SCÈNE II
Les Mêmes, M. DIDIER.
(Annette sc lient près de la table. Magloire, qui a élé au-devant du curé, revient en lui donnant le liras , el le comiull Jusqu'à son fauleull. )
M. DIDIER, marcliant doucement.
Ail : Et te bnn tnu» b^n>a.
Encore un pas... J» ma faiblesse, l’réie le secours de Ion bras;
SCfeNK II.
souiienüronl la vieilles;
Allons . Hlagloire . encore un |»as.
SI relie course est la dernière .
J'ai soulagé des man\ là-bas!
Quand nn hlenfail clôt ta carrière.
Au dernier pas On est moins las.
r.h ! ch ! eh ! je n’en peux plus !
UAGLOIRE, 6Unl le cliapcau de rAbl>é et l’aidaiit
à s'asseoir.
S'il y a du bon aciis d'étre si long-temps de* hors , par le temps qu'il fait !
U. DlDiF.n, s'essuyant le front.
Mais il fait beau... un temps superbe!
MAOLOIRF, raiilanl à s’asseoir.
C’est tfgal! une autrefois je fermerai la porte du presbytère à double tour! puisque vous ne voulez pas cire plus raisonnable que ça... tenez ! tenez! comme il a chaud!
(n lui met un petit bonnet sur la télc. )
M. DIDIER , riant.
Eh! mats. Magloire, je crois que tu me grondes?..
MAGLOIRE
Tl n'y a pas de quoi . ii'cst-cc pas ? un homme de votre âge !.. ne pas se ménager plus que vous ne faites, c'est révoltant
C'est ça, crie un peu! il n'y a pas de mal!... ça me rap^le défunte cette pauvre dame Si* mooneau... ma première servante... toujours aux petits soins pour moi; mais grondeuse!., ah ! elle aurait grondé le bon Dieu!
a:vnp.TTE, bas à Uagloire.
Comme vous lui parlez durement!
MAGLOIRE, à Annette.
C'est l'usage, ça tient à l'état; faut toujours avoir l'air de mauvaise humeur... si on ne le tarabustait pas un peu, ra lui manquerait... il SC croirait mal servi.
M. DIDIER, à Magloire.
Allons, est-ce que tu bougonnes encore?...
(Apercetanl Annette.) Eh! mais, qu*est-ce que c’est que ça , Magloire ?..
MAGLOIRE, à part.
Ça!,., il appelle une femme ça!... ce que c'est que de ne pas connaître... pauvre bon* homme, va!
M. niDIF.R.
Pardon ! je ne vous avais pas aperçue , mon enfant , qui êtes- vous? que me voulez- vous?
MAGLOIRE, la faisant approcher.
Allons.... approchez un peu..., n'aycz pas peur ! c'est doux , c'est doux !
ANNETTE
Monsieur l'abhé, c'est votre parent, M. Didier, le fermier de Grandchaïup, qui m'a dit que vous aviez besoin d’une servante.
Ah ! c’est pour entrer à mon service que vous vous présentez? Mais, Didier n'y pense pas, vous êtes trop jeune, mon enfant.
MAGLOIRE
Ob ! ra tient h son âge.
[tndicr haiis.v* k» èpauln rn rc^^aniani Magloire.)
ANNETTE
Je suis beaucoup plus âgée que je ne le parais.
DIDIER
Vous avez l’air de dix-neuf à vingt ans.
ANNETTE, SC récriant.
Ail ! par exemple î je n’en ai pas encore dixhuit.
MAGLOIRE
Age charmant ! %fe céleste î âge à croquen
DIDIER
Dix-huit ans! Ma chère petite, vous n'étes pas canonique.
ANNETTE
Canonique?..
MAGLOIRE, à Annette.
Vous ne comprenez ^? canonique... (a l’Abbé.) Vous lui parlez latin, aussi, (a Annette.) Ca vent dire... que vous n'étes pas... Eh bien, si fait !.. je la trouve assez canouique.
ANXETIE.
Pour reconnaître vos Iwmés . comptez sur mon zèle, sur mes soins; je vous servirai comme un maître, je vous aimerai comme un père...
vous serez là pour témoigner de ma coudiiitc*; ils seront bien forcés de vous croire.
MAGLOIRE, s'essuyant une larme.
Elle a un très Joli hi^ou.
DIDIER, à Annette.
Mon enfant, c'est bien, je ne dis pas... mais c'est impossible.
ANNETTE
Ah ! mon Dieu! impossible.
Ati : Ah 1 CoËn m« déltiÉu-. lütiiror ir eof r«.*