‹ Lacordaire journalisteChapitre 55 sur 114 · Lettre à M™» Schwetchine, 7 novcuibru · texte numérisé non relu

Lettre à M™» Schwetchine, 7 novcuibru

gemeuts injustes. Tôt ou tard la vérité sera connue, et si ce n'est en ce monde, ce sera dans l'autre ^ »

Et comme madame de Prailly revient à la charge, il lui répond d'une manière plus catégorique.

Vos observations sur Y Ère nouvelle exigersiieni une assez longue discussion. Je me borne à vous répéter que je suis complètement étranger à sa direction et à sa rédaction, ce que tout le monde sait ici. J'ai fait une visite à l'abbé Maret, et il me l'a rendue ; il en a été de môme de M. Ozanam, et là se sont bornés tous nos rapports directs et indirects. Si je leur ai ^^romis mes conférences, ce n'est point là un engagement qui entraîne solidarité ni responsabilité, mais une marque que je n'approuve pas la guerre injuste et odieuse qui leur est faite et que je ne veux pas les sacrilier lâchement à leurs ennemis. La levée monarchique de M. de Montalembcrt et de VUtiivers a d'ailleurs placé les catholiques dans une position si fausse, que l'opinion contraire est devenue une nécessité morale de la lutte présente, et que je suis bien aise devoir mon nom soutenir de loin, même au risque d'injustes appréciations, une marche qui empêche les catholiques de paraître livrés tous, corps et àme, à la conjuration d'intérêts et de partis d'où doit sortir infuilliblement la guerre civile. Je veux être pur des maux qu'on nous prépare. J'ai accepté sincèrement la république sans l'avoir souhaitée ; je la crois nécessaire à un peuple divisé d'opinions comme le nôtre, n'ayant plus aucun sentiment monarchique, si ce n'est par peur, et qui ne trouverait dans une troisième restauration dynastique qu'un pouvoir chancelant et bientôt méprisé. J'eusse voulu moins de théories abstraites et absolues dans VÈre nouvelle; mais ce n'est point mon œuvre telle qu'elle est; et entre deux opinions extrêmes, j'aime mieux celle qui s'éloigne le moins de ma pensée, celle surtout qui respecte davantage une foule de sentiments généreux tout à fait oubliés d'autre part. Bref, entre deux maux, il faut choisir le moindre. Ce n'est pas d'ailleurs la seule question politique qui est engagée ; il y en a d'une autre nature que vous n'apercevez pas, et sur lesquelles il serait trop long de m'expliquer 2. »

Quand, en avril 1849, VÊre nouvelle passa entre les mains de M. de la Rochejaquelein qui en lit un journal légitimiste, Lacordaire lui donne cette dernière pensée :

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