‹ LA̕cropole dA̕thènes, le Parthénon; (volume 2)Chapitre 3 sur 23 · CARACTÈRES GÉNÉRAUX DU PARTHÉNON · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DU PARTHÉNON

Lorsque, en l’année 437 avant Jésus-Christ, le Parthénon, dégagé de ses échafaudages, apparut sur l’Acropole dans tout l’éclat de sa blancheur virginale, avivée d’une fraîche polychromie, ce fut un cri d’admiration : « Qu’il est beau, le Parthénon ! ». Ce premier salut à sa beauté devint une acclamation proverbiale. Plus tard, quand les orateurs voulaient exalter le moral défaillant du peuple athénien, du haut de la tribune ils tendaient le bras vers l’Acropole et s’écriaient : « Voyez ces Propylées, ce Parthénon ! », comme pour évoquer en l’âme des auditeurs le réconfort d’une grandeur impérissable. En fait, une forme de perfection venait de naître, éclipsant tout ce que la Grèce avait connu jusqu’alors.

Nous voudrions en ces quelques pages esquisser l’analyse des sentiments que ce monument personnifiait aux yeux d’Athènes et de toute la Grèce, et démêler les éléments de son originalité à la fois si panhellénique et si nationale qu’elle semble « cristalliser » la plus harmonieuse synthèse du génie grec en général et du génie attique en particulier (l) 2.

Il existe, à l’égard du Parthénon, un double préjugé, qu’il importe de dissiper tout d’abord. Le premier, c’est de voir en lui le type normal et canonique du temple dorique : or, en réalité, sa structure révèle un parti pris d’indépendance à l’égard des traditions particularistes en honneur dans les ateliers « doriques » et « ioniques », et le souci de les concilier en une formule librement éclectique. Le second, c’est de le juger comme une création idéale en dehors du temps et de l’espace : or, en fait, il s’enracine profondément dans les origines mêmes de cette Acropole où il est né ; il en résume l’histoire religieuse, politique et monumentale, depuis les débuts de la cité de Cécrops. Les lignes de son berceau indigène se reconnaissent sous les atours doriques et ioniques qu’il reçut en dons de la Grèce continentale et de la Grèce d’Asie : celles-ci ne furent que ses marraines; l’ Attique fut sa mère.

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