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MORT DE SAINT DOMINIQUE

Les frères ne désespéraient pas encore de la vie de leur père. Ils ne pouvaient croire que Dieu le ravit sitôt à l'Église et à eux. D'après le conseil des médecins, et dans la pensée que le changement d'air lui serait utile ; ils le transportèrent à Sainte- Marie du-Mont, église dédiée à la Sainte Vierge sur une hauteur voisine de Bologen. Mais la maladie, rebelle à tous les remèdes et à tous les vœux ne fit qu'empirer. Dominique, se croyant près de mourir, appela de nouveau les frères auprès de lui. Ils vinrent au nombre de vingt avec leur prieur Ventura, et se rangèrent autour du malade gisant devant eux. Dominique leur adressa un discours dont rien ne s'est conservé, sinon que jamais paroles plus touchantes n'étaient sorties de son cœur. Il reçut ensuite le sacrement de l'extrème-onction. Puis ayant su du frère Ventura que le religieux préposé à l'église de Sainte- Marie-du-Mont se promettait d'y garder son corps et de l'y ensevelir, il dit : « A Dieu ne plaise que je sois enseveli ailleurs que sous les pieds de mes frères ! Portez-moi dehors, dans cette vigne, afin que j'y meure, et que vous me donniez la sépulture dans notre église. » Les frères le rapportèrent donc à Bologne, craignant à chaque instant de le voir s'éteindre dans leurs bras. Comme il n'avait pas de cellule propre au couvent, on le

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déposa dans celle de frère Monéta, On voulut le changer de vêtements ; mais il n'en avait pas d'autres que ceux qu'il partait sur lui, et Monéta donna une de ses tuniques pour le couvrir. Frère liodolphe soutenait la tète du saint, el essuyait la sueur de son visage avec un linge ; les autres frères assistaient en pleurant à ce spectacle. Dominique pour les con leur dit : « Ne pleurez pas, je vous serai plus utile au lieu • vais que je ne le fus ici. » Quelqu'un des Frères lui demanda où il voulait que son corps fut inhumé ; il répondit : « Sous les pieds de mes frères. » Une heure s'était écoulée depuis qu'on était arrivéà Bologne. Dominique voyant que les frères, troublés par leur douleur, ne songeaient pas à la recommandation de l'âme, lit appeler Frère Ventura, el lui dit : Préparez voi Ils se préparèrent aussitôt et vinrent se ranger avec solennité autour du mourant. Dominique leur dit : « Attendez encore. ■ Ventura profitant de ce moment extrême dit au saint : • Père vous savez dans quelle tristesse et quelle désolation vous nous laissez, souvenez-vous de nous devant le Seigneur. » Dominique levant les yeux et les mains au ciel, lit cette prière : < Père saint, j'ai accompli votre volonté et ceux que vous m'aviez, donnés, je les ai conservés et gardés, maintenant je vous les recommande, conservez-les et gardez-les. » Ln moment ai il dit : « Commencez. » Ils commencèrent donc la recommandation solennelle de lame, et Dominique la faisait avec eux. du moins on voyait ses lèvres se remuer. Mais lorsqu'ils furent à ces mots : Venez à son aide, saints de Dieu, venez au-devant de lui, anges du Seigneur, prenez son dîne et portez-la en prescrire du Très Haut, ses lèvres firent un dernier mouvement, mains se levèrent au eiel. et Dieu reçut son esprit. On était au 6 août de l'an 1221, à l'heure de midi, un vendredi :

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