Lacordaire
Les premières pages de ce volume, accueillies jadis avec bienveillance par Y Année Dominicaine comme essai, reviennent continuer leurs simples récits, en présence d'une persécution contre les (*/ membres réguliers de l'apostolat. Lié dés l'adolescence avee l'émment rénovateur de l'Ordre dominicain, choisi par lui pour compagnon de Séminaire et de patrie adoptive, l'auteur s'est cru encouragé à ne pas laisser périr les détails de cette utile rencontre, comme' à démentir quel-
(i) Uù ck S^o/vafo** Ey/Oi-Efa/- JfdZ'IfâïJ
ques erreurs et dissiper des préventions. D'habiles écrivains, des historiens inattaquables, témoins des faits qu'ils rac >nten1 et sûrs des témoins qu'ils répètent, ont peint, dans le Révérend Père Lacordaire, le grand orateur né du grand converti; le religieux vivant d'aumônes comme son divin Maître, pour qui il a renoncé à un si bel avenir mondain, enfin le publiciste brillant, cherchant avec soumission à écarter ce qu'il croyait un obstacle à la sainte liberté de l'Eglise. Voici venir maintenant le simple et iidèle ami que sut ne jamais effacer le grand homme.
Peut-être (]cs rapports intimes sembleront-ils peu de chose dans une si grande vie; hunble souvenance de son aurore, ils intéresseront peut-être aussi les colléetours des pièces de son intimité. C'est coi nme quelques pauvres images ramas-
sées au fond de ses tiroirs; quelque vieux rameau de buis bénit, oublié à la boiserie, et que ses amis se partagent, quand tout est déjà distribué. Le moindre débris qui vient de eette belle âme les touche, autant que ses ennemis s'en fâchent sans savoir pourquoi, si ce n'est qu'ils ne veulent ni l'aimer ni le connaître. Et cela seul prouve déjà la supériorité d'un homme dont aucun mot, aucun geste ne nous laisse indifférent.
Puisse le peu de lettres qu'il a bien voulu m'écrire aider nos brins de buis à couronner sa tombe.