‹ LacordaireChapitre 14 sur 48 · LES MÉFAITS DE LA VOLUPTÉ · texte numérisé non relu

LES MÉFAITS DE LA VOLUPTÉ

Quand vous regardez l'histoire de notre pays et que vous y voyez tous ces noms illustres qui en étaient la couronne, couronne de baron, couronne de comte, couronne de marquis, couronne de duc, toutes ces vieilles couronnes qui formaient la couronne totale du pays, et qu'ensuite, regardant ces races dans le présent, vous en trouvez qui plient sous le fardeau de leur antiquité, enfants dont l'épée maniée par leurs pères avait étendu les frontières de la patrie et de la vérité. et qui ne peuvent plus rien ni pour l'une ni pour l'autre, il ne vous est pas difficile d'en connaître la cause..

Le vice a passé dans ces races et en a rongé les fibres vives. Il n'épargne pas même les nations. Un temps vient, et pour quel peuple n'est-il pas venu tôt ou tard ? un temps vient, où l'histoire civilisée succède à l'histoire héroïque ; les caractères tombent, les corps diminuent, la force physique et morale s'en va d'un même pas, et l'on entend de loin le bruit du barbare qui s'approche et qui regarde si l'heure est venue d'enlever du monde ce vieillard de peuple. Quand cette heure a sonné, quand un pays se sent trembler devant la destinée, qui a passé sur lui ? Quel souffle a tari sa vie ? Toujours le même, messieurs ; la mort n'a qu'un grand complice. Ce peuple s'est abâtardi dans les homicides joies de la volupté ; il a versé son sang goutte à goutte, et non plus par flots, sur les champs féconds du dévouement ; or, il y a du sang versé de la sorte une vengeance inévitable, celle que subissent dans la servitude et la ruine toutes les nations finies.

Pardonnez-moi, messieurs, si je ne suis pas ma pensée ; qu'importe ? Mais je vois bien des jeunes gens ici ; qu'ils songent donc, chaque fois que le tentateur s'attaque à eux, que c'est l'ennemi de la vie, de la beauté, de la bonté, de la force, de la gloire ; que c'est l'ennemi universel et national. Eh ! messieurs, si un Tartare venait frapper à votre porte et vous demander une trahison contre la France, quelle ne serait pas votre horreur ? Pourtant le sens dépravé ne fait pas autre chose ; le sang qu'il vous demande, ne fût-il pas celui de l'éternité, serait encore le sang de la patrie et de l'avenir \

SI LE PRÊTRE CATHOLIQUE VEUT FAIRE SON DEVOIR, IL DOIT SE RÉSIGNER A SOUFFRIR.

Nous, prêtres catholiques, on nous a donné la force et la grâce de vous résister.... Le martyre est peu de chose. Ce qui est plus difficile, c'est de résister aux puissances non persécutrices, aux désirs d'hommes d'Éiat souvent dignes d'estime : c'est de lutter pied a pied, jour par jour, avec eux. Ah ! quand

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