‹ LA̕cropole dA̕thènes, le Parthénon; (volume 2)Chapitre 15 sur 23 · LES SCULPTURES · texte numérisé non relu

LES SCULPTURES

C’est le même esprit de large éclectisme qui a inspiré la décoration extérieure. Quoiqu’on ait pu nier, faute de témoignages explicites, la participation personnelle de Phidias à cette œuvre sculpturale, elle porte trop dans son ensemble la marque d’une pensée et d’une originalité magistrales pour qu’on puisse raisonnablement lui disputer l’honneur de l’avoir conçue et dirigée de très près <*). Sans doute, il dut mobiliser à son service des talents divers et inégaux ; mais seul un génie souverain pouvait imposer à l’œuvre cette unité, sinon partout de facture, du moins de sentiment.

Dans l’ordonnance dorique qui s’épanouit là dans toute sa pureté attique, le fronton Est chante la Nativité miraculeuse de la fille de Zeus, jaillissant toute armée

(1) Un résumé judicieux des controverses à ce sujet est donné dans l’ouvrage tout récent de Ch. Picard ( La sculpture antique, de Phidias à l'ère byzantine, p. 15 à 30, Paris, Laurens, in-8°, 1926).

de la tête de son père, devant l’Olympe extasié. Par là, le monument parle à tout l’hellénisme la même langue qu’un Homère ou un Sophocle et lui distribue la noblesse d’un mythe épuré par la philosophie. Le fronton Ouest s’adresse plus particulièrement à l’Attique et à ses alliés, en déployant le drame mythologique de la Dispute d’Athéna et de Poséidon pour la possession de l’Acropole. C’est ici le mythe local qui symbolise et résume tout le passé religieux et historique du rocher sacré dans l’épilogue d’une réconciliation définitive entre les deux divinités, auteurs et garantes de la grandeur d’Athènes sur terre èt sur mer.

Enfin les 92 métopes rappelaient, comme un album des vieilles légendes locales, aux cantons de l’Attique les épisodes guerriers ou pieux où la déesse et ses héros favoris avaient lutté contre les génies hostiles et fraternisé dans la gloire.

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