‹ Lacordaire journalisteChapitre 32 sur 114 · Lettre à Mme Sclnvetcliine, 30 juin · texte numérisé non relu

Lettre à Mme Sclnvetcliine, 30 juin

dans les circonstances que l'on connaît : « Du coup, dit Lacordaire, notre journal futur s'en est allé à vau-l'eau; le P. de Ravignan ne pouvait plus rester avec nous. Je le regrette sous un rapport, celui d'une meilleure défense d^ l'Eglise, quoiqu'àvous dire vrai, le caractère de quelquesuns des collaborateurs me présage des luttes bien cruelles. Je n'ai aucune sympathie avec ce genre de faire; la nature a mêlé ù mon énergie un ingrédient d'extrême douceur et de simplicité qui me rend mal propre h. l'àpreté de presque tous ceux que je vois manier nos intérêts. C'est atout le moins une preuve que Dieu ne me veut pas dans ce genre de service. Me voici donc redevenu pauvre et doux moine, lisant, écrivant, confessant, en attendant la plus grande paix de la mort K »

Quoi qu'il ait peu « de sympathie pour ce genre de faire » il comprend la nécessité de la presse : sa vie, jusqu'ici en est une preuve. Bien souvent, oii il passe, il a l'occasion de s'en occuper, et de promouvoir la fondation de quelque journal. C'est ainsi qu'il en agit à Lyon où il venait de prêcher. « Les Lyonnais, jusqu'à présent divisés par la politique, n'avaient pas pu s'entendre pour fonder un journal purement religieux, et hier soir encore ils étaient dans la plus grande incertitude. Ils m'ont harangué à ce sujet ; je les ai harangués à mon tour, et bref la soirée s'est terminée par une souscription d'hommes de toutes les opinions, pour les premiers frais d'un journal religieux. On va maintenant promener la souscription dans la ville et nous espérons que l'enfantement arrivera à terme ^. »

Grâce à son généreux concours, la Gazette de Lyon fut fondée. Son programme portait qu'elle devait être « catholique avant tout, » suivant une expression courante aujourd'hui, et que nous n'avons pas inventée.

Nous nous en voudrions de ne point faire remarquer

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