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des-Tlets-Caribou!', mais non sans peine, car le vent a cessé à peu près, et il faut recourir aux rames pour faire entrer la chaloupe dans la petite baie qui s'étend entre les îlets,
Toute la population est réunie sur le rivage, pour souhaiter la bienvenue à son premier Pasteur qui vient la visiter,
VENDREDI, 31 MAI.— Ici, comme partout sur la Côte, les habitations sont bâties près du rivage, Tout le long règne une lisière de terrain, de quelques arpents de large, où il n’y a pas d'arbres et qui, semble-t-il, doit son origine au sable apporté par la mer et accumulé en dunes par le vent, Quelques plantes apparaissent et croissent sur ces petites élévations, en attendant qu'une nouvelle poussée de sable les recouvre. On trouve même des os de baleine ensablés à plusieurs arpents de la mer, A la limite de cette lisière de terrain, commence la forêt vierge qui s'étend vers le nord sans autre interruption que celle de lacs innombrables, C’est dans ce territoire immense que chassent maintenant les sauvages et grand nombre de blancs.
A chaque extrémité du petit village, se trouve un îlot de rochers en grande partie dénudés, et relié à la terre ferme par une dune de sable au-dessus de laquelle passent les vagues de la ner, lorsque le vent est très fort. Entre les deux flots est un bon havre protégé contre le vent d'ouest ; en dehors de l’tlot ouest, il y en a un autre dans lequel les vaisseaux sont en sûreté contre les vents qui souftlent de l’est, Ces flots étaient autrefois couverts d'arbres et l’on y tuait, ainsi qu’à terre, beaucoup de caribous : d’où le nom donné à la localité.
Jadis il y avait ici nombre de familles sauvages, même plis de cinquante à la fois. Il n’en reste plus une seule. Les premiers blancs qui s’y fixèrent furent les familles Antoine et Pierre Volant, en 1845, et, en 1846, celle des Maclure ; c'était à l’époque où le père de M. Francis Poulin s'établit à la baie de la Trinité,
I—STATISTIQUES. Population, 13 familles, 90 âmes, dont 63 communiants, Confirmés, 20. Une école, suivie par 12 enfants.
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| J | , | 88 LABRADOR ET ANTICOSTI | 1 Les Pères Oblats, chargés autrefois de la desserte de tout ce à aux Il | pays, bâtirent la chapelle (30 pieds sur 20) qui existe encore, et D pense ! qui fut commencée par le Père Arnaud, vers 1860. Cette | | chapelle est la plus ancienne de tout le territoire desservi par " M. l'abbé Lemay'. L’extérieur en est assez convenable ; mais | 4 | l'intérieur était encore, en 1895, dans un état très primitif, (à Pas | 3 Toutefois on se préparait à y travailler prochainement. Et, de à (té, les Là | 4 Les en 1 BR voclette | | L À se sert | ; quatre ( . | D vad'in | la nuit, | d’aboye d d'en fai | ë quand ] | : cest so La P | désavan | est pres:
la croys | | succulenr | réussi nc ( de se d& 5 {| renoncer | | étant pre | C’est ——— 1 chats da J Le Re ROUE ILETS-CARIBOU, serait do ipi et des so If fait, j'ai su que le zèle de la bonne population des alentours a ls malle | f} fait merveille pour la décoration du petit sanctuaire, En la fête decide “ | de Noël de 1895, le missionnaire est venu y célébrer la messe du drape [he de minuit, et ceite solennité, qui se faisait pour la première fois c'est-h-di : | | it missionnaire vient aux liéte-Caribou cinq ou six fois par année, parties di
aux Ilets-Caribou, a parn à ces braves gens une belle récompense de leur générosité.
Pas plus qu’à Godbout, il n’y aïci ni chevaux, ni voitures, En été, les trajets se font par eau, quand la navigation est possible. Les embarcations usitées sont, comme sur toute la côte, la voélette, le yacht, la chaloupe, la barge, le canot. En hiver, on se sert du cométique. Aussi, chaque famille possède trois où quatre chiens. Cette quantité de représentants de la race canine
u'a d’inconvénients que durant la nuit. En effet, lorsque, pendant
la nuit, lun d: ces chiens juge qu’il a un motif quelconque d’aboyer, tous les autres chiens du village croient de leur devoir d'en faire autant: et le vacarme est joli à entendre, surtout quand les aboïements se transforment en hurlements, comme cest souvent le cas.
La possession de ces chiens a toutefois encore un autre désavantage : il faut renoncer à l'élevage des moutons. Car il est presque impossible de détruire, chez les chiens du Labrador, la croyance que ces bêtes, d’humeur douce et de chair si suceulente, sont destinées à leur alimentation. On n’a pas réussi non plus à persuader aux moutons qu’ils auraient le droit de se défendre contre ces bandits de,chiens. Aussi, on a dû renoncer presque partout à garder des moutons, l'élevage n’en étant profitable qu'aux chiens.
C’est pour la même raison, je suppose, qu’il y a si peu de chats dans ce pays ; je n'en ai vu qu’à de rares endroits. Ce serait donc ici, à ce qu'on pourrait croire, le paradis des rats et des souris. En tout cas, comme les chiens n’entrent pas dans les maisons, ne tentent même jamais de le faire, je crois que les gracieux quadrupèdes dont je parle pourraient, sous la protection du drapeau britannique, couler une existence sans histoire, c’est-à-dire paisible et heureuse, ici comme dans les autres parties du Canada,
Si la faune des animaux domestiques n’est guère variée, comme on le voit, la faune des animaux sauvages est tout autre, et l’on en profite pour faire durant l'hiver une chasse profitable. Renards, castors, martes, loutres, visons, pékans, loups-cerviers, ours, lièvres, perdrix : voilà les victimes ordinaires des nemrods du lieu, Il y a bien aussi les divers gibiers de mer, comme on dit sur la côte, L'on ne manque pas, par exemple, de proclamer que la chasse d'aujourd'hui ne vaut pas celle d'autrefois.
L'été, c’est la pêche qui est l’unique occupation des gens. On néglige de prendre le hareng, au printemps, parce qu’on le trouve trop maigre. Alors, on le laisse s’engraisser à loisir, et l'automne on s'occupera de lui,
De Ja fin de mai jusqu’à la mi-juillet, on fait a pêche au saumon au moyen de filets tendus jusqu’à une certaine distance au rivage, Il faut un permis de l’administration fédérale pour occuper, sur le bord de la mer, un endroit de pêche au saumon, et l'obtention de ces permis est regardée comme un grand avantage, pour lequel il y a beaucoup moins d'élus que de candidats. Un paie ces licences à proportion de la quantité de poisson que l’on capture, à raison de quarante cents par deux cents livres de saumon sortant de l’eau. Il y a sept de ces licences accordées à des pêcheurs des Ilets-Caribou.
Chaque concessionnaire de permis arrive à prendre, durant la saison de pêche, de deux à neuf ou dix mille livres de saumon. Tout ce poisson est vendu à l’état frais, Aussi, dès qu'on l’apporte à terre, on se hâte de l’emmagasiner dans la glace,
Les MM. Holliday, de Québec, achètent depuis plusieurs années tout le saumon que l’on prend sur la Côte, Ils ont pour cet ubjet conclu avec les pêcheurs des arrangements qu’ils renouvellent tous les cinq ans. Une de leurs goélettes, aménagée en glacière, fait constamment des croisières depuis les Ilets-Caribou jusqu’à la Pointe-de-Monts, et prend à son bord le poisson capturé dans les quatorze stations de pêche. Deux fois la semaine, un steamer vient ramasser le saumon emmagasiné dans cette
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goclette et dans les autres qui croisent en divers endroits de la Côte et le transporte rapidement sur le marché de Québec.
Le temps de la pêche au saumon n’est pas encore fini, que la morue arrive, Généralement, c’est dans les premiers jours de juillet qu’elle entre en scène ; elle joue son rôle jusqu’au mois de novembre.
Les Ilets-Caribou sont assez renommés comme endroit de pêche à la morue, Mais, ici comme ailleurs, les années se suivent et ne se ressemblent pas, même en cette matière ; et rien n’est inconstant comme le rendement de la grande pêche. Quinze à vingt barges constituent la flotte de pêche, aux Ilets-Caribou, et ’éloignent depuis un mille jusqu’à trois milles au large, pour rencontrer les bancs de morue. La bouette, z’est-à-dire l’appât dont on se sert ici pour engager la morue à s’accrocher ellemême au perfide hamecon, c’est le hareng, c'est le lancon; ec à défaut de ces poissons, on emploie les clams, mollusques bivalves qu'il faut aller déterrer dans le sable où ils s’enfoncent durant la marée basse,
La morue prise aux Ilets-Caribou et dans les environs n’est pas destinée à l’exportation, Chaque pêcheur sale et met en baril ce qu'il en prend, puis vend ce poisson aux commercants dont les goélettes voyagent sans cesse le long de la Côte, ou bien il l'expédie à Québec.
Durant l'automne, on fait aussi la pêche du hareng.
On estime à cinq cents piastres le revenu annuel de lhabitant des Ilets-Caribou qui se livre à la chasse au loup marin, à la pêche du hareng, du saumou et de la morue. Sans doute, il y a des années où les profits sont moins considérables, Mais cela n'empêche pas que beaucoup de cultivateurs et d'ouvriers des autres parties de la Province doivent, même dans les bonnes années, se contenter de moindres bénéfices,
Ce soir, Monseigneur a fait la bénédiction d’une superbe barge de pêche, la Suinte-Anne, que l’ou mettra demain à la mer.
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