CHAPITRE V
Puisqu’il paraît démontré qu’un certain nombre d'agents chimiques sont capables d’arrêter le mécanisme de la division cellulaire et puisque un des caractères essentiels de la cellule néoplasique est sa prolifération désordonnée, sans tendance à la différenciation, on peut espérer empêcher celle-ci par l’application d’un des toxiques que nous avons étudiés, en comptant sur les causes de destruction cellulaire normale pour assurer la régression d’une tumeur qui ne répare plus ses pertes.
Cette application des poisons caryoclasiques n'avait pas échappé à Dusnin, et Lits avait exposé dans ses premiers écrits sur la colchicine les espoirs qu’on pouvait fonder sur son action. D'ailleurs, cet alcaloïde n’est pas le seul agent qui ait été essayé. Dans l’étude d’un pareil problème, il faut tenir compte non seulement de l’action directe du toxique sur la cellule, mais encore de sa toxicité pour l’organisme entier, et surtout des différences
de sensibilité que peuvent présenter à son égard la cellule normale et la cellule néoplasique.