VIII. - -Appendice
action sur les tumeurs végétales
L’analogie qui existe entre les tumeurs végétales « crowngalls » ou « phytocarcinomes » et les tumeurs animales, a incité L. Havas à chercher si cette analogie se vérifie aussi dans l’action de la colchicine. En outre, la plus grande taille de la cellule végétale en fait nn matériel cytologique de premier choix.
Le phytocareinome de la tomate est obtenu par inoculation de Bacillus tumefaciens. L'introduction de la colchicine se fait par l’absorption, due à la pression négative de la sève, dans une languette de tige découpée et placée dans le tube de solution, tout en restant adhérente par le haut au reste de la tige. On s’est servi aussi d’une pâte lanoline-colchicine et d’une sclution aqueuse de colchicine, soit par la technique ei-dessus, soit par arrosage; enfin, d’un dialysé de semences de colchique.
Les solutions employées étant d’abord au 1/1. 000° ont dû être réduites au 1/10. 000°, l’absorption totale correspondant à 25 mgr. environ.
L'influence inhibitrice sur le développement de la tumeur est excessivement nette. Elle n’est pas due à la toxicité du produit. Elle n’a pas provoqué l’apparition
1 APE ET 2e
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de cette néoformation subterminale pseudo-néoplasique, que l’on a souvent observé chez les Végétaux. D’après l’auteur, les analogies expérimentales font penser que ‘la colchicine à agi comme une phytohormone, et il admet qu’elle est un excitant de la division cellulaire.
Pour expliquer son action sur la tumeur, il fait intervenir son antagonisme avec le Bacillus tumefactiens et les troubles dans l’apport des substances nutritives.
SOLACULU €t ConNSTANTINESCO, étudiant ce même problème, ont découvert que l’action inhibitrice était due en réalité à l’apparition d’un méristème isolant, biertôt subérifié, qui interrompt la continuité biologique entre la tumeur et la plante.
L'étude de ces applications pathologiques nous montre combien les expériences déjà faites laissent de place à des hypothèses invérifiées. Elle prouve surabondamment qu’on ne peut appliquer un agent chimique à un problème thérapeutique sans en connaître au préalable le mode d’action avec la plus grande précision possible. Pour avoir oublié ce principe, la thérapeutique est restée trop souvent une science empirique.
Toutefois nous devons provisoirement conclure, et voici les réflexions qui découlent de la lecture de tous ces travaux: |
1° Avant de parler de sensibilités différentielles entre les tissus normaux et néoplasiques, il faudrait savoir par des méthodes de dosage chimique de quelle façon la colchicine arrive au contact des cellules dans les différents tissus et si telle ou telle de ses propriétés ne iui confère par une affinité particulière pour un tissu donné. Autrement dit, il faut préciser si la différence de sensibilité vient des cellules ou des voies que peut
emprunter le toxique pour les atteindre;
9° Afin de tourner cette difficulté, il conviendrait, avant toute chose, de se servir pour l’expérimentation de cultures de tissus. Cette méthode a aidé à comprendre l’action de la colchicine sur les tissus normaux. Ne pourrait-on l’appliquer aux tissus néoplasiques ?
3° En admettant que cette action soit aussi homogène pour les divers types de cancers que pour les multiples tissus de l’économie, il faut se rappeler que leur activité mitotique, la valeur de cette activité (mitoses normales ou mitoses monstrueuses) sont excessivement variables et, par conséquent aussi, l’action des corps mito-inhibiteurs ;
4 Comme le fait très justement remarquer Dustin, il ne suffit pas, pour qu’un cancer régresse, d’y arrêter les divisions cellulaires, il faut encore que la tendance à sa régression spontanée ait le temps de se manif ester, et comme la colchicine ne peut agir qu’au moment où elle est injectée, il faut un traitement répété pour bloquer toutes les divisions ;
5° Le problème de l’action thérapeutique de la colchieine est d’abord un problème de toxicité; si l’on est sûr qu’elle détruit les mitoses néoplasiques, on peut admettre qu’un arrêt provisoire des mitoses de régénération dans les tissus normaux soit un moindre mal, sans conséquences immédiates. Mais il ne faut pas que le remède soit pire que la maladie qu’on veut traiter, et l’intoxication colchicinique, immédiatement plus grave que le cancer. Trouver un agent dont la marge de toxicité et la marge d’action sont assez éloignées, est Le problème éternel de la pharmacologie ;
6° C’est aussi un problème de pénétration; il ne suffit pas d’injecter un médicament, il faut encore qu’il
arrive jusqu'aux cellules que l’on veut atteindre. S'il est vrai que les tumeurs greffées réagissent moins bien que les tumeurs spontanées, parce que les premières n’ont pas leur vascularisation normale, on ne peut tirer de ce fait des conséquences définitives quant à l’action de la colchicine sur les tumeurs ;
7° Quand on aura trouvé un agent chimique assez toxique pour détruire les mitoses, mais pas trop pour agir gravement sur l’organisme, et quand on aura pu le porter intact au contact même de toutes les cellules néoplasiques, on aura fait un grand pas dans la chimiothérapie du cancer. On possède, pour le moment, des agents qui ont ces divers avantages: les radiations. D'où leur succès comme méthode thérapeutique. Avant de leur substituer ou de leur associer des agents chimiques, encore faut-il s’assurer que ces derniers auront les mêmes qualités.