II. DIDIER
Et puis? et puis?
JULIEN
Ma blessure in’y retint long temps; c'est elle . (Regardant Annetie.) c'CSt CaÜH'rino qui me soignait. et dame! c'est qu'alorsj'en tenais à son intention , et fenne,., je fis durer la maladie tant que jc pus... vous comprenez?..
M. DIDIER
Peu... peu...
MACI.OIRE.
Jc comprends, ca sulTU...
JlLiEN , fumant jusqu'A la fin du récli.
Sa tante voulait la marier à un Osirogoth qu'on attendait pour ra.
MAGLOIRE
En Osirogoth... niais c'était moi.
JULIEN
Vous... je vous réitère mon compliment!
Ca me frn iuit le cœur, parce que... Eiifiii, un jour, je «lis à Catherine : Mamzelle, c'est le mois qui vient le jour de votre mariage, ch bien!
pour le mois qui vient je vous invite à mon enterrement , car au premier coup de cloche... ob ! je l’atuais fait comme je le disais, je l'aimais tant !..
MAGLOIRE
11 y avait de quoi!..
(L’Abbé «’codorL)
JULIEN
Ah ! c'est une justice à lui rendre , on eut beau dire , beau faire , le mariage fut rompu , on écrivit à l'Osirogoth de ne pas venir.
JULIEN
XTais à cette époque on noos promettait Albert- Cadet, on bédouin qu’ils appellent comme ça dans le pays . on me renvoie au régimcnl. .. mais
10 LA SEHVANTB DL CLRI*.
D0US110U.S étions juré, C^Üierine et moi.qu'ù Dion*' retour... à preu>e que v'iù son anneau...
(il le Diontre i AnneUe.)
A^NRTTE, allant à lui, à paru
11 l'a encore.
U. uiDiEn, élevant la voh.
Hciii! quoi... ensuite...
(Il se rendort.)
JULIEN , passant près du Curé.
Demandez à M“* Annette, qui la connaît, elle vous dira comment il se fait que cette Calhe< fine, si bonne, si pure, que j'aimais tant, a quitté un beau jour Saimc-MaAcnce, scs parens, ses amis, pour courir la preientaine avec uii soldat inconnu... Dieu! «je le connaissais.
ANNF.TTK, vivement, à deml-voh.
Ht si c'était pour vous, pour vous seul.
JULIEN, criant.
Bon... vous dites?..
MAGLOinr., de même.
Quoi donc?
U. BiDiEn, se reveiltant.
Qu’est-cc qu’il y a?
JULIEN
Rien, rien... j'aurai une explication avec Catherine , et plus tôt que plus tard.
MAGLOltlE.
Vous serez repiiicé , vous serez repincé.
JULIEN
Allons donc , c’est des bêtises de se remonter comme ça; au diable la fidélité, le mariafte, vive les amours! la bombance!.. Ali! en, mon oncle , pour célébrer le retour de l'enfant prodigue , il n'y a donc rien ! U faut tâcher de s'égayer, morbleu!..
MAGLOinE, à part.
Si tu crois que lu m'amuses , toi.
M. DIDIER, à Julien.
Mon ami, pour célébrer le retour do l'enfant prodigue, nous allons... nous coucher , il sc fait plus que tard, je tom)>e de sommeil... (Regardant a sa montre.) Dix heures! miséricorde ! depuis quarante ans, que je suis curé, c'est la première fois que ça m'arrive.
MAGLOIRE
Il y a quatre heures que nos poules dorment.
JULIEN
C'est ça la fête, merci!..
ANNETTE, A parL
Oh! oui, U saura tout!..
U. DIDIER
Ainsi demain, mon garçon, je t’irai voir, car je pense que tu retournes ce soir à Compiègne.
JULIEN
Du tout, je couche.
M. mniED.
Comment!., tu couches...
MAGI.01RK.
Comment, il couche!..
JULIEN
J’ai permission, j’en proliie! d’aboni, voyezvous, je suis venu à Pierrefonds avec Bertaud et BriolcL.. deux amis...
ANNETTE, à part.
Bertaud, il est ici... ah ! je ne dirai rien.
JUUE.N.
Où sont-ils à présent, où les repêcher, et
>moi qui ne voyage jamais seul, la nuit... j'ai peur des cricris et des veis luisons.
Xt. DiUIKR.
Tu roucbcs!.. mais c'est fort embarrassant, je ne t'attendais pus.
JULIEN
Oh ! je trouverai bien un lit... allez... celui de ce garçon-Ià...
MAGLOIRB.
Par exemple , je ne découche jamais.
(Il remonte.)
JULIEN
(Inc botte de paille, ça suffit , j'suis troupier, (câlinant son oncle.) Que demain, au moins, je puisse ouvrir ma |>aupière aux premiers rayons (lu soleil qui luiront sur le toit paternel de mou oncle chéri... c'est gentil...
M. DIDIER
A la Imnnc heure... ch bien! mon ami, tu dormiras là , dans la petite chambre du rez-dechnusséc. (il lui désigne la peiiie porte à droite. A part.) J'ai mes raisons.
MAGLOIRE
Il y a de la paille... votre lit est fait.
M. DIDIER
Magloire, les lumières! (A Anneiie.) Vous connaissez votre chambre : à droite de l'escalier.
(Magloire prend les flambeaux.)
ANNETTE
Oui, M. Didier.
JULIEN , a part.
J'y suis. (n:is a Annette.) 11 mc faut une explication.
XIAGLOIRE, basa M. Didier.
A votre place, je l'enfermerais... Crac!