‹ LacordaireChapitre 2 sur 12 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

qu'elles devraient subjuguer. « Donner de l'om" brage s'applique également aux grands arbres et aux grands hommes », a dit encore Victor Hugo, dont le jeu de mots renferme une profonde et douloureuse vérité.

Si parfois la gloire s'attache aux pas de l'homme durant sa vie, il est rare qu'elle ne l'abandonne pour un temps, après qu'il a quitté la terre. Le plus ordinairement une période commence, pendant laquelle les ombres s'accumulent et s'épaississent autour du nom jadis rayonnant. Quand viendra le souffle qui les dissipera, fera-t-il l'aurore d'un nouveau jour ? Peut-être ; mais c'est le mystère dont nul ne peut braver l'atteinte, s'il n'est pas de la race des immortels.

Lacordaire en était. La gloire eut pour lui des sourires, qu'il remarquait à peine et dont il se fût alarmé, s'il y avait donné attention. Il était sensible à l'approbation de ses amis plus qu'aux attaques dont ses adversaires poursuivaient sa personne et son labeur : mais ce n'était pas pour mériter cette approbation qu'il servait la Vérité et la Justice ; c'est pour elles-mêmes, telles qu'il les voyait, sorties de Dieu, invitant les hommes à les suivre dans leur retour à leur principe. Il s'était fait leur précurseur et leur pionnier, d'un cœur humble, dévoué, persévérant, ne leur demandant pour lui-

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