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Qu'il veut rendre éclatant dans les notes qu’il pousse …
Et qu’il jette par sa mimique; c’est son pouce RC Pointé contre sa bouche en s’écartant un peu ke Qui, par sa pose et par sa place lui tient lieu D'étrange, d’inutile et muette embouchure, Et sa main sans beaucoup de vérité figure ; Le reste de ce qu’on suppose à l'instrument, Ses doigts se prêtant à la forme en se fermant; Ée L'homme soigne beaucoup son pas; c’est un modèle "4 : De sévérité pour soi-même et de beau zèle nn. Quant à la marche; il est exagéré plutôt
Et lève les genoux trop nettement, trop haut;
Il se fait, gardant son sérieux, une tête Volontairement nulle, abasourdie et bête;
C’est le pince-sans-rire endurci, le farceur
Dont on ne croit plus un mot; il est connaisseur
Dans l’art de préparer quelque savante charge
te sur les trois côtés, n’ayant rien Qui dépasse; en sonnant le clairon il se donne
L'expression la plus comprimée et bouffonne,
talant entre ses pointes de la dentelle,
+ qu’une femme serre un peu contre son cou;
$e avait à la discipline; son corps | à e Malgré l'infraction reste droit et rigide; Ë Tout en portant les yeux autre part il se guide
Par routine et sans y songer sur le joueur
è De clairon; il a pris l’aspect d’un grand tueur,
D'un barbare qui sans sensiblerie achève
Ses victimes; sa main gauche étonne et se lève En montrant ses cinq doigts fortement écartés Qui se séparent et pointent de cinq côtés; : 2 C’est un geste rempli de menace et d’emphase, Un de ces gestes qu’on trouve pour quelque phrase Belle et ronflante dont on tient à souligner La puissante portée afin d’en imprégner L’auditoire; il convient aux fins de périodes Qu’on déclame en prenant le ton ému des odes | +3 Pour convaincre les plus têtus de ce qu’on croit Être la vérité flagrante. A cet endroit,
En dehors de ces gens-là, l'apparence offerte Par la jetée est nue, espacée et déserte;
On ne trouve pendant cent mètres nul passant La longeant dans un des sens ou la traversant; C'est ce calme qui, par l'isolement, excuse
Le caprice héroïque et fou qui les amuse;
Ils sont libres et seuls: ils n’ont à faire cas
D’aucune opinion.
RAS à Le :
Le Devant eux, à vingt pas Des personnages qui conservent des distances
mn
En rapport avec leurs diverses accointances,
Sur le parapet blanc, à droite. Trois amis
S’entretiennent avec un apparent mystère
. Deux semblent dépourvus d'enthousiasme et froids; Un seul dépense du nerf, de la pétulance,
De la vivacité; malgré sa corpulence
Il est ahurissant, remuant, plein de feu,
| Prenant son sujet à cœur. Celui du milieu
Est long, indifférent à tout et flegmatique ;
II traite en soi le gros de fou, de lunatique,
Ne voulant pour rien au monde attacher de prix À son caquet; il n’est aucunement surpris Qu'un homme tel que son digne voisin divague; Il regarde, levant les sourcils, quelque vague Déferler en avant, loin, sur le sable fin;
Le gros se donne bien du mouvement en vain, Car l’autre, avec son air paresseux, interprète À sa façon ses beaux arguments, et ne prête Que peu d’attention aux paroles qu'il dit; Dans son regard perdu, problématique, on lit Sans avoir besoin d’être un devin ce qu'il pense De l’aptitude ainsi que de l'intelligence
Du bavard; il ne voit pas qu’on ait là de quoi
S’attarder; il refuse aussi d’ajouter foi
Aux balivernes sans raison d’être, aux sornettes ; ‘4 D'un homme qui n’a pas de ressources bien nettes à Dans la cervelle; il a dès longtemps renoncé 4 A la discussion; il s’est bien enfoncé
En s’asseyant sur le parapet; il préfère Sr E
Être à son aise en tous cas; le gros, au contraire,
“LATYUE
ans nul sybaritisme et sans aucun confort;
utenant seule son équilibre, la pointe
Il harcèle ses deux compagnons et se flatte De dissiper leur doute et de les convertir
1 A la doctrine qu’il a, sans se départir
De l'exposé déjà donné ni du système
ne De ces déductions lumineuses qu'il aime
Et dont il s’évertue à montrer la valeur.
Le troisième est muet et-tient d’un air songeur Son menton dans sa main; ce beau geste seconde,
A ce qu’il paraît, sa réflexion profonde,
Et sert à mettre du brillant, de la clarté, Dans son intelligence; il est mal cravaté, Car sa cravate est vieille, abimée et mauvaise Et d’une étoffe peu définie, écossaise.
Tous trois ont du mal à s’entendre; l'union N'est pas près de régner dans leur opinion; C’est de leur caractère à chacun que résulte
La divergence.
A leur gauche, un homme consulte … Un volumineux guide ouvert sur ses genoux ; Il pince dans ses doigts, loin, par deux de ses bouts Une carte étendue à plat, tenant au livre, | Défaite et déployée en entier; il se livre Complaisamment à des recherches sur les lieux Voulant approfondir des points, en curieux; :
1! cherche aux environs un bon itinéraire,
Révant de faire un tour afin de se distraire ;
Il n’a pas l’habitude et s’y reconnaît mal
Dans ce pays qu’il tient à voir; un littoral
Se découpe sur la carte solide et neuve;
On voit des golfes et de minces caps; un fleuve
S Au cours extrêmement tourmenté, sinueux, Sort, timide d’abord, d’un endroit montagneux; Il fait des courbes et des angles, il ondule, Passe près de plusieurs bourgs, avance, recule,
| Reçoit après un grand détour un affluent,
Puis arrose une ville à l’air plus important;
pe Sont claires, sans aucun relief; mais les montagnes
La mer est tout unie et vaste; les campagnes
Ont un aspect plus dru, plus épais, plus foncé,
# Et le chaos de leur noirceur est plus forcé
Et Selon l’entassement et selon l’altitude ;
L'homme s’adonne avec prévoyance à l'étude
Persévérante et sans aléa d’un tracé; Un chemin par lequel il n’est jamais passé
. Lui semblant hasardeux, scabreux, il le précise.
Une femme, plus près nonchalamment assise, Se retourne sans but et regarde dans l’eau;
Dans sa main peu fermée elle tient un rouleau : . 0 Sans épaisseur ; c’est un seul morceau de musique È Quelque chanson à grand sentiment, magnifique; . La couverture laisse entrevoir son dessin Figurant une dame en poudre, au clavecin, + Qui chante, précieuse, ardente, maniérée, Le doux refrain de sa romance préférée;
Elle lève ses bras admirables et nus,
Car elle s'accompagne en accords non tenus; Son expression tendre est en même temps triste. ‘# LA Près de la femme qui songe, un violoniste
Inoccupé, rêveur, a posé contre lui,
\u milieu juste du parapet, son étui
‘ni il s’est assis en SÈUE à l’aise;
2 Se Pabits très DS sont re par te
Toujours prêt aussitôt qu’il s’agit de briser
Avec les errements routiniers du vulgaire;
Il se moque du qu’en dira-t-on, fait la guerre Aux convenances si sottes, aux préjugés
Auxquels les bourgeois sans flamme sont obligés;
Il ne veut pas que la mode soit respectée.
de.
Le
En face, du côté gauche de la jetée,
Debout et tous tournés vers la plage, des gens |
Sans direction bien fixe, indécis et lents, Sont arrêtés; un acte en bas les intéresse : À à | Tous passionnément; chaque regard se baisse RE Vers le bord de la mer, sinon pour la beauté
Des vagues, du moins pour quelque incident guetté. Une femme très grande et très brune domine :
Le groupe; elle est au plus haut degré féminine, Malgré sa taille, car elle possède un don |
Infini de souplesse intime et d'abandon;
De sa personne émane énormément de grâce
Et de charme aussitôt qu’elle paraît ou passe. Un homme un peu devant elle semble petit,
Par la comparaison inévitable; il rit,
our lui donner ; bon temps, du plaisir,
le Done et pa le divertir;
: son nez écrasé, plat; elles sont teintées
ne
rs deux verres sont bombés; un grand reflet
uvais ou bienveillant, impitoyable ou doux, quels sentiments vrais il exprime en dessous;
mr a pénétration obstinément tentée
Est vaine; Phomme, avec sa main droite gantée,
Par contenance, sans ardeur, distraitement DE 4 ’ ; $ 2 | Avec précaution; c’est l’extrémité fine, Pointue, irréprochable et droite qu’il fait mine |
De ne pas vouloir un instant laisser en paix;
d Son gant est maladroit pour cette tâche, épais
Est déjà sur le point de partir et ne met
Et fait dans une peau récalcitrante et dure Qui ne s’est assouplie un peu que par lusure; Des plis se sont formés, profonds, accentués Sur les emplacements les plus habitués
À se casser, à se tordre; un bouton unique,
Autrefois résistant, difficile, énergique,
Qu’une contrainte fort légère à son poignet; La boutonnière lâche et paresseuse serre Très médiocrement et ne comprime guère; Son pouvoir ancien, insuffisant, usé,
Laisse tout détendu, tranquille et reposé;
C’est en employant trois doigts que l’homme tortille
Le bout de sa moustache. Une très jeune fille Le À ses cheveux foncés, pleins de reflets et beaux “4 Encore, comme les fillettes dans le dos; 4 Ils descendent en deux nattes noires fournies UE. Formant deux courbes bien pareilles réunies 108 Par un même ruban unique dans le bas;
Pleine de confiance, elle donne le bras
l où toute une existence autre va commencer ;
Elle est trop franche pour chercher à distancer
Sa pensée est restée incorruptible et pure,
Gardanti intacte sa grande ingénuité;
Son esprit demeuré droit n’a pas profité
Des exemples malsains, vils; elle est à la veille Du jour où l’inconnu des sentiments s’éveille ; Pourtant aucun nouveau trouble ne l’envahit,
Ne la transforme; rien en elle ne trahit
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La moindre obsession; elle tient une laisse
Tressée en cuir, solide et résistante, épaisse, Dont le bout se rattache au collier d’un carlin À l’air affectueux, débonnaire, clin; | Il s’est assis avec patience, il arrête
Sur sa maitresse un long regard, lève la tête
Et reste sans bouger dans le tranquille espoir D'une caresse ou d’un mot; son gros museau noir. Est écrasé; sa tète au-dessus devient claire | Et du ton de son corps; il semble se complaire À regarder ainsi, fidèlement, d’en bas,
Le visage de la jeune fille; il est gras;
On doit lui donner en bon nombre des pâtées Délicieuses, bien faites, bien mijotées;
On devine le chien heureux et caressé
Rien qu’à sa mine; son collier est hérissé
De forts piquants pointus et dont l’air de menace Fait un contraste avec l’apparence bonasse
De ce chien entre tous placide, inoffensif,
Dont l’abord serait doux, amical, expansif,
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3 Qu elle ne traine dans la poussière, par terre; on autre extrémité s’entortille et se serre Sur une main de la fillette en tours nombreux;
La longueur partielle est restreinte par eux.
Devant le personnage aux brillantes lunettes, : Dont le sourire fait reluire les pommettes, Un enfant lourd et bien portant est accoudé Au parapet; près des tempes il est ridé,
Car dans la pose qu’il a choisie il enfonce
Imperceptiblement au-dessus de ses doigts,
Qu'il tient tous verticaux inflexibles et droits;
Sa tête dans ses deux mains et sa peau se fronce
Il suffirait qu’il les abaisse pour défaire
Ces rides de hasard; au bas de l’annulaire
Il porte un cercle mou, sans valeur, pauvre.et laid,
EC
Sans destination et bizarrement fait;
C’est une sorte de vilaine bague grise Qu'il a placée ainsi coquettement en guise De prétendu bijou modeste et dégarni D'un aspect dépourvu d’éclat, mal défini, | Terne autant qu’il se peut; c’est un simple élastique S'enroulant plusieurs fois en rond et qui s’applique Avec un pincement incessant sur sa peau;
11 y forme par son épaisseur un anneau
Dont la largeur n’est pas ferme ni régulière;
Elle s'étend parfois, puis elle se resserre
Aux endroits plus que les autres, durs, tortillés, Superposés de très près, recroquevillés;
L'enfant prend une mine appliquée, attentive
Pour regarder avec une anxiété vive
À la même distance et du même côté
Que les trois autres; la grande sincérité
EC Hede voir le nn en Be tout nr
' Gt Æ | 200 sur son poil, pendant qu'il se flatte,
A bracelet scintillant à la ne
à Du bord de la jetée, en sen le résultat
De son prochain plongeon.
En ce moment l’éclat
Décroît au fond du verre et tout devient plus sombre;
Sur la plage s'étend, partout égale une ombre;
Mon bras levé retombe, entraînant avec lui Le porte-plume et son paysage enfoui Dans l’extrémité blanche aux taches d’encre rouge; Dans le ciel un amas de grosses vapeurs bouge; us Le temps est devenu tout à coup nuageux, Incertain, menaçant, couvert, presque orageux ; Mes yeux plongent dans un coin d’azur; ma penses Rève, absente, perdue, indécise et forcée 3% D’aller vers le passé; car c’est l’exhalaison Des sentiments vécus de toute une saison Qui pour moi sort avec puissance de la vue, Grâce à l'intensité subitement accrue
Du souvenir vivace et latent d’un été
Déjà mort, déjà loin de moi, vite emporté.
> M INUIT sonne très loin; tout seul près de ma lampe,
Oubliant le moment présent, je me retrempe
Dans les vieux souvenirs d’heureux jours disparus;
J'ai devant moi, sur ma table, des paquets drus
De lettres qui me sont précieuses; chacune
À sa propre valeur; dans ma main j'en tiens une Spécialement chère et que je sais par cœur;
Fréquemment je la prends et la relis par peur
La lettre est grande, c’est un fort papier d'hôtel;
Accoudé sur ma table et penché, je m’attarde
D’en perdre ou d’en changer un seul mot; l’écri
Est fine, mais lisible et ferme, calme etsûre;
Sur la première page un dessin bleu de ciel 57 1 «
S’étale dans le haut, prend la largeur entière
De la feuille et se montre avant tout, de manière
À ce que sa réclame invite le regard; , ta