‹ La vue aux aveugles par la cornée artificielle [electronic resource]Chapitre 3 sur 10 · ADAPTATION DE LA CORNÉE ARTIFICIELLE · texte numérisé non relu

ADAPTATION DE LA CORNÉE ARTIFICIELLE

Le procédé d'adaptation que j'ai publié déjà et qui a été reproduit dans divers journaux de médecine était fort compliqué ; il ne pouvait être exécuté qu'en deux séances et à des intervalles éloignés.

Dans la première, on faisait subir à l'œil une déviation soit en dehors, soit en dedans de 30° à 45° environ, par la stra-

botomie combinée à l'avancement du muscle antagoniste. Dans la deuxième, après une attente d'un ou deux mois, on adaptait la monture.

Cette façon de procéder avait de sérieux inconvénients ; elle obligeait les malades à se soumettre à deux opérations toujours pénibles; eniin le tissu conjonctival subissait deux vulnérations qui pouvaient nuire aune cicatrisation facile et rapide. La conjonctive était presque toujours transformée en tissu cicatriciel; sa dissection devenait très difficile; son extensibilité, sa laxité n'existaient plus, et le recouvrement de la cauùle pouvait échouer.

Je procède aujourd'hui plus simplement :

Je pratique l'avancement musculaire et la strabotomie ; je mets aussitôt à nu la sclérotique sur le point d'élection ; j'introduis la monture par simple ponction d'avant en arrière, et je la recouvre par la conjonctive ramenée au-dessus d'elle à laide d'un point de suture.

Après un lavage antiseptique de l'œil, j'applique un pansement qui demeure en place 48 heures, après lesquelles les fils sont enlevés et je n'ai plus qu'à maintenir la compression pendant quelques jours encore.

L'opération n'est suivie d'aucune réaction. Lorsque la conjonctive a repris son aspect normal et que l'œil est accoutumé à l'appareil, il ne reste qu'à introduire la cornée de cristal dans sa monture. C'est une manœuvre facile, mais qui réclame cependant quelques explications. Je l'exécute de la manière suivante :

Avec un galvano-cautère effilé, je détruis le tissu conjonctival qui recouvre l'orifice de la monture; j'introduis à travers cet orifice, ainsi dénudé, un petit stylet mousse, jusqu'à une profondeur d'un centimètre et, par de légers mouvements de va et vient, je débarrasse l'intérieur de l'appareil des matières étrangères qui peuvent l'obstruer.

Le bouchon de cristal placé daus un instrument, semblable à un porte-crayon et faisant saillie d'un millimètre environ, est ensuite présenté à l'orifice par sa partie la plus mince, et y est

introduit jusqu'à sa base. Il est alors définitivement fixé. La manœuvre est plus longue à décrire qu'à exécuter.

J'ai hâte de relater maintenant quelques -unes de mes observations. Elles démontrent, comme les expériences entreprises sur les animaux me l'avaient déjà appris, que mon appareil reste impunément dans l'œil de l'homme, et qu'un chirurgien peut, en toute sécurité, entreprendre cette opération sur un œil privé de la vue.

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