CONCLUSION
Périclès avait eu une intuition de génie en confiant à Phidias la haute maîtrise sur l’œuvre du Parthénon. L’âme du sculpteur a vivifié et assoupli l’eurythmie abstraite de l’architecture. Elle a élargi les proportions avec une ampleur éloquente, corrigé la raideur des lignes par la plasticité du sentiment. Elle a animé les surfaces d’une action abondante et contenue, d’une sérénité idéale qui illumine la nature. Tout s’enchaîne dans la plénitude de ces compositions où le rythme épandu ne s’accuse pas en battements de cadences, mais ondule avec une aisance large et souple W.
Le geste évocateur des orateurs de l’agora aurait-il eu un sens, si le Parthénon n’eût pas été l’hymme de foi qui vibre au fond des cœurs et s’exhale dans le rayonnement silencieux des marbres ?
(2) Aujourd’hui, les travaux de redressement des colonnes du côté Nord, dirigés depuis 1924 par l’architecte M. Balanos avec autant de prudence que de science, ont déjà sensiblement amélioré l’aspect du monument : la hideuse brèche ouverte par la bombe de Morosini sera ainsi masquée par l’harmonieuse dentelle d’une colonnade authentique. Presque toutes les pièces en subsistent et n’ont besoin que de menus raccords pour restituer l’effet d’à-jour qui rendra à tout l'ensemble une partie de sa beauté originale ( Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1925, p. 167-175).
Parthénon.