenir à la surface de l'œil, sans y être protégé et relenu, et sans déterminer une inflammation intense et douloureuse.

Le docteur Pauli (de Landau), qui a aussi entrepris des expériences dans cette voie, s'exprime de la façon suivante :

« La cornée du docteur Nusbaiïm, qui n'a en sa faveur aucun fait physiologique ou pathologique qui puisse faire espérer un résultat probable, et qui n'a aussi pour elle ni la théorie ni la pratique, est une opération infructueuse, accompagnée de longues douleurs et parfois si dangereuse qu'elle doit être pour toujours rayée du nombre des opérations qu'on peut tenter chez l'homme, avec quelques chances de succès. »

On ne peut nier cependant, que cette tentative, pleine d'intentions généreuses, est sortie d'un cerveau intelligent, quoiqu'un peu fantaisiste, et qu'elle a été le point de départ de toutes les autres.

Lorsque je me donnai pour mission de rechercher une méthode de guérison de certaines cécités considérées comme incurables, ma première pensée fut de reprendre la tentative de Nusbaum sous une forme plus réalisable et moins dangereuse. J'eus l'idée de faire pénétrer à travers la cornée, non plus un bouton, mais un petit bouchon de cristal, légèrement rainé à sa base, et de l'y maintenir à l'aide d'une bande de conjonctive empruntée, soit à un œil humain, soit à un œil de lapin.

Je pensais que ce léger appareil de cristal, protégé et maintenu par une greffe de tissu conjonctival, comme par une cein lure protectrice vivante, ne déterminerait pas d'accidents inflammatoires sérieux, et que l'œil le tolérerait sans danger. Une ouverture pratiquée dans l'épaisseur de cette bande conjonctivale, en regard de l'appareil de verre, aurait suffi plus tard pour laisser arriver la lumière jusqu'à la rétine. Je poursuivais depuis quelque temps l'exécu Lion de celte opération, lorsque je trouvai, sans la chercher, l'occasion de lameltre en pratique.

La voici brièvement racontée :

Un jeune homme de 18 ans, le nommé X.. ., atteint d'un leucôme adhérent complet, fut conduit à mon dispensaire le 20 février 1880. Son œil droit était entièrement atrophié ; le gauche, leucômatenx, n'avait pas son volume normal ; la cornée était opaque et aplatie ; elle était même inégale sur quelques points, et on ne pouvait juger de l'état des milieux et des membranes profondes.

La tension était un peu au-dessous de la normale. Quant à la sensibilité rétinienne centrale et périphérique, elle était relativement satisfaisante. L'aveugle percevait la clarté du jour et celle d'une lampe à six mètres de distance.

Considéré, avec juste raison, comme absolument incurable par les médecins qui lui avaient donné leurs soins, il reçut avec satisfaction la proposition de subir une opération chirurgicale, et l'accueillit avec d'autant plus d'empressement que je prenais aussi à ma charge ses dépenses matérielles.

Je Gs préparer un petit bouchon de veTre, en forme de tronc de cône, d'une longueur de 6 millimètres, de 2 millimètres de diamètre à son sommet et de 4 à sa base, avec une légère canelure; et, muni de cette cornée de verre, je procédai à mon expérience sur le jeune aveugle.

Je pratiquai, à l'aide d'un couteau effilé, au centre du leucôme, une incision de 5 mill. de hauteur: j'incisai les tissus lentement, couche par couche, et je fus bientôt gêné par une hémorrhagie provenant de l'iris, soudé à la face postérieure de la cornée.

L'écoulement sanguin ne tarda pas à s'arrêter, sous l'influence d'une compression légère exercée avec une boulette de charpie imbibée d'eau froide, et je pus achever ma première manœuvre.

J'introduisis alors doucement des pinces à dents de souris, très déliées, espérant ramener quelques parcelles de capsule et de cristallin, mais, en les retirant, je vis avec surprise apparaître l'humeur vitrée. Evidemment, pendant le cours de l'ophtalmie, la cornée perforée avait dû laisser échapper la lentille. — Au même instant le malade poussa un cri de joie. — « Je vois, dit-il ! »

J'enlevai le blépharostat et fermai doucement les paupières ; en les entrouvant, l'aveugle put distinguer ma main, mes doigts et divers objets qui lui furent présentés par mes aides.

Le lendemain, les lèvresde l'incision s'étaient rapprochées ; avant de les ouvrir, je pratiquai deux incisions verticales, en forme de boutonnière, à chaque extrémité du diamètre horizontal de la cornée lcucômateuse, comprenant la conjonctive et le tissu cellulaire sousjacent.

Immédiatement après cette manœuvre, je détachai sur un œil de lapin une bande de conjonctive saine, d'un 1/2 ccnt.de largeur 61

d'un centimètre de longueur, après avoir passé à travers les deux extrémités de ces lambeaux deux aiguilles munies de fils de soie très fins. Je fixai aussitôt ce lambeau vivant sur l'œil du malade, dans la boutonnière préparée, en commençant par le côté interne; j'appliquai, sans perdre de temps, l'autre extrémité du côté externe, sans toutefois achever la suture.

A ce moment, saisissant la cornée de verre avec des pinces plates, je l'introduisis avec un certain effort par sa partie conique entre les lèvres de l'incision pratiquée la veille, et pendant que je maintenais encore l'appareil, mon aide acheva rapidement de serrer les deux sutures internes.

La bande muqueuse empruntée au lapin recouvrait exactement la cornée de verre.

Je plaçai sur l'œil un pansement ordinaire et laissai le malade au lit. La journée se passa sans incidents sérieux. Le lendemain la greffe était encore parfaitement appliquée, quoiqu'un peu blanchâtre et luisante. Je fis entretenir sur les paupières des compresses chaudes et aromatiques, mais dans la seconde nuit, des douleurs survinrent et la greffe, ainsi que le bouchon de verre, furent éliminés.

Ma tentative avait complètement échoué.

J'avais eu, il est vrai, la satisfaction de permettre au malade de distinguer pendant quelques moments des objets qu'il n'avait plus vus depuis deux ans ; mais sa joie disparut aussi vite que s'évanouirent mes espérances.

Quelques jours plus tard, le pauvre aveugle quittait ma maison, et rentrait dans cette obscurité à laquelle mes efforts ne l'avaient arraché que pour quelques instants.

Ce premier essai n'était pas encourageant et je renonçai à une nouvelle expérience.

Je ne pouvais oublier cependant cette joie immense de l'aveugle, au moment où il avait recouvré la faculté de voir ; je restais impressionné de son bonheur et je me demandais s'il ne serait pas possible de maintenir, béante et accessible à la lumière, l'ouverture pratiquée dans la cornée.

Je me rappelai les divers essais de mon confrère italien, le docteur Gradenigo (1), et je relus avec le plus grand soin les

(1) J'ai appris le 28 janvier dernier par le journal VEuganeo, qui se publie à Padoue, et tout récemment par une brochure italienne, que le docteur Gradenigo était l'inventeur d'un œil de verre, sorte de coque artificielle munie à son centre d'un petit cylindre de cristal destiné à être introduit dans la cornée leu-

observations qu'il avait publiées sur l'établissement d'une fistule cornéenne, dans les cas de leucôme, fistule à travers laquelle plusieurs de ses malades avaient conservé quelque * temps une vision relativement utile.

Les succès obtenus par mon honorable confrère dans des leucômes incurables étaient encourageants ; mais, en considérant que cette opération n'était applicable qu'à un nombre très limité d'aveugles, et qu'il serait impossible d'obtenir des résultats plus décisifs, je m'éloignai de toute tentative dans cette voie et me mis à étudier sérieusement les expériences de greffes cornéennes, entreprises par Keissinger, Waltber, Dieffenbach, Desmares, et plus récemment encore par Power et M. de Hippel.

Il me semblait qu'en creusant cette idée, de remplacer une cornée opacifiée par une cornée transparente, une inspiration heureuse traverserait mon esprit et me mettrait sur la voie d'une nouvelle opération, réalisable avec succès. Hélas ! ces horizons nouveaux ne se montrèrent pas et mes recherches me fournirent, au contraire, la preuve certaine que ces essais de restauration, applicables à un bien petit nombre de cas pathologiques, ne donnaient presque que des déceptions.

On sait, en effet, que la partie de cornée greffée devient opaque et aussi impénétrable à la lumière que la cicatrice leucômateuse qu'on a cherché â remplacer. Lorsque, par exception, la greffe réussit, le malade n'en reste pas moins dans l'obscurité, et lorsque, comme c'est l'ordinaire, elle ne réussit pas, l'œil est presque toujours définitivement perdu.

comateuse. Cet appareil prothésique est maintenu par les paupières. Malheureusement, d'après son auteur lui-même, l'œil sur lequel il est placé ne peut le tolérer que quelques heures. (Da poche ore a due o Irè giorni), dit mon honorahle confrère. Cet œil de verre n'est donc pas plus pratique que l'appareil de Nusbaiim et que celui dont j'ai fait moi-môme l'expérience en 1S80.

Quel est le chirurgien qui voudra l'adapter? Quel est le malade qui en réclamera l'application ? H restera chez le fabricant !

Ma cornée artificielle n'a pas le moindre rapport avec cet appareil prothésique; introduite dans la sclérotique et non pas dans la cornée, L'œil humain ne la supporte pas seulement deux heures, deux ou trois journées, mais il la

tolère toujours sans la moindre gène, sans la plus légère douleur (Voir les

observations).

Quelques chirurgiens pensent que clans un avenir prochain, ces tentatives de greffe donneront des satisfactions plus grandes. Je regrette de ne point partager leur enthousiasme et de ne point me ranger surtout à l'opinion d'un maître aussi expert que mon ami le professeur de Wecker ; mais j'estime que ces restaurations entreprises et exécutées au milieu de difficultés quelquefois insurmontables, et toujours pleines de danger pour l'œil qui est exposé à être vidé, ne conduiront qu'à des résultats négatifs. Puissé-je hientôt être démenti par des guérisons nombreuses et des succès que j'appelle de tous mes vœux I

Dans tous les cas, ne jugeant point qu'il y eût lieu pour moi de renouveler des expériences faites avec tant de soin et tant de patience par des opérateurs de grand mérite, et revenant sur mes pas, toujours entraîné par mon idée première, je poursuivis avec ténacité la solution du problème de l'adaptation d'une cornée artificielle.

La Chirurgie générale nous donne de nombreux exemples d'appareils artificiels appliqués à diverses parties du corps. Dans la trachéotomie, ne voyons-nous pas introduire, à travers un tuyau vivant et aérien, un appareil compliqué, auquel de nombreux enfants, voués à une mort certaine, doivent chaque jour de renaître à la vie ?

N'est-on pas arrivé à faire péuétrer au sein des organes les plus profonds, à travers des parois épaisses auxquelles il semblait autrefois impossible de toucher, des canules, des drains, parfaitement supportés ?

La plèvre, la vessie ne tolèrent- elles pas des appareils semblables ? Certains corps étrangers n'acquièrent- ils pas le droit de séjourner impunément dans diverses cavités et divers tissus ?

Je me demandais si nous étions à bout de ces inventions merveilleuses, utiles à l'humanité, entièrement créées par le ' génie de l'homme, et si l'oplithalmologie, cette science si fertile en progrès, était au terme de ses conquêtes ? Pénétré de ces idées, je me mis résolument à l'œuvre.

Arrivé à une période de ma carrière d'oculiste, où l'exercice

de la profession est facile et agréable, où l'on pratique presque chaque jour les opérations les plus délicates, sans souci du résultat, où, par le tact et l'habitude, on guérit tout ce que la science permet de guérir, où, en un mot, par une pratique assidue et une fertile observation, on est peut-être un peu moins savant qu'à la sortie de l'école, mais beaucoup plus médecin, je ne passais pas un seul jour sans réfléchir à cette question. J'écrirais un volume si je voulais développer toutes les idées qui sont sorties de mon cerveau ; les unes, parmi premier examen me semblaient pratiques, mais, après discussion, n'étaient plus susceptibles d'être réalisées ; les autres, au contraire, me paraissaient aptes à recevoir un commencement d'exécution, puis les obstacles se dressaient et m'empêchaient de continuer ma route.

A bout d'efforts et de recherches, j'étais sur le point de renoncer à poursuivre cette découverte, lorsqu'il me vint, tout d'un coup, l'idée d'ouvrir un accès à la lumière dans la Sclérotique, au lieu de l'ouvrir dans la Cornée.

Les impossibilités, les dangers créés par la cornée, par l'iris et par le cristallin s'évanouirent aussitôt dans ma pensée, et toutes mes appréhensions disparurent. Je n'avais à traverser que des membranes peu susceptibles de s'enllammer: je trouvais à la surface de la sphère oculaire un tissu muqueux, la conjonctive lâche et extensible, disposée pour ainsi dire par la nature pour maintenir et protéger l'instrument prothésique qui servirait de conducteur à la lumière; enfin, il me suffisait de faire subir à l'œil une rotation de 40 à 45° pour que l'appareil fût en apparence centralement placé et que la vision directe pût s'exercer.

Je m'abandonnai à celte pensée qui avait jailli de mon cerveau, comme la lumière jaillit d'une pierre que l'on heurle par hasard sur le chemin, et je me pris à espérer.

Avais- je le droit de me réjouir ? Etais-je dans la bonne, voie?

La physiologie et la pathologie venaient-elles à mon aide? Je le pensai !

N'avons-nous pas tous vu, en effet, des corps étrangers

séjourner dans le globe oculaire pendant longtemps, sans y déterminer le plus léger accident ?

L'opération de la cataracte par abaissement, si justement abandonnée de nos jours, ne nous démontre-t-elle pas que le cristallin déplacé, peut, véritable corps étranger, rester impunément dans les milieux de l'œil sans altérer en rien la vision?

Quel est celui d'entre nous, aujourd'hui, qui mettrait en doute le succès de cette méthode, et qui n'abandonnerait pas les procédés les plus modernes, auxquels nous devons cependant tant de succès, s'il lui était donné découcher la lentille dans le corps vitré, sans qu'elle put s'y déplacer, à une distance précise, toujours exactement calculée, des membranes et des parties vulnérables de l'organe oculaire '?

Y aurait-il dans la chirurgie une opération, à la fois, plus simple, plus sûre et plus brillante ?

Et, d'ailleurs, le corps étranger que j'allais introduire, pour donner accès à la lumière, ne serait pas absolument renfermé dans la cavité de l'œil, et, par conséquent, offrirait de moindres dangers de réaction.

Enfin, la nature nous offre fréquemment l'exemple de la rotation de l'œil, en dedans et en dehoi'S. Les strabiques convergents ou divergents ne sont pas rares et le strabisme n'est pas incompatible avec la vision. Sans doute, il n'est pas entré dans le cadre des opérations ordinaires de l'oculiste de rendre strabique un œil qui ne l'est pas ; mais j 'estimai que puisqu'il est facile de corriger cette déviation, lorsqu'elle existe, il serait aisé de la produire quand elle serait appelée à devenir utile.

Je poursuivis sans relâche mes recherches et me préoccupai de trouver et de faire construire un appareil qui, jouant le rôle de conducteur de la lumière, donnerait accès aux rayons du jour dans la cavité oculaire.

Je crois inutile d'énumérer, même sommairement, les divers appareils que j'ai fait construire avant de parvenir à donner à ma cornée artificielle sa forme actuelle et d'en rendre l'application facile.

On se fera une idée de tous les tâtonnements par lesquels j'ai dû passer et des difficultés sans nombre que j'ai eues à vaincre, si on pense que, dans le milieu où je pratique, les fabricants et les ouvriers spéciaux nous font totalement défaut.

Grâce cependant au bon et gracieux concours de deux habiles industriels, MM. Santi et Godde de Nicolas, j'ai pu obtenir divers modèles, à l'aide desquels j'ai expérimenté, d'abord sur les animaux et sur le cadavre, et, après bien des modifications, j'ai adopté définitivement celui que je vais décrire.

L'instrument auquel je donne aujourd'hui la préférence, se compose de deux parties bien distinctes :

La première, est la Copiée de cristal; elle a la forme d'un tronc de cône,d'un petit bouchon de 2 millimètres de longueur, de 1 millimètre de largeur à sa base principale, disposé pour s'engager facilement dans une monture qui lui sert de support.

La deuxième est la Monture ; elle est en or et a la forme d'une canule cylindrique, à parois fenêtrées dans toute leur étendue. Elle a un centimètrede longueur environ, et peuts'adapter sur une aiguille acérée qui permet sa pénétration à travers les enveloppes membraneuses de l'œil. En retirant l'aiguille, la monture reste dans la cavité oculaire.

On s'étonnera peut-être de la longueur considérable de la monture destinée à supporter la cornée de cristal ; elle est nécessaire pour soustraire l'appareil en entier à l'influence de la pression intra-oculaire. Elle permet de neutraliser les pressions exercées dans tous les points et dans toutes les directions sur cette sphère vivante ; elle assure à l'instrument une fixité

absolue, indispensable, et s'oppose à sa propulsion au dehors.

On peut s'en convaincre, en introduisant la monture dans] un œil énucléé : on verra que, non seulement sous l'effort de pressions énergiques exercées par la main, la monture ne se déplace pas, mais on sera surpris de constater que le corps vitré lui-même, s'il est normal, n'a pas de tendance à faire issue au dehors par l'orifice de la monture.

Ma cornée artificielle remplit toutes les conditions indispensables. Son introduction à travers les membranes oculaires est facile; la conjoncLive la recouvre et la protège aisément ; elle est d'un métal qui ne peut s'altérer, même après un séjour prolongé dans l'humeur vitrée ; elle n'est point exposée à se briser ; elle a une fixité absolue; elle n'a aucune tendance à être chassée de l'œil,ne permet pas l'issue d'une quantité notable de vitréum, et donne cependant un passage suffisant aux rayons du jour.

En effet, si on fixe l'appareil à travers une carte, et que l'observateur la place au devant de son œil, il peut s'assurer qu'il obtient une vision nette, même dans un milieu faiblement éclairé et un champ visuel assez large pour assurer l'orientation .

On peut reprocher à ma cornée de ne pas atteindre, au point de vue cosmétique, la perfection qu'on pourrait désirer d'une pièce artificielle ; mais ce n'est point le but que j'ai poursuivi. On l'atteindra sans doute dans l'avenir.

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