PROCÉDÉS EMPLOYÉS
Nous avons vu que la colchicine est beaucoup trop toxique pour qu’on puisse l’utiliser en injection intraveineuse, à dose assez forte, pour obtenir l’effet de blo-
cage divisionnel. Il fallait donc la porter au contact des tissus néoplasiques en l’incorporant à un vecteur qui la laisse diffuser lentement. Etudiant des cancers cutanés d’exploration et d'examen faciles, il était indiqué de se servir d’abord d’une pommade. Cette pommade contenait 1 gr. pour 100 de colchicine dans un mélange de lanoline-vaseline; elle avait été préparée par la Maison Houné.
Il nous a paru bien vite que ce mode d’introduetion était assez peu applicable aux tumeurs volumineuses, aux tumeurs sous-cutanées non ulcérées, enfin à certains cancers cutanés, suppurés ou donnant naissance à un suintement abondant, qui empêche toute application correcte de pommade. Pour ces raisons, nous avons essayé de dissoudre la colchicine dans de l’huile lavée, mais, sa solubilité étant très faible, nous avons tourné la difficulté en fabriquant une solution de colchicine dans laquelle cette dernière, dissoute à chaud pendant la stérilisation à l’autoclave, formait une suspension huileuse en se refroidissant. Nous pouvions ainsi fabriquer des ampoules contenant 0 or. 005 dans un em° d’huile, dont nous injections le contenu en surveillant attentivement l’apparition des signes d’intoxication. À notre grande surprise, ceux-ci ont apparu très tard, du 2° au 4° jour, et ils se montraient discrets. Pourtant, le Codex indique comme dose maximum celle de 0 gr. 004 pour 24 heures. Nous avons osé faire alors deux, puis trois, puis quatre injections locales au même malade, le même jour. Avec des variations dues aux susceptibilités individuelles, nous avons pu constater le caractère fruste, inconstant, et souvent tardif de signes d’intoxication très atténuée. Une légère diarrhée en était la seule manifestation.