A BORD DU STEAMER ‘‘ OTTER
Il a pour le seconder un équipage de braves gens, une ving-
taine d'hommes à peu près, qui chaque printemps arrivent des
quatre points cardinaux pour faire la manœuvre du bord, service qui n’est pas toujours la besogne la plus aisée et la plus!
agréable du monde, surtout l’automne, où il est incomparablement
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, est le plus passés. Cet uatorze fois jue septonisité, C’est ns toutefois, imides, que
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DE QUÉBEC A BETSIAMIS 3
| plus agréable de “se bercer ” en lisant son journal, près d’un bon feu, que de faire tourner la roue du gouvernail sur le pont de l'Otter.
“ L'Otter, disons-le pour ceux qui l’ignorent encore, est un grand M steamer. . . en miniature : 223 tonneaux, 110,6 pieds de lon-
“uoueur, 17.9 pieds de largeur. De ses deux mâts, l’un est pourvu de voiles, voiles inactives, voiles paresseuses, voiles âgées peut-être, qui se tiennent volontiers carguées sur le bois qui les supporte, et qui bien rarement, dit-on, se gonflent sous l'effort des brises de notre beau Saint-Laurent, Elles laissent tout l’honmeur du travail à la machine, qui paraît tenir à se passer du Secours de qui que ce soit pour faire avancer le vaisseau.
Or ce vaisseau, qui n’est pas un poulet, puisqu'il fut un temps, sez lointain, où il s'appelait Margeretha Stevenson (il apparnait alors à la Compagnie Molson, de Montréal, propriétaire des
Mines de fer magnétique de Moisie ; il a changé de nom et de possesseur vers 1875), ce vaisseau a la coque en fer, et passe pour rés solide à la mer: on aurait tort, par exemple, de conclure de à que son assiette reste toujours dans un plan perpétuellement e même, Ah!il sen faut! Le moindre souffle qui d'aventure
fait se rider la surface des eaux, lui est un sujet d'émotion, seniment qui se traduit par une danse plus où moins désordonnte sur la “ plaine liquide,” Quaud la mer est mauvaise, notre Ofter en profite pour prendre les positions les plus extraordinaires, Les passagers ne trouvent pas ordinairement de leur goût les fantaisistes allures du vieux navire,
Done nous étions partis—car, puisque j'entreprends de faire
un récit de voyage, il importe vraiment que je m'y mette.
… Nous tournons la Pointe-Lévis: nous côtoyons le versant méridional de lile d'Orléans; nous passons le long des belles paroisses de Saint-Laurent, de Saint-Jean, de Saint-Michel et … d'une foule d’autres dont les noms brillent sur le calendrier du «diocèse de Québec — publié et imprimé par Léger Brousseau — Jun éclat beaucoup plus vif que dans ma mémoire.
Le fleuve est tranquille ; le temps est superbe. Un soleil de
feu nous rôtit lentement, A l'intérieur du navire règne une atmosphère de fournaise, Il y a quelque profit à rester sur le pont, à l'ombre des mâts et de la cheminée qui nous protègent dans toute la mesure de leurs moyens, lesquels ne valent pas grand’chose en la matière,
Vers le soir, des matelots viennent attacher solidement au bastingage une douzaine de barils de pétrole qui partagent avec nous le pont du navire. Je tirai de là des pronostics qui n’étaient pas d’une folle gaieté, sur ce qui allait avoir lieu prochainement,
Toutefois, la soirée fut charmante, Passagers et hommes d'équipage, groupés cà et là, devisaient agréablement des sujets les plus divers, Il m’arriva de saisir au vol les confidences d’un petit mousse : “ Dans deux ans, je serai mautelot; j'arriverai bien à être second; puis, je serai capitaine !”” Quelqu'un se trouva là pour dire à l'enfant qu’il fallait être bien instruit pour être capitaine, et qu'il était, lui, bien trop ignorant pour avoir jamais un grade d’officier sur le: vaisseaux, Maintenant le petit mousse n’a plus d’autres aspirations que celle d'arriver au rang de matelot. Pauvre petit mousse !
Tout à coup, vers onze heures, le vent vira à l’est, et la brise glaciale souffla fortement. L'Ofter se cabra. Il me fallut bien quitter le pont où je m'étais attardé. Ma cabine, située à l'avant, me procura l'avantage de suivre admirablement toutes les péripéties de la circonstance. Il fallait entendre ce bruit des vagues, à travers la mince paroi de fer! Chaque coup de mer ébranlait le vaisseau ; je ne sais comment sa coque pouvait résister à des chocs aussi terribles. A la fin, une voie d’eau se déclara, . ..et ce fut dans ma cabine même que l'accident se produisit, Envisageant la situation avec le calme le plus absolu, je ne songeai qu'à préserver mes effets des atteintes de l’onde amère, Je m'installai donc avec eux sur un divan qui se trouvait à proximité, Mais il fallut encore une fois que nous délogions : nous étions poursuivis jusque-là par le torrent qui descendait du plafond de la cabine, C’était à cet endroit, en effet,
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