AVERTISSEMENT
Quelques erreurs de dates, des inexactitudes de détails s'étaient glissées dans La Première édition de cl'ouvrage, Elles nous ont été signalées avec bien-
veillance, et nous nous sommes empressé de Les cor
riger. Le texte n'a subi aucune autre retouche, Cette “ouvelle édition prend toutefois un caractire à part,
du fait des nombreuses notes que nous y avons mises.
Nous nous sommes trouté, ces derniers mois, auprès d'une bibliothèque très riche en documents sur Lacordaire. Nous en avons profité pour rectifier nos citalions d'après des textes bien authentiques, pour appuyer nos affirmations sur d'érrécusables témorgnages. Ce travail de recherches nous a apporté à nous-même beaucoup de consolations. Puisse-t-il étre agréé de nos lecteurs et leur faire concevoir une Plus grande admiration de notre héros !
La leltre-autographe que nous reproduisons est
tirée des archives de l'évéché de Saënt-Hyacinthe et
nous a été communiquée par M. le chanoine AÀ.-W1. Daoust, secrétaire, et M. l'abbé F.-A. Laroche, soussecrétaire de M" l'Evéque. Elle avait été adressée par le Père Lacordaire à Monseigneur Jean-Charles Le Prince, premier évéque de Saint-Hyacinthe.
Septembre 1912.
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A Monsieur HEXRI Marrix Secrétaire de La Légation de Suisse
et Washington, (D. C.)
Mon cher ami,
C'est à votre demande, et en quelque sorte d'après votre
inspiration, que j'ai composé ce travail sur Lacordaire, La lecture de ses Lettres à un Jeune homme vous ayant mis en goût
de connaître davantage sa grande âme, vous avez pensé qu'il serait doux à mon amitié Pour vous, et à mon sentiment filial
Pour ce moine, de vous révéler quelques aspects de son magni-
fique talent oratoire et de sa sainte vie.
Ai-je réussi à satisfaire
votre d
sir? Je m'y suis du moins sincèrement essayé, E
je ne
saurais
inscrire d'autre nom que le vôtre, en tête d'une œuvre exécutée comme sous votre regard, et pour glorifier un sou-
venir qui nous est, à tous deux, sacré.
L'Aur
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L'Orateur et le Moine
ACORDAIRE a eu déjà bien des biographes.
Le premier, sinon en date, du
moins en mérite, est M. Foisset,
qui l'avait connu depuis sa jeu-
nesse, et avait suivi sa Carrière avec un intérêt, j'allais dire maternel, à en juger par cette phrase de sa correspondance : « J'ai pour Henri des montées de tendresse, comme les mères ont des montées de lait. » — Pour avoir aimé beaucoup Lacordaire, Foisset ne l'a pas moins jugé avec une clairvoyante impartialité. L'amitié n'est pas nécessairement aveugle, comme l'on dit qu'est l'amour ; et il n’est pas requis que,
pour faire œuvre de véritable historien, l'objet de
notre étude nous soit toujours resté indifférent, n'ait jamais éveillé en nous aucun sentiment. Le travail de Foisset est le plus complet et le plus compréhensif qui ait encore paru !.
Auparavant, Montalembert était venu avec une monographie dont le titre seul indique le carastère général : Un moine du moven-âge au XIX" siècle ?, L'historien des moines d'Occident avait été frappé du tour volontiers archaïque qu'avait pris la vie religieuse chez ce compagnon des premières luttes, cet ami de toujours, le Père Lacordaire. Aussi donna-t-il aux pages émues qu'il lui consacra une rubrique indiquant sous quels traits il lui était définitivement apparu et dans quelle forme il avait voulu l'évoquer.
Et voici une œuvre révélatrice : Lacordaire, sa vie intime el religieuse, par le Père Chocarne, son disciple préféré, qui avait reçu pendant des années les
secrets de sa grande âme et adouci ses derniers mo-