OBSERVATION V
MM. LEREBOULLET et BAIZE.
Un enfant de 2 ans, Jacques P.., est amené à notre consultation au;début du mois de novembre 1933, pour une acrodynie datant de trois mois environ. Les premiers signes étaient apparus pendant la convalescence d’une rougeole; l'enfant, jusque-là très affectueux, ne pouvait plus supporter la présence de son père ni de son frère; peu de temps après, débutait un amaigrissement, qui ne tardait pas à atteindre 2 kilos en moins de trois semaines: enfin, les pieds gonflèrent, prirent une coloration
RS: en
rouge violacée, ils étaient très froids, et l'enfant se plaignait de souffrir dès qu'on y touchait.
Notre examen ne put que confirmer la réalité de ces différents symptômes; nous pûmes noter, de plus, l'existence d’une très tine desquamation des mains et des pieds. Il existait une tachycardie extrème à 175, nous n'avons malheureusement pas pu prendre la tension artérielle.
Durant le mois de décembre 1933, l'état s’aggrava brusquement, et des menaces de sphacèle apparurent au deuxième orteil, aussi bien à droite qu’à gauche. Des ulcérations superficielles faisant presque tout le tour de l'orteil firent craindre Ja formamation d'un sillon d'élimination et la chute du doigt, c’est à. ce moment seulement que fut commencé le traitement par l’acétvlcholine, qui amena une très rapide rétrocession de tous les symptômes. Les menaces de gangrène disparurent en quelques jours, et la seule séquelle consista dans la chute des ongles des deux orteils. Ils repoussèrent d'ailleurs de façon presque régulière dans les semaines suivantes.
Mais il est mieux de noter que cet enfant fit, dans le courant du mois de janvier 1935, une seconde atteinte en tous points comparable à la première, mais avec cyanose beaucoup plus marquée des mains et des pieds et menaces de gangrène d'emblée sur les deux mêmes orteils. Là encore, l’acétylcholine amena une rétrocession très rapide de tous les symptômes menacants, cyanose et début de gangrène. Elle fut cependant impuissante à empêcher la chute de l’ongle, qui repoussa néanmoins encore une fois sans déformation trop considérable. Nous avons revu à la consultation Pasteur l’enfant au mois de juin 1939. Il était en excellente santé. La maman, interrogée, n’a signalé aucune crise, ni rechute depuis plus de trois ans.
A ces observations déjà publiées, nous sommes, grâce à M. LEREBOULLET, en mesure d’en ajouter trois autres inédites qui témoignent de l’activité de la médication par l'acétylcholine. Si dans la première les suites éloignées n'ont pu être constatées, dans les deux autres la guérison était complète et relativement rapide.
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