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VI. — Relations entre mitoses et pycnoses

les phénomènes limitatifs de la prolifération

Il ne suffit pas de connaître les réactions du taymus aux facteurs d’excitation de la mitose, il faut encore savoir, des phénomènes de régénération (mitose) et de destruction (pycnose), lequel précède l’autre et quelle est leur relation de cause à effet.

À la suite des injections de sérum, par exemple, on constate que les pycnoses, après une légère élévation au 3° jour, diminuent fortement le 5°, pour se relever le 7° et revenir enfin à la normale progressivement. Pendant ce temps, le nombre des mitoses suit une courbe inverse: il diminue jusqu’au 3° jour, s'élève au 5° et s’abaisse au 7°. Ceci nous amène à penser non seulement que les deux ondes de mitoses et de pycnoses subissent une variation exactement inverse l’une par

rapport à l’autre, mais aussi qu’elles constituent un processus biologique très général de réponse du thymus à diverses modifications.

Voilà donc un résultat inattendu, que Dusrix inter- :

prète ainsi: des deux ondes de pycnoses, la première correspond à « une révolution fonctionnelle » de l’organe pour libérer les nucléines nécessaires à la poussée leucocytaire provoquée par l’injection; la seconde, à un processus de régulation. Quant à l’onde de mitoses, ce serait un phénomène de restauration. Et l’on peut conclure que le sérum étranger agit par un mécanisme indirect; l’analyse des facteurs de la division aboutit à nous faire retomber sur un nouveau problème, qu’il va s’agir maintenant d’élucider. Retenons, en attendant, que les cellules ne peuvent s’accroître selon une courbe indéfiniment ascendante et que, dans le thymus tout au moins, deux mécanismes existent pour en compenser les effets : l’un est la pycnose, l’autre, la cinéphylaxie, qui empêche la répétition de poussées mitotiques successives et épuisantes.

l'ALR Le facteurs de pycnose:

l’acidose expérimentale

Puisqu’il faut aborder le problème par l’autre bout et considérer d’abord l’onde de pyenoses, la première dans le temps, il convient de savoir quels sont les facteurs qui la conditionnent au cours de l’involution thymique. Nous avons déjà rappelé que le jeûne provoque dans le thymus l’apparition de destructions pycnotiques et l’aspect caractéristique du thymus inversé. Or, le jeûne s'accompagne d’acidose. On peut donc se demander comment agit celle-ci, considérée isolément.

L’injection intra-péritonéale de 1 em° de séruni arti- fiiciel, auquel on ajoute 0,75 % d’acide chlorhydrique à 22° B., donnera la réponse à cette question. Or, dès la 4 heure, on voit apparaître des dégénérescences pycnotiques; à la 6° heure, celles-ci augmentent, et, à la 24 heure, elles sont innombrables, toujours suivies de digestion phagocytaire par les macrophages. On les trouve surtout dans le thymus, où elles atteignent exclusivement les thymocytes; les cellules souches résistent très bien et présentent même des mitoses, les autres tissus sont indemnes.

Dusrix ne se contente pas de cette seule expérience: il se demande si l’acide a agi en tant que tel, ou bien si la variation brusque du pH est la véritable cause du résultat obtenu. Malgré la difficulté d'étudier l’alcalose, moins facilement supportée que l’acidose par les animaux de laboratoire, il fait intervenir celle-ci et constate qu’elle agit de même facon, mais avec moins d’intensité cependant. C’est donc la seconde hypothèse qui est la bonne.

Arrivé à ce stade de l’expérimentation, on peut donc concevoir la pyenose comme la preuve tangible des prélèvements que le thymus doit faire sur son propre tissu pour libérer les nucléoprotéines nécessaires dans des circonstances diverses et la mitose, comme un phénomène de restauration immédiate, permettant au cycle nucléinien de recommencer. pour que .l’organe soit prêt à la prochaine agression. Inversement, la ceinéphylaxie interviendrait pour empêcher l’excès de prolifération. L'équilibre instable ainsi établi pourrait donc être modifié par diverses causes, venues du milieu extérieur, ce qui explique les incessantes modifications de

volume du thymus dans diverses circonstances physiologiques et pathologiques.

Jusqu'à présent, les facteurs étudiés n’ont aucune trace de spécificité, mais l’expérimentation a mis en évidence un mécanisme organique qui a les caractères essentiels de toute organisation biologique: le rythme et l’adaptation.

\'ATIR Un tournant de la découverte:

l’action du bleu trypan

C’est alors que.le problème va rebondir. Comme des chemins voisins croisent souvent la voie où s’engage un chercheur, divers auteurs avaient constaté l’action élective d’agents chimiques sur la cellule en division. De WiniwarTER avait noté l’action de l’arsenic sur les tumeurs lymphomateuses. Dans le même temps que Doüsris, Joriy, venu à des travaux analogues par l’étude des radiations, décrivait l’involution thymique à la suite de l’injection d’alcool.

Dusrix poursuivait son analyse, il s’attaquait maintenant au problème des relations entre la pycnose et la phagocytose, essayant de dévoiler le mécanisme de cette dernière. Bien loin de chercher l’action d’un nouveau toxique, il injectait avec du sérum artificiel acidulé des Souris, préalablement traitées, 48 heures auparavant, par des injections de bleu trypan. Quel ne fut pas son étonnement en constatant que les coupes faites après 24 heures montraient des images pycnotiques apparaissant d'habitude vers le 3° jour. Une expérience de contrôle lui montra que cette activité imprévue était bien due au colorant.

Le premier « poison caryoclasique » était trouvé.

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L’action des colorants d’acridine la trypaflavine

Les sensiblités différentielles

et l’excrétion sphérulaire

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