‹ Laa servante du curé comédievaudeville en un acte mèlée de couplets par mm Bayard, Xavier et Masson, représentée, pour la premiére fois a Parissur le Théâtre du PalaisRoyal le 23 mai 1840Chapitre 3 sur 34 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, M. DIDIER.

(Annette sc lient près de la table. Magloire, qui a élé au-devant du curé, revient en lui donnant le liras , el le comiull Jusqu'à son fauleull. )

M. DIDIER, marcliant doucement.

Ail : Et te bnn tnu» b^n>a.

Encore un pas... J» ma faiblesse, l’réie le secours de Ion bras;

SCfeNK II.

souiienüronl la vieilles;

Allons . Hlagloire . encore un |»as.

SI relie course est la dernière .

J'ai soulagé des man\ là-bas!

Quand nn hlenfail clôt ta carrière.

Au dernier pas On est moins las.

r.h ! ch ! eh ! je n’en peux plus !

UAGLOIRE, 6Unl le cliapcau de rAbl>é et l’aidaiit

à s'asseoir.

S'il y a du bon aciis d'étre si long-temps de* hors , par le temps qu'il fait !

U. DlDiF.n, s'essuyant le front.

Mais il fait beau... un temps superbe!

MAOLOIRF, raiilanl à s’asseoir.

C’est tfgal! une autrefois je fermerai la porte du presbytère à double tour! puisque vous ne voulez pas cire plus raisonnable que ça... tenez ! tenez! comme il a chaud!

(n lui met un petit bonnet sur la télc. )

M. DIDIER , riant.

Eh! mats. Magloire, je crois que tu me grondes?..

MAGLOIRE

Tl n'y a pas de quoi . ii'cst-cc pas ? un homme de votre âge !.. ne pas se ménager plus que vous ne faites, c'est révoltant

C'est ça, crie un peu! il n'y a pas de mal!... ça me rap^le défunte cette pauvre dame Si* mooneau... ma première servante... toujours aux petits soins pour moi; mais grondeuse!., ah ! elle aurait grondé le bon Dieu!

a:vnp.TTE, bas à Uagloire.

Comme vous lui parlez durement!

MAGLOIRE, à Annette.

C'est l'usage, ça tient à l'état; faut toujours avoir l'air de mauvaise humeur... si on ne le tarabustait pas un peu, ra lui manquerait... il SC croirait mal servi.

M. DIDIER, à Magloire.

Allons, est-ce que tu bougonnes encore?...

(Apercetanl Annette.) Eh! mais, qu*est-ce que c’est que ça , Magloire ?..

MAGLOIRE, à part.

Ça!,., il appelle une femme ça!... ce que c'est que de ne pas connaître... pauvre bon* homme, va!

M. niDIF.R.

Pardon ! je ne vous avais pas aperçue , mon enfant , qui êtes- vous? que me voulez- vous?

MAGLOIRE, la faisant approcher.

Allons.... approchez un peu..., n'aycz pas peur ! c'est doux , c'est doux !

ANNETTE

Monsieur l'abhé, c'est votre parent, M. Didier, le fermier de Grandchaïup, qui m'a dit que vous aviez besoin d’une servante.

Ah ! c’est pour entrer à mon service que vous vous présentez? Mais, Didier n'y pense pas, vous êtes trop jeune, mon enfant.

MAGLOIRE

Ob ! ra tient h son âge.

[tndicr haiis.v* k» èpauln rn rc^^aniani Magloire.)

ANNETTE

Je suis beaucoup plus âgée que je ne le parais.

DIDIER

Vous avez l’air de dix-neuf à vingt ans.

ANNETTE, SC récriant.

Ail ! par exemple î je n’en ai pas encore dixhuit.

MAGLOIRE

Age charmant ! %fe céleste î âge à croquen

DIDIER

Dix-huit ans! Ma chère petite, vous n'étes pas canonique.

ANNETTE

Canonique?..

MAGLOIRE, à Annette.

Vous ne comprenez ^? canonique... (a l’Abbé.) Vous lui parlez latin, aussi, (a Annette.) Ca vent dire... que vous n'étes pas... Eh bien, si fait !.. je la trouve assez canouique.

ANXETIE.

Pour reconnaître vos Iwmés . comptez sur mon zèle, sur mes soins; je vous servirai comme un maître, je vous aimerai comme un père...

vous serez là pour témoigner de ma coudiiitc*; ils seront bien forcés de vous croire.

MAGLOIRE, s'essuyant une larme.

Elle a un très Joli hi^ou.

DIDIER, à Annette.

Mon enfant, c'est bien, je ne dis pas... mais c'est impossible.

ANNETTE

Ah ! mon Dieu! impossible.

Ati : Ah 1 CoËn m« déltiÉu-. lütiiror ir eof r«.*

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