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En faisant un calcul analogue à celui de l'œil myope, on trouve
ER AD. l' ‘si UE d'où V | = —=A— Se —1— 0,02.
Y. 1 T°? 1 — 0,02.N, et
Cette valeur de V est bien celle qui donne l’acuilé vraie de l'œil hypermétrope en fonction de son acuité apparente.
Donc, dans l’une ou dans l’autre amétropie, on déterminera l'acuité vraie de l’œil en faisant coincider son centre optique avec le foyer de la lentille. L'appareil permet de produire cette coïncidence; il suffit d'enlever l’œilleton du tube et de faire appliquer l’œil à l’orifice de l’optomètre.
Pour les amétropies de courbure, on arriverait au même résultat.
Modification de la plaque d’épreuve de l'optomètre de M. Badal.
Nous l’avons dit, et nous avons insisté sur ce fait important, l’acuité visuelle physiologique, sous un bon éclairage, est supérieure à l’unité adoptée (angle de 5’).
Les échelles que nous avons fait construire n’ont pas d’autre but que de pouvoir commodément connaître la valeur exacte limite de l’acuité d’un œil.
Il était indispensable d'apporter la même modification dans la plaque d’épreuve de l’optomètre; telle qu’elle est faite actuellement, cette plaque est une reproduction photographique de l’échelle de Snellen, à laquelle M. Badal a juxtaposé des signes de cartes à jouer; mais, la distance ne pouvant pas, dans lPemploi de l’optomètre, être quelconque et variable, on peut tout au plus mesurer l’acuité,i : on sait ainsi qu’un œil qui lit la dernière ligne a une acuité 1, mais il est impossible de dire la valeur exacte de son acuité.
Aussi avons-nous pensé, dès le commencement de ces recherches, à remplacer, dans la plaque d’épreuve de Poptomètre, la seconde échelle, qui représente des signes de cartes, par une des nôtres, afin d'obtenir dans tous les cas la mesure de toutes les acuités, aussi bonnes qu’elles soient.
Nous avons choisi celle qui est faite d’après le type Snellen, puisqu'elle devait être juxtaposée à l'échelle de Snellen.
La réduction photographique a été faite de la même façon que l’avait fait M. Badal, c’est-à-dire de manière que la grandeur des caractères corresponde à la distance de 0,063.
Nous nous sommes demandé s’il ne serait pas possible d'obtenir une épreuve photographique positive au lieu d’une négative, telle qu’elle est dans l’optomètre de M. Badal et dans les autres, même les plus récents.
L'aspect d’une telle plaque aurait été absolument le même que celui offert par les échelles ordinaires d’acuité. Mais une difficulté matérielle s’est opposée à la réalisation d’un cliché positif. Pour obtenir un positif, il faut, en effet, photographier un négatif obtenu directement, cette seconde opération fait qu'il est impossible d'obtenir la netteté nécessaire. Malgré les plus grands soins apportés par M. Panajou, nous n’avons pu avoir que des lettres diffuses qu’il est impossible de lire au moyen de l’optomètre. L’échelle de Snellen, jusqu’à la dernière ligne, est très bonné; mais notre échelle, formée de caractères très petits, ne peut pas être photographiée en positif. Il nous a donc fallu faire photographier directement les échelles d’acuité de façon à empêcher tonte perte de netteté. Le eliché négatif ainsi obtenu permet de mesurer les acuités des meilleurs yeux. itgul (assé :. Diagnostic différentiel des amétropies axiles et de courbure, ‘Pour différencier une amétropie de courbure d’une amétropie axile, le seul moyer que nous ayons à notre disposition, c’est l'emploi de l’ophtalmomètre de Helmholtz. Cet appareil permet, en effet, de mesurer le rayon de courbure de la cor-
née, qui est, en moyenne, de 8 millimètres chez l’'emmétrope ; il faut, par conséquent, effectuer une mesure extrêmement délicate pour arriver à diagnostiquer tel ou tel genre d’amétropie. Ce procédé n’est pas un procédé clinique; de plus, on n’a pas l’ophtalmomètre de Helmholtz toujours à sa disposition.…
L'étude que nous venons de faire de l’acuité vraie et de l’acuité apparente des amétropes va nous conduire à une méthode simple, et par conséquent clinique, permettant de faire le diagnostic différentiel des deux catégories d’amétropies. Si on se reporte aux courbes précédentes qui indiquent, pour une même valeur de l’acuité vraie, les variations de l’acuité apparente avec des degrés de plus en plus élevés d’amétropie, on constate que, dans le cas de la myopie, l’'acuité apparente est beaucoup plus faible, toutes choses égales d’ailleurs, pour la myopie de courbure que pour la myopie axile. Dans le cas de l’hypermétropie, au contraire, l’acuité apparente est beaucoup plus élevée pour l’hypermétropie de courbure que pour l’hypermétropie axile. C’est sur cette remarque qu'est basée la méthode dont nous allons exposer la règle pratique :
1° Myopie. — Étant donné un œil myope de degré connu, on détermine son acuité vraie à l’aide de l’optomètre (coïncidence du point nodal de l’œil avec le foyer de la lentille); on note cette valeur. Puis on remet l’œilleton à l’optomètre, et on détermine de nouveau l’acuité de l’œil. Si acuité a peu diminué, l'œil lisant à peu près les mêmes caractères, l'œil est atteint de myopie axile. Si, au contraire, l’acuité de l’œil .a diminué d’une manière sensible, l'œil est atteint de myopie de courbure.
2° Hypermétropie. — Étant donné le degré d’hypermétropie d’un œil, on place, comme dans le cas précédent, la plaque d’épreuve de l’optomètre au point correspondant à ce degré, et on détermine l’acuité vraie de l’œil (on enlève l’œilleton de
l'optomètre). On note cette valeur de V; on replace l’œilleton,
et on détermine une seconde fois l’acuité. Si l'œil lit à peu près les mêmes lettres, si son acuité a peu varié, l'hypermétropie est axile. Si, au contraire, l’acuité de l’œil « sensiblement augmenté, l'hypermélropie est de courbure.
Pour que cette méthode soit sensible, il faudrait pouvoir apprécier des différences d’acuité ne dépassant pas 5; et pour cela, il faudrait qu’au lieu d’une échelle Snellen, qui passe trop brusquement d’une ligne à la suivante, la plaque d’épreuve de l’optomètre portât notre échelle décimale.
Nous sommes persuadé que si les ophtalmologistes notaient le nombre des amétropies axiles et des amétropies de courbure, diagnostiquées par la méthode que nous venons d’indiquer, ils trouveraient que les amétropies de courbure sont beaucoup moins rares qu’on ne l’admet actuellement. On sait, en effet, combien l’astigmatisme est fréquent. Or, l’astigmatisme, le plus souvent, est le résultat d’une irrégularité de la courbure cornéenne. Si la perturbation de courbure porte également sur tous les méridiens, on aura un astigmatisme particulier qui ne sera pas autre chose qu’une amétropie sphérique de courbure. Nous pensons donc que les amétropies de courbure, qui ne sont, en somme, qu’un cas particulier de l’astigmatisme, doivent aussi se rencontrer assez fréquemment. C’est la constatation que permettra facilement la méthode que nous avons imaginée.
Len
Variation de l’acuité visuelle avec l’éclairement (!).
Tout le monde sait que la clarté est indispensable à la vision et que notre œil a beaucoup de peine à reconnaître la forme des objets dont l’éclairement est insuffisant; ainsi, lorsqu'on lit le soir, on est obligé de rapprocher beaucoup le livre des yeux, et à mesure que la nuit approche, il arrive un moment où on ne distingue plus rien.
C’est assurément l’éclairement qui a le plus d'influence sur la variation de lacuité visuelle, comme nous l’avons indiqué déjà. Aussi cette influence mérite-t-elle d’être étudiée d’une façon particulièrement soigneuse.
En commençant ce chapitre, nous devons donner un aperçu d’une loi relative à la sensibilité dé notre œil pour des variations d’éclairement, ou loi psycho-physique de Fechner.
Prenons, comme l'indique Helmholtz (?), un cliché photographique représentant des ombres très délicates et d’autres
() La plupart des auteurs qui se sont occupés de cette question emploient le mot éclairage pour désigner la quantité de lumière reçue par les objets-types servant à mesurer l’acuité. Ce mot est impropre dans ce cas: en effet, l’éclat qu'’acquiert une surface plane sous une intensité lumineuse donnée constitue, non pas l'éclairage, mais l’éclairement de cette surface. En physique, on appelle éclairement la quantité de lumière reçue par l'unité de surface; si l’intensité lumineuse de la source est I, les rayons tombant sous l'angle «, et la distance étant d,on a
Nous pensons qu'il est utile de réserver le mot éclairage pour désigner le système éclairant. On dira, par exemple, l'éclairage d’une bougie, l'éclairage d’une lampe, l'éclairage du grand jour, etc.
Dans ce chapitre, nous distinguerons toujours ces deux mots, qui ne doivent pas être employés l’un pour l’autre : éclairement et éclairage. ba
@) Helmholtz, Optiq. physiol., p. 412.
ES
plus foncées ; plaçons ce cliché devant un fond clair dont on augmente peu à peu l’éclairement: pour une faible intensité du fond, on ne remarque pas les ombres les plus délicates; elles deviennent visibles pour une intensité plus grande, puis, l'intensité augmentant toujours, ‘elles finissent par disparaître de nouveau. Plus l’ombre est prononcée sur le dessin, moins il faut de lumière pour la rendre visible, et plus il en faut pour la faire disparaître. Il doit donc exister certains degrés moyens d’éclairement où l’œil est plus sensible pour reconnaitre si l'intensité a varié d’une petite fraction de sa valeur : ce sont les degrés d'intensité que nous employons ordinairement pour lire, écrire, travailler, degrés agréables et commodes pour notre œil et qui s'étendent depuis la clarté à laquelle nous pouvons lire sans difficulté jusqu’à celle d’une surface blanche frappée directement par les rayons solaires. Dans l'intervalle de ces limites, la grandeur de la sensibilité serait, d’après Helmholtz, à peu près constante, de même qu’en général la valeur d’une fonction algébrique variable d’une manière continue varie relativement peu aux environs du maximum.
Les mensurations photométriques donnent le même résultat, avec plus d’exactitude, C’est sur ces mensurations que s’est appuyé Fechner pour énoncer sa loi psycho-physique, d’après laquelle, dans des limites très étendues, les plus petites différences perceptibles de la sensation lumineuse sont des fractions constantes de l’intensité. Cette loi serait générale et s’appliquerait aussi à d’autres genres de sensations. Ainsi, des différences dans la hauteur des sons nous paraissent égales lorsque les différences des durées de vibration sont exprimées par une même fraction de la durée de vibration totale. D’après les recherches de Weber, il en est de même de notre faculté de reconnaître des différences de poids et de grandeurs linéaires.
Cependant, la loi de Fechner, relativement à la sensation ‘lumineuse, paraît ne pas s’appliquer avec une grande rigueur. Ainsi, Bouguer a trouvé, pour la valeur la plus petite du rapport perceptible, 1/64 de l’intensité lumineuse totale. Volkmann a
fixé ce rapport comme étant égal à 1/100; Arago, à 1/181. Masson, en employant des disques rotatifs blancs avec de petits secteurs noirs, trouva que « des yeux faibles (?) ne pouvaient reconnaître parfois que des différences de 1/50, tandis qu'avec une bonne vue on peut quelquefois reconnaître des différences plus petites que 1/120. »
Aubert (!) a démontré que non seulement le rapport indiqué comme constant par Fechner ne l’est pas, maïs encore que, pour une même personne, ce rapport n’a pas toujours la même valeur.
Fechner cherche à expliquer pourquoi cette loi du degré de sensibilité n’est pas exacte pour des intensités très petites ou très grandes, en attribuant cet écart aux perturbations qu’apportent certaines circonstances accessoires. Ainsi, lorsque l’éclairement est très faible, l'influence de la lumière subjective de l’œil doit se faire sentir; à côté de l’excitation produite par la lumière extérieure, il y a toujours une excitation par des causes internes. Quant à l’inexactitude de la loi vers la limite supérieure de l’intensité, Fechner l’attribue à la fatigue de l’organe. Les modifications internes du nerf qui doivent transmettre l'excitation au cerveau ne peuvent pas dépasser une certaine mesure sans modifier cet organe.
Malgré ces circonstances qui altèrent l’exactitude de la loi de Fechner non seulement vers les limites supérieure et inférieure, mais aussi pour les degrés moyens d'intensité, on peut, avec Helmholtz, conserver et admettre cette loi comme donnant une certaine approximation.
La question de l'influence de l’éclairement sur la valeur de l’acuité visuelle à été étudiée par un assez grand nombre d’expérimentateurs qui ont fait d'importants travaux que nous allons essayer de présenter au lecteur sous une forme aussi intéressante que possible.
Tobias Mayer, en 1754 (?), a fait des expériences relatives à l'influence de l’éclairement sur l’acuité visuelle. Il a trouvé qu’on reconnaît le mieux des systèmes de lignes à la clarté d'un
() De Wecker et Landolt, Traité d’ophtatm., t. I, p. 528. (2) Helmhollz, Opt. physiol., p, 294.
beau jour, et qu’une augmentation de l’éclairement ne sert à rien, Quant aux éclairements moins intenses, il les obtenait la nuit, en mettant une lumière à différentes distances du papier. Plus la lumière était loin, plus il lui fallait se rapprocher.
En faisant varier l'intensité lumineuse entre 1/16 et 1, il obtint le tableau suivant (1) :