‹ L’Acuité Visuelle: Étude Physique et CliniqueChapitre 15 sur 36 · ER · texte numérisé non relu

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Comme nous avons besoin de nous étendre beaucoup sur la mesure de l’acuité des amétropes par cet optomètre, nous renvoyons le lecteur à ce chapitre spécial.

L'échelle d’acuité de l’optomètre de Badal est une der On photographique de celle de Snellen et d’une autre juxtaposée, faite avec des signes de cartes à jouer pour les illet-

= les trés. L'épreuve photographique est négative, c’est-à-dire que les caractères paraissent blancs et le fond noir.

A côté de cet optomètre, nous en signalerons plusieurs autres qui, en grande partie, sont des reproductions de celui-ci.

L’optomètre de de Graefe, qui est constitué par une lunelte de Galilée, ne donne pas la mesure de l’acuité visuelle et ne doit pas nous retenir plus longtemps.

Celui de MM. Perrin et Mascart est aussi une lunette de Galilée, mais renversée. La valeur minima de l’image rétinienne répond à l’hypermétropie de # ou 3° et non à l’emmétropie, comme l’a écrit M. Perrin (!).

L’optomètre de Burchardt, publié en Allemagne à la même époque que celui de Badal en France, diffère peu de ce dernier. La lentille est de 20°. Sa graduation est plus serrée, ce qui est une condition défavorable puisque chaque intervalle est de 0"0025. |

L’optomètre de Loiseau donne aussi la mesure de l’acuité au moyen d’une échelle de de Wecker réduite par la photographie.

Dans l’optomètre de M. Sous, de Bordeaux, la lentille est de 20°. Il renferme aussi une réduction de l'échelle de de Wecker. C’est un: optomètre Badal modifié. Le choix de l’oculaire, dit M. Loiseau, ne semble pas heureux : avec un verre aussi fort les divisions de la graduation sont trop rapprochées.

Les optomètres de Hintzy et de Carreras Arago sont des copies exactes de l’optomètre de Badal: même lentille; l'échelle du dernier n’est pas celle de Snellen.

En 1891, Gullstrand (?) a fait construire un optomètre destiné à mesurer l’acuité visuelle ; il donne des images situées au même endroit et de la même grandeur que celles obtenues avec les verres correcteurs dans la méthode de Donders.. On peut avec lui, comme d’ailleurs avec celui de Badal, mesurer

emma

(1) Ann. d'ocul., t. LXXXV, p. |.

(2) Rev. gén. d'’ophtal., 1891, p. 299.

LP

l'acuité en même temps que la réfraction, en employant les échelles typographiques ordinaires. D’après la description qu’en fait son auteur, nous ne voyons pas en quoi cet appareil diffère de celui de Badal.

Nous citerons encore l’optomètre de notre collègue de la Faculté de Paris, M. Mergier, qui permet de mesurer l’acuité (1). Au point de vue de cette seule détermination, il ne diffère pas de celui de Badal. La lentille étant de 20 au lieu de 465, la réduction de l'échelle Snellen a été faite au 4, puisque la distance est de 0"05. Lorsque le foyer de la lentille coïncide avec le centre optique de l’œil emmétrope, celui-ci obtient sur sa rétine la même image que celle qu’il obtiendrait des mêmes caractères à 5 mètres.

Dans le chapitre relatif à la mesure de l’acuité chez les amétropes, nous reviendrons sur cet optomètre.

Échelles d’acuité de l'auteur.

Lorsqu'on place une échelle optométrique à un bon éclaiment, et qu’en face de cette échelle on met un œil emmétrope ou rendu tel, dont la rétine est saine, on s’aperçoit qu'il lit sans peine les petits caractères à la distance indiquée (5 ou 6 mètres, suivant les modèles). Si on cherche, à l'éclairage du grand jour, la distance maxima à laquelle cet œil peut encore lire cette ligne d’objets-types, on trouve le plus souvent qu’elle est égale à 8 ou 10 mètres. Ce qui veut dire que l’acuité de cet œil est supérieure de beaucoup à l’acuité réputée moyenne.

Tous lesophtalmologistes ont remarqué ce fait, et notre maître, M. Badal, l’a signalé depuis longtemps .

Joy Jeffries (?), de Boston, croit que la vision nette du n° XL de Snellen à 20 pieds ne représente pas le critérium exact de V— 1. Lui-même-‘déchiffre le caractère XV à cette même distance; il peut même distinguer des lettres dans le n° VOL.

(t) Ann. d’ocul., 1892, t. CVIIL, p.351.

() Ann. d'ocul., 1872, t. LXVIL, p. 218.

mL .…Javal (1) dit-que les jeunés sujets ont souvent une acuité plus grande que le n° 1:de l’échelle de Giraud-Teulon, et supérieure de une fois et demie à l’acuité 1 :de Snellen, en sorte que l'unité d’acuité devrait être prise plus Je qu'on:;né le fait généralement.

Le D° Maurel, de même = le D" Parinaud, Late qué l’angle de 60" est trop grand : l’un propose 50” pour les traits, et l’autre 4’ au lieu de 5’ pour la hauteur des lettres. C’est aussi l’avis de M. Jackson.

M. Parinaud fait encore remarquer que le numéro D — 5 de Snellen peut être lu à 7 mètres avec un bon éclairage.

Pour M. Steiger (?), les acuités plus grandes que 1'sont assez fréquentes.

Landolt, s'étant aperçu aussi de la fréquence des acuités supérieures à l’unité choisie, a fait ajouter dans son échelle, que nous avons citée plus haut, trois lignes de caractères, permettant, à 5 mètres, de mesurer des acuités égales à 1,25, 159 et 2, |

M. Armaignac, de Bordeaux (3), ayant remarqué que l’acuité moyenne est souvent supérieure à celle qui est prise pour unité, à fait ajouter à son tableau, dont la dernière ligne doit être lue à 5 mètres par une vue soi- normale, une ligne plus petite qui ne devrait être vue qu’à 4 mètres, mais qui est vue à o mètres par la plupart des personnes ayant une vision

normale. Il ne considère la vision comme normale que lorsque 5 5 LE V=;zet non pas & | En Russie, M. Reich () a trouvé, en examinant la vue de 311 soldats, les valeurs suivantes :

V1 chez 5,7 0/0, V—41. 39,9 0/0, V1. 55,30/0..

memes mememmsssqæeme () Ann. d'ocul., 4879, t. LXXX, p. 146. | | UP Te DORE

@) Journ. de méd. de Bordeaux, n° du 7 mai LE P. 2 LRQ (5) Ann. d’ocul., t. LXX VII, p. 266. * : : ae SR 49)

nr - Sur 172 qui avaient une acuité supérieure à 1, il y en avait

10 0/0 chez lesquels V — 2,

Ces résultats sont conformes à ceux que nous avons trouvés chez des sujets bien portants: ce qui prouve que les bonnes vues ne sont pas un privilège de la nation russe.

Nous allons même, après les déterminations nombreuses faites par nous, jusqu’à émettre l’avis que tout œil dont l’acuité n’est pas supérieure à l’unité adoptée est un œil qui a une mauvaise acuité, une vue médiocre.

Nous parlerons plus loin de la variation de l’acuité avec l’éclairement; mais nous pouvons dès maintenant signaler l'influence énorme de ce facteur sur la valeur de V.

Qu'on mesure l’acuité d’un œil dans un salon, dans une salle avec rideaux ou appartenant à une maison placée dans une rue étroite et obscure; qu’on la mesure ensuite au grand jour, dehors par exemple, et on verra que la valeur trouvée en second lieu a souvent doublé! Or, quand on veut savoir quelle est acuité d’un œil, on doit se placer, nous semble-t-il, dans les meilleures conditions possible: cette acuité est utilisée par les yeux surtout au grand jour, à la grande lumière, à celle qui dans la vie courante sert le plus souvent, et non pas dans un cabinet mal éclairé dans lequel l’œil dont on mesure l’acuité sera réputé avoir une vue moyenne, alors que sorti de cet appartement, dans la rue, il mettra en jeu une acuité supérieure à celle qui se trouve inscrite sur le registre de l’oculiste. |

- Pour expliquer les motifs qui ont déterminé Giraud-Teulon, Snellen, à prendre pour acuité moyenne celle qui correspond à un minimum separabile si grand, nous ne voyons que l’influence de l’éclairement; celui dontils se sont servis était probablement très en-dessous de l'éclairage du grand jour. L'influence

du diamètre de la pupille correspondant à l’intensité lumineuse objective doit aussi entrer en ligne de compte.

En utilisant l’éclairement fourni par les rayons naturels qui n’ont pas traversé de corps plus ou moins translucides, nous avons trouvé toujours pour un œil physiologique la valeur de l’acuité supérieure à 1, quel que soit d’ailleurs l’âge du sujet.

C’est précisément pour pouvoir mesurer commodément les acuités supérieures à l’unité adoptée, que nous avons construit les échelles que nous allons déerire. — Nous l’avons dit déjà, on peut mesurer V par le rapport des distances, et effectivement nous l’avons souvent déterminée de cette façon. Mais il faut aller jusqu’à 8, 10, 12 mètres pour trouver la valeur limite exacte de V. Ce n’est pas très commode et pas toujours possible. — Il est plus simple et tout aussi exact de laisser la distance fixe et de faire varier la grandeur des objets-types (2° méthode). C’est ce que nous avons fait.

Nous avons construit deux échelles différentes : l’une est une échelle décimale (Monoyer), l’autre une échelle exprimant l’acuité en fractions ordinaires (Snellen).

Nous avons choisi, comme forme des lettres de ces deux échelles, les caractères latins de Snellen; nous les préférons aux caractères antiques de Green et de Monoyer, parce que leur forme un peu plus compliquée peut donner lieu à des confusions qui permettent de bien préciser le moment où le sujet ne peut plus distinguer nettement les caractères. De plus, elles fournissent, comme le dit Snellen, un point de repère pour le degré et le genre de défaut de l’acuité visuelle. C’est ainsi que dans l’astigmatisme régulier, les caractères compliqués sont la source d'erreurs tellement constantes que l’on peut conclure souvent à l’existence de l’astigmatisme pour cette simple raison.

Quant aux lettres elles-mêmes, nous n’ayons pas, comme Green, laissé de côté tous les caractères plus difficilement reconnaissables : ils sont utiles parce qu'ils servent de transition pour les lettres de la série suivante. |

Le FQ a

1° Échelle décimale. — Elle comprend neuf lignes d’optotypes ; l’épaisseur des traits de chaque lettre est éxactement le cinquième de la hauteur. Les dimensions des caractères de chaque ligne ont été calculées de telle façon que l'œil, placé à 5 mètres de l’échelle, ait la même acuité que si, visant la ligne de Snellen qui à 5 mètres est vue sous l’angle de 5’, cet œil en

était distant :

deligne de 5" 50

2 en —, à 6.»

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