B) AGTION DE LA RÉPÉTITION DES DOSES
LA CINÉPHYLAXIE
On pouvait se demander si des injections successives du même agent pouvaient faire apparaître des ondes successives de même intensité, ou bien si elles provoqueraient (selon toute vraisemblance) une accoutumance progressive. Cette dernière hypothèse paraissait la plus logique, car l’accroissement d’un organe ne -peut être indéfini.
C’est bien ce que l’expérience semble confirmer :
Si l’on fait, tous les quatre jours, une injection intrapéritonéale de 1/5° de em° de solution de peptone à 5%, pendant quarante jours, voici ce qu’on observe:
a) Il y a beaucoup plus de cinèses dans le thymus que dans les autres organes ;
b) Il y a descente de la courbe générale des cinèses après chaque injection, du 4° au 40° jour ; à la 10° injection, les chiffres en sont presque normaux ;
ce) L’allure descendante de cette courbe est la même pour tous les organes.
Comment interpréter ces résultats? V a-t-l épuisement de la capacité cinétique des cellules, ou bien une régulation intervient-elle, soit par insensibilité acquise à l’agent mitogène, soit par dégénérescence pycnotique rapide et prématurée dès la division?
L'’injection de sérum de cheval quatre jours après la dernière et 10° injection de peptones, fait apparaître une onde de mitoses aussi élevée que la première fois. Il n’y a donc pas épuisement.
Vérifier la seconde hypothèse est le but de l’expérience suivante: si l’on fait, après la série de dix injections de peptones, suivie de cinq semaines de repos, une nouvelle injection à l’expiration de ce délai, on constate qu’il n’y à pas d’élévation du nombre de mitoses dans les ganglions lympathiques, les plaques de Pever, la rate, mais que le thymus, lui, réagit très vivement. Dusrix interprète cela comme une accoutumance qui s’effacerait beaucoup plus vite pour le thymus qne pour les autres organes, et il donne à ces phénomènes nouveaux le nom de cinéphylaxie.