Avenir du 12 octobre
que leur est plus favorable que ne l'était la leur, et l'on a fait remarquer, non sans justesse, que bien des idées critiquées, combattues — nous allions dire condamnées — de leur temps, sont, de nos jours, très en faveur. En tous cas, on ne devrait pas, dans l'appréciation de ces faits et de ces opinions, oublier la pensée de Pascal : « Quand on veut reprendre avec utilité, et montrer à un autre qu'il s*^ trompe, il faut observer par quel côté il envisage la chose, car elle est vraie ordinairement de ce cô lé-là K »
Si Lacordaire semble avoir assumé à lui seul de lutter contre le monopole universitaire, il eut, dans sa campagne en faveur de la liberté du clergé, deux vaillants collaborateurs en Lamennais et en Gerbet ^; néanmoins, c'est encore lui qui donna, le plus souvent — et le plus hardiment ^
Dans un premier article ' il pose la question. 11 faut supprimer le budget du clergé : « N'allez plus demander au Trésor une vie que l'ingratitude vous accorde à regret, et levez les yeux vers celui qui vous envoya sans tunique et sans bâton porter la paix au monde en échange d'une hospitalité d'un jour. » Mais tous ne regardent pas de même esprit cette suppression. Les uns, sectateurs du xviii*' siècle, « veulent avilir l'Église sans la persécuter; mais une Église sans budget ne peut être avilie, et elle ne peut être atteinte que par la persécution; tout est donc perdu si la religion se débarrasse de la servitude du budget... » D'autres, — des chrétiens — ont peur de cette suppression, u Nous n'avons plus, disent-ils, assez de foi