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XVe conférence de Notre-Darn> de Paris

à l'instant chassé de l'Église, eût-il été le plus éloquent des hommes, comme Tertullien, ou le plus élevé des évêques comme Nestorius, ou le plus puissant des empereurs, comme Constance et Valeris. Trouvez-moi un homme à qui la pourpre, ou le génie, ou la sainteté, aient servi contre les anathèmes de l'Église, une fois qu'il a eu touché par l'hérésie à la robe sans couture du Christ ?

Certes le désir n'a pas manqué de nous prendre ou de nous mettre en faute contre l'immutabilité. Car quel privilège pesant à tous ceux qui ne l'ont pas : une doctrine immuable, quand tout change sur la terre 1 une doctrine que les hommes tiennent dans leurs mains, que de pauvres vieillards, dans un endroit qu'on appelle le Vatican, gardent sous la clef de leur cabinet, et qui, sans autre défense, résiste au cours du temps, aux rêves des sages, aux plans des rois, à la chute des empires, toujours une, constante, identique à elle-même 1 Quel prodige à démentir ! Quelle accusation à faire taire !

Au3si toUs les siècles, jaloux d'une gloire qui dédaigne la leur, s'y sont-ils essayés. Ils sont venus tout à tour à la porte du Vatican, ils ont frappé du cothurne ou de la botte ; la doctrine est sortie sous la forme frêle et usée de quelque septuagénaire, elle a dit :

« Que me voulez-vous ? — Du changement. — Je ne change pas. — Mais tout est changé dans le monde : l'astronomie a changé ; la chimie à changé, la philosophie à changé, l'empire a changé ; pourquoi êtes-vous toujours la même ? — Parce que je viens de Dieu, et que Dieu est toujours le même. — Mais sachez que nous sommes les maîtres : Nous avons un million d'hommes sous les armes ; nous tirerons l'épée ; l'épée qui brise les trônes pourra bien couper la tête d'un vieillard, et déchirer les feuillets d'un livre. — Faites, le sang est l'arôme dont je me suis toujours rajeunie. — Eh bien, voici la moitié de ma pourpre, accorde un sacrifice à la paix, et partageons. — Garde ta pourpre, ô César, demain on t'enterrera dedans, et nous chanterons l' Alléluia et le De Profundis qui ne changent jamais. »

J'en appelle à vos souvenirs, messieurs ; ne sont-ce pas là les faits ? Aujourd'hui encore, après tant d'essais infructueux pour obtenir de nous la mutilation du dogme public qui fait notre unité, qu'est-ce que l'on nous dit ?. Qu'est-ce que toutes les feuilles spirituelles et non spirituelles qui s'impriment en Europe ne cessent de nous reprocher ? » Mais ne changerezvous donc jamais, race de granit, ne ferez-vous jamais à l'union et à la paix quelques concessions ? Ne pouvez-vous nous sacrifier quelque chose, par exemple, l'éternité des peines. le sacrement de l'Eucharistie, la divinité de Jésus-Christ ? ou bien encore la papauté, seulement la papauté ? Dorez au moins le bout de ce gibet que vous appelez une croix ! ■ Ils

disent ainsi : la croix les regarde, elle sourit, elle pleure, elle les attend: Stat crux dum volvitur orbis. Comment changerionsnous ? L'immutabilité est la racine sacrée de l'unité ; elle est notre couronne', le fait impossible à expliquer, impossible à détruire ; la perle qu'il faut acheter à tout prix, sans laquelle rien n'est qu'ombre et passage, par laquelle le temps touche à l'éternité. Xi la vie ni la mort ne 1 ôteront de nos mains ; empire de ce monde, prenez-en votre parti ! Stat crux, dum volvitur orbis l.

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