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COMMENT L'ORDRE DES DOMINICAINS SE RECRUTAIT

Un étudiant de l'Université fut appelé à l'Ordre en la manière suivante. Une nuit, pendant son sommeil, il se crut s°ul dans un champ et surpris par une tempête. Il court à la première maison venue, il frappe, il demande l'hospitalité ; mais une voix lui répond : « Je suis la justice, et parce que tu n'es pas juste, tu n'entreras point dans ma maison. » Il frappe à une autre porte, une autre voix lui répond : « Je suis la vérité, je ne te reçois point, parce que Ja vérité ne délivre que «.eux qui l'aiment. » 11 s'adresse. ailleurs, oh le repousse en lui disant : « Je suis la Paix, il n'y a pas de paix pour l'impie, mais seulement pour l'homme de bonne volonté. » Lutin il happe a une dernière porte, une personne lui ouvre et lui dit : ■ .le suis la miséricorde. Si tu veux te sauver de la tempête, va au couvent de Saint-Nicolas, qu'habitent les frères Prêcheurs : tu y trouveras l'étable de la pénitence, la crèche de La continence, l'herbe de la doctrine, l'àme de la simplicité, le bœuf de. la discrétion, Marie qui l'éclairera, Joseph qui t'aidera, et Jésus qui te sauvera. » L'étudiant, éveillé sur ce songe, le prit pour un ayertissement du Ciel et s'y conforma.

COMMENT VOYAGEAIT SAINT DOMINIQ1 i

Dominique voyageait à pied, un bâton à La main, un paquet

de bardes sur les épaules. Quand il était hors des lieux habités, il ôtait sa chaussure et marchait nu-pieds. Si quelque pierre le blessait en chemin, il disait en riant : • Voilà mil i c pénitence. » Lue fois, étant accompagné de frère Horivisi, et passanJ dans un endroit semé de cailloux aigus, il lui dit :* Ah! malheureux

que je suis, j'ai été obligé de me chausser un jour en cet endroit. » Et le frère demandant pourquoi : « Parce qu'il avait beaucoup plu. » Lorsqu'il approchait d'une ville ou d'un village, il remettait sa chaussure à ses pieds, jusqu'à ce qu'il en fut sorti. Rencontrait-il une rivière ou un torrent à passer, il faisait le signe de la croix sur les eaux, et y entrait hardiment le premier, donnant l'exemple à ses compagnons. La pluie venait-elle à tomber, il chantait des hymnes à haute voix. Il ne portait ni or, ni argent, ni monnaie, jaloux d'être pour tout à la merci des hommes et de la Providence. Il logeait de préférence dans les monastères, ne s'arrêtant jamais à sa fantaisie, mais selon la fatigue et le désir des Frères qui étaient avec lui. Il mangeait de ce que ses hôtes apportaient sur la table, sauf les viandes ; car même en route, il observait rigoureusement l'abstinence et les jeûnes de l'Ordre, quoiqu'il dispensât ses compagnons de jeûner. Plus ou le traitait mal, plus il était content. On le vit étant malade, manger des racines plutôt que de toucher à des fruits délicats. Lorsqu'il devait loger chez des gens du monde, il étanchait d'abord sa soif à quelque fontaine, de peur que le besoin ne le fit outre passer, en buvant, la modestie d'un religieux, et qu'il ne scandalisât les assistants. Quelquefois il allait mendier son pain de porte en porte ; il remerciait toujours avec humilité ceux qui lui donnaient, jusqu'à se mettre à genoux en de certaines occasions. Il prenait son repos tout habillé, sur la paille ou sur une planche.

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