La vie de Lacordaire, par TH. Foisser, a paru en
2. Cette plaquette est de 1862, c'est-à-dire de l'année même qui a suivi la mort de Lacordaire. L'on m'assure que le titre primitif était simplement: Ze Père Lacordaire. Mais il nous sembie que les éditions subséquentes portent l'en-tête que nous indiquons.
ments !. Personne n'avait plus de compétence et d'autorité que l'auteur pour parler de choses qui jusque-là étaient restées enfermées dans le mystère des cloitres blancs. Les exemples de haute vertu qu'il étalait contrastaient tellement avec les idées fantaisistes, et non toujours dépourvues de malignité, que le monde s'était faites sur le compte du grand oraeur, que l'effet en fut considérable. J'ai entendu toutefois des personnes graves dire que les révéla tions du Père Chocarne sont mélées de considérations qui les déparent un peu, parce qu'elles sentent le panégyrique. Elles auraient dû suffire par ellesmêmes et objectiveme:t, sans être soutenues par un récit où la piété filiale du narrateur ressort en un relief peut-être trop fortement accusé. Une autre réflexion qu'elles ont encore inspirée est celle-ci, à savoir qu'el'es sont loin de tout contenir, qu'il v aurait donc à y aïouter énormément ; et que d'autre part leur succès retentissant est de nature à décourager quiconque, plus amplement informé, voudrait reprendre
ce thème et y faire entrer les matériaux que des
1. Cet ouvrage est de 1866. 1 a eu plusieurs éditions, corrigées et augmentées par l'auteur.
enquêtes successives ont mis au jour, ou qui sont sortis comme d'eux-mêmes du trésor de: souvenirs paruculiers.
Assez récemment !, M. le comte d'Haussonville a publié un ouvrage sur Lacordaire où se trouvent certains détails inédits que les biographes antérieurs n'avaient point soupçonnés, ou plutôt, je crois bien, qu'ils avaient dû voiler, à raison de leur situation personnelle, ou de la trop grande fraicheur de la mémoire qu'ils retraçaient, ou pour toute autre fin. Cette dernière étude, a quelque chose, il me semble, du caractère qui devra empreindre une histoire définitive et synthétique de Lacordaire, — mais est-ce que le définitif existe jamais en histoire? tout n'est-il pas à renouveler périodiquement avec les méthodes qui s'inventent et les documents que l'on exhume ? est-il une science qui évolue plus vite ? — une vie qui embrasse tout d'un de ces regards d'ensemble que permet le recul dans le temps, et qui fixe le jugement de la postérité sur ce nom, l'un des plus grands du
dernier siècle.
1, Nous avons sous les yeux la deuxième édition de cette étude, elle est de 1898, la première était de 1895.
En attendant que l'avenir nous done ce monument, il y a, dans les œuvres que nous venons de signaler, suffisamment de traits épars pour que l'on puisse recomposer la physionomie exacte de Henri- Dominique Lacordaire. Et d'ailleurs, où, mieux que dans les œuvres oratoires, les nombreux écrits et la correspondance de ce moine, peut-on prendre une
idée juste de sa mentalité et de sa nature morale !?
1. Nous mentionnerons d'autres travaux d'inégale valeur sur le Père Lacordaire, mais encore intéressants à lire ou à consulter: Le À. P. Lacordaire, par P. Loraix (1847) notice excellente, pleine de détails importants sur la jeunesse de ce religieux. — Une Æ£tude biographique et critique, comme ] à une correspondance inédite de Lacordaire. Cette étude comprend 143 pages in-8°, et date de janvier 1809. L'ouvrage a paru en 1870. L'auteur en est Henri ViLLARD. Lacordatre, par RiCARD, Paris 1888. — Lacordaire, par Gabriel LEpoS (dans la collection « Les grands hommes de l'Eglise au XIX' siècle »).
La deuxième édition porte 1902. -- La 1e du À. P. Lacordarre dédiée à la jeunesse française, par L. M. — Deuxième édition,
Lyon s. d. — La collection complète de Z'Année dominicaine, depuis 1839 jusqu'à nos jours, est une source inépuisable de renseignements variés sur le Restaurateur des Frères-Prècheurs en France. Le Lacordaire Orateur, par M. Julien FAVRE, est une étude savante de sa formation oratoire et une analyse chronologique de toute son œuvre parlée. (Paris, Poussielgue, 1906.)
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