Parue en
nous ce qu'il lui plaira K » Nous verrons plus loin ce qu'il pensait des hommes de 89 et de 93.
Lacordaire était monarchiste, mais monarchiste constitutionnel. Écoutons-le dictant, à son lit de mort, la notice de sa vie : « Partisan, depuis ma jeunesse, de la monarchie parlementaire, j'avais borné tous mes vœux et toutes mes espérances k lavoir fondée parmi nous... Libéral et parlementaire, je me comprenais très bien; républicain, je ne me comprenais pas moi-même ^. »
Pourquoi donc a-t-il accepté la République de 1848? Parce que, d'abord « cette forme de gouvernement, quand elle est dans les mœurs, n'a rien en soi de contraire aux lois de la nature ou de la religion; elle suppose même plus de vertus dans le peuple, parce qu'elle ne saurait subsister que par un grand dévoûment à la chose publique et par un grand désintéressement dans ceux qui remplissent les hautes charges ^ »
De plus, il l'acceptait « comme un essai, essai nécessaire à tenter après la chute consécutive de trois monarchies ^,f » Il l'acceptait surtout, parce que, au fond, il n'était l'homme d'aucun parti : « Je n'ai voulu être, avant tout et par dessus tout que l'homme ce Dieu, de son Église et de son Évangile... je n'ai donné de gage à aucun parti, entendant conserver le droit de leur dire à tous la vérité, comn^e c'est mon devoir ^ » « Mes idées politiques, disait;}! encore plus tard, se réduisent à ceci : En dehors du christianisme il n'y a point de société possible, si ce n'est une société haletante entre le despotisme d'un seul et, le despotisme de tous. Secondement, le christianisme ne peut reprendre son empire dans le monde que par une lutte sincère, oii il ne soit ni oppresseur, ni opprimé.