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personne, au moins tant que je serai sur cette Côte. Toujours À est-il que notre inculpé, un “ Paspébiac,” se présenta bravement : au tribunal, parla et bavarda non moins bien qu'aurait fait un à vrai disciple de Thémis, prouva qu'aucun code, ni civil, ni Î romain, ni maritime, n'avait à se plaindre de lui; et le magis- ‘| trat le renvoya absous de toute accusation, Ce procès mémorable 1
eut lieu hier, à Magpie, et l’homme nous revint d’un pied léger, dans l'après-midi: encote trois lieues de marche !
Cette fois, la brise qui sountHait nous était favorable, et notre | {| petit navire fit merveille tout le temps du trajet. A peu près à 1 | mi-chemin, nous passâmes à travers une flottille de cinq goé- Fi lettes de la Nouvelle-Écosse qui étaient venues faire la pêche LP ! en ces parages. Tout alentour, espacées à des distances con- Fa venables, on voyait de nombreuses embarcations nommées Fe
doris." Ce sont de très petits canots montés par un seul homme, 11 qui pêche avec deux lignes, Le pêcheur, portant des vêtements ù
en toile huilée et de couleur jaune, se tient debout dans sa | petite barque, et n’a guère de repos quand la morue est assez | abondante, Devant lui est une espèce de chevalet, que lon nomme jack, dont les deux montants supérieurs sont reliés |
ensemble par un fil de fer. Lorsqu'il retire une morue au bout de sa ligne, il n’a qu'à frapper la tête du poisson sur ce fil de fer, et la morue se décroche et tombe au fond de l’embarcation, À l'heure du repas, un coup de cloche rappelle les hommes à la gotlette, Naturellement, le tranchage de la morue se fait à bord, où l’on sale le poisson en attendant que, au retour de l’expédition, on puisse lui donner la préparation voulue.’
I-Nus Canadiens prononcent ce mot: Doré, ce qui est sans doute la pronon-
+ ciation en usuge chez les Anglais, Ces embarcations sont d'invention américainé,
et dès 1855, paraît-il, les pêcheurs des États-Unis s'en servaient sur les bats de | Terre-Neuve. Il s'en construit maintenant beaucoup dans les ports de France,
2—0h lira avec intérêt les détails suivants sur ln façon dont les Français font
Un peu à l’ouest de la Longuepointe, commence une suite d’iles plus où moins considérables qui longent la côte du golfe jusqu'au détroit de Belle-Isle, Les îles aux Perroquets, au nombre
la pêche à la morue, à Terrs-Neuve. Je les extrais d’un article intitulé: Za pêche sur le grand Banc de Terre-Neuve, publié dans le Cosmos du 28 septembre 1895 :
‘La plupart des navires partis de France viennent d’abord toucher à Saint- Pierre. Ils y font de l’eau,des vivres,achètent le hareng nécessaire à la première pêche, et débarquent leurs passagers; car la plupart sont chargés d'un grand nombre de graviers (on appelle ainsi les journaliers employés aux sécheries de morue sur les graves de Saint-Pierre), ou bien ils transportent les équipages des bateaux qui arrivent directement dans ce port pour ailer faire la pêche sur le French-Shore ou sur les bancs.
‘ Au mois de juin, tous les navires se réunissent à Saint-Pierre pous y renouveler leur provision de bouette, sauf ceux qui, comme nous le verrons plus loin, se bouettent eux-mêmes sur le grand Banc. Cette fois, c’est du capelan que l’on embarque, et ce poisson est fourni comme le hareng par les habitants anglais de la côte sud de Terre-Neuve.
‘ Les navires pêcheurs de la métropole, ou bancquiers, s'établissent en pêche à peu près sur toutes les parties du grand Banc; ils pêchent assez rarement sur le Banc de Saint-Pierre, et plus rarement encore sur le Banc-à-Vert, Les goélettes de Saint-Pierre pêchent généralement sur le Banc de Saint-Pierre en vue ee + ; quelques-unes vont sur le grand Banc ou sur lè Banquereau, (Amiral Cloué.)
‘“ La pêche ne se fait pas du bord même, comme en Islande, mais dans des embarcations spéciales.
“Ces embarcations à fond plat, ayant environ de 5 à 6 mètres de long, s’appellent des doris. Autrefois, l’on employait pour la pêche des chaloupes creuses ayant environ 7 mètres de quille que l’on appelait chaloupes du banc. Il y a une cinquantaine d'années qu’on leur a substitué les doris, qui, beaucoup plus légères, chargent moins les navires, se hissent et s’amènent à bord très facilement. (Ce sont cependant de mauvaises embarcations,destinées primitivement à la pêche le long des côtes où on peutles haler très facilement au sec par mauvais temps. Leur forme les rend très instables, et il faut toute l’habileté et la hardiesse de nos matelots pour qu’elles puissent tenir la mer comme elles le font, même par gros temps.
‘ La pêche se fait au moyen de grandes lignes connues sous le nom de palangres Où d'haroueëlles, armées sur toute leur longueur d’une série d'hamecons, Avec les anciennes chaloupes du banc, qui étaient creuses et profondes, quelques-unes de ces lignes avaient jusqu'à 6 milles, soit 11 kilomètres de long. Aujourd’hui,avec ls doris qui sont beaucoup plus petites, elles ne dépassent guère 2000 ou 3000 mètres.
‘ Le navire bancquier, étant à l’anere sur les fonds de pêche, envoie de chaque côté ses doris mouiller les lignes, généralement le soir, à partir de quatre heures, Les doris reçoivent les lignes lovées et bouettées dans des mannes, et les él: ngent en s’éloignant du bord. L'extrémité de la ligne est marquée par une bouée surmontée d’une gaule. Le lendemain matin, on vient relever les lignes en commençant par l'extrémité en large, (Pilote de Terre-Neuve.)
‘Souvent, si le temps est beau, après avoir tendu les lignes, les pêcheurs restent sur leur extrémité jusqu’au lendemain matin, pour s'éviter la peine d’un double voyage ; alors, si le temps devient mauvais pendant la nuit,ils se TONER compromis loin de leur navire,et ne peuvent pas toujours rentrer à
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“Qu'on se figure, dit l’amiral Cloué, sur une mer violente comme celle des ‘* bancs, des embarcations non pontées, chargées souvent outre mesuré, sur les- ‘ quelles s’exposent des hommes qui n’ont pas seulement à craindre les périls de ‘l'aller et du retour, mais encore ceux du débarquement et de l'embarquement! ‘ La brume est aussi une cause qui écarte les chaloupes de leur bâtiment, au ‘ point qu'elles le perdent quelquefois, tont à fait. Trop heureux sont alors ceux ** qui les montent, s'ils peuvent relâcher à bord de quelque autre navire pêcheur: D il en est qui parviennent à rallier la côte de Terre-Neuve ou même Saint-Pierre, ‘mais combien se perdent complètement! Que de sinistres enregistrés chaque ‘année! Que de familles dans le deuil et dans la misère! Il faut avoir vu ces ‘vigoureux matelots à l’œuvre sur les fonds de pêche, pour avoir une idée du ‘rude métier qu’ils font par des temps où l’on n'aurait jamais pu supposer ‘qu’une embarcation püt tenir la mer. (Zbid.)
—Dans ces dernières années on a commencé, à bord des goélettes américaines et françaises, à se servir de bouette conservée dans de la glace, On emporte ainsi de la bouette pour une douzaine de jours.
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