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moins marquée (chez le lapin, au contraire, le rétrécissement pupillaire ne porte que sur l’œil excité). Listing (1) a constaté que là modification pupillaire de l'œil opposé ne commençait que ? de seconde après l'excitation lumineuse, et qu’elle durait + de seconce.
D’après Beaunis (2), le rétrécissement du diamètre pupillaire de l’œil excité commence 0,49 de seconde après l'excitation lumineuse; la pupille n’atteint son diamètre constant qu’au bout de 0,85 de seconde.
La dilatation est toujours plus lente à se produire que le rétrécissement. Ainsi donc, le chiffre que nous devons retenir pour la durée du réflexe pupillaire, dans le cas qui nous occupe, est 0,49 de seconde.
Pour savoir si l'éclair magnésique pouvait modifier le diamètre de la pupille, il était indispensable de mesurer la durée de cet éclair. |
Il existe plusieurs manières de le produire. Nous avons utilisé pour nos expériences l’éclair résultant de la combustion d'une quantité de poudre de magnésium égale à À gramme, contenue dans une petite boîte en carton de 20 millimètres de diamètre et de 7 millimètres de hauteur; la base supérieure est constituée par une mince feuille de papier dans laquelle on enfonce une petite mèche destinée à enflammer la poudre.
Pour faire la mesure de la durée de l’éclair, nous avons utilisé une méthode bien connue, celle du diapason à miroir (fig. 22).
Fig. 22.
() Drouin, loc. cit., p. 107.
(2) Beaunis, Physiol. hum. t. II, p. 514.
Le diapason dont nous nous sommes servi effectuait 154 V. D: mesurées avec le cylindre enregistreur de Marey, au moment même de l'expérience : une de ses branches était munie d’un. miroir plan M, comme dans les expériences de Lissajous. En plaçant une source lumineuse S dans une caisse percée d’une petite ouverture, les rayons émanés de cette source étaient réfléchis par ce miroir; à l’aide d’une lentille convergente L, il était facile d'obtenir sur un écran l’image nette, réduite à un point, de l’ouverture rendue lumineuse par la source. Dans ces conditions, si on se sert comme écran d’une feuille de. papier photographique au gélatino-bromure d'argent placée sur un cylindre C animé d’une grande vitesse, et sion remplace la source lumineuse contenue dans la caisse par un éclair magnésique, il est évident qu’en faisant entrer le diapason en vibration, on pourra obtenir sur le cylindre la tracé du mouvement vibratoire correspondant au temps mis par la poudre de magnésium à opérer sa combustion. Ge dispositif, que nous avons utilisé, a une grande sensibilité. La durée de l’éclair s'obtient ainsi en comptant le nombre de dents photographiées sur le gélatinobromure.
En répétant plusieurs fois l'expérience, nous avons trouvé que la durée de l'éclair était comprise entre
6 Tips me 15 de seconde, c'est-à-dire entre + et -i de seconde.
Il est donc évident que la lueur produite par cet éclair n’a pas le temps de modifier l'ouverture pupillaire, puisqu'elle dure 10 ou 12 fois moins de temps que le réflexe physiologique.
La lumière produite par la poudre de magnésium, étant très riche en radiations actiniques, permet de photographier la pupille, même dans l'obscurité.
Pour nos expériences, nous avons utilisé une chambre photographique et un objectif nous permettant d'obtenir une image agrandie de la face antérieure de l’œil. Nous devons à l'obligeance d’un maître bien connu à Bordeaux dans l’art
LE à
photographique, M. Panajou, d’avoir pu mener à bonne fin ces mesures délicates. Pour avoir la valeur du diamètre pupillaire, il suffit de le mesurer sur le cliché et de diviser cette valeur par : 1° le grossissement de l'objectif photographique déterminé une fois pour toutes, et 2° par le grossissement dû au dioptre cornéen.
* Ce dernier grossissement est facile à calculer : dans l'œil humain le plan pupillaire, quand l'œil est au repos, est situé à 4 millimètres en arrière du pôle de la cornée(t); le rayon de courbure de la cornée est, d’autre part, égal en moyenne à 8 millimètres d’après les mensurations d’Helmholtz et de Donders; l'indice de réfraction de l'humeur aqueuse est 1,336 ; par conséquent, la distance focale du dioptre cornéen est
ren 8 x 1,336
RER RE Ce Ni
Fig. 23.
Considérons le demi-diamètre de la pupille. Ce demi-diamètre ab se comporte comme un objet lumineux : il apparaît comme s’il était vu à la loupe. La construction de son image s'obtient en menant les deux rayons classiques, l’un a parallèle à l’axe, l’autre al’ dont la direction passe au foyer postérieur F.
Les prolongements des deux réfractés se coupent en a, et a’ b' est l’image virtuelle de ab.
Le grossissement, ou plutôt le grandissement de ce dioptre cornéen est, comme dans tout appareil d'optique, le rapport de l’image à l’objet.
() Helmbholtz, Opt. phys., p. 110.
. Dans les triangles semblables l'PF et abF, on a l'P'où 4 D'MP EE ST 78 ab bF 31,78—4 ou 31,78 MTS
Pour étudier expérimentalement la variation de l’acuité pour différentes valeurs du diamètre de la pupille, il fallait empêcher l'œil de corriger le manque de netteté des images provenant des aberrattions de sphéricité; il fallait donc l’empêcher d’accommoder : nous sommes arrivé à ce but en plaçant devant l'œil, choisi emmétrope, un \verre positif de 012; dans ces conditions, la grandeur des cercles de diffusion ne peut pas être modifiée par l’accommodation.
Le sujet en expérience, placé devant l’objectif de la chambre photographique dont la plaque était mise au point une fois pour toutes, avait la tête fixée en arrière et en bas; l’œil avait donc une position immobile. On commençait par déterminer, pour une valeur donnée du diamètre de la pupille, son acuité visuelle monoculaire, et aussitôt cet œil était photographié.
Pour augmenter la grandeur de la pupille, on fermait plus ou moins les ouvertures de la salle; enfin, pour que l’œil reçût très peu de lumière, on disposait un grand vélum noir qui plaçait le sujet comme dans une chambre obscure à laquelle était ménagée une petite ouverture permettant à l'œil d’apercevoir Féchelle d’acuité. Cette échelle était, elle, en dehors de la salle, et toujours éclairée de la même façon : par la lumière du grand jour.
Il était indispensable d’avoir à sa disposition une échelle régulièrement progressive et donnant la mesure de l’acuité en dixièmes. Notre échelle décimale, décrite plus haut, était donc tout indiquée pour cet usage; nous saisissons cette occasion pour faire remarquer encore son utilité.
Cette échelle ne permet pas seulement d'exprimer la valeur de l’acuité en dixièmes ; elle permet d’avoir une approximation
plus grande encore. Ainsi, lorsqu'un sujet lit toutes les lettres de la ligne qui correspond, par exemple, à V —1,5, et qu'ilen lit quelques-unes de la ligne suivante qui donne V — 1,6, on peut écrire pour l’acuité cherchée 1,55. On a donc ainsi une mesure aussi exacte que possible.
Les yeux sur lesquels nous avons fait ces mesures étaient des yeux bleus, choisis tels à dessein: la coloration bleuâtre de l'iris est, on le comprend, une condition qui permet à la pupille noire de se détacher plus nettement sur l'épreuve, et par suite d’obtenir une image meilleure.
Le grossissement de l’appareil photographique était mesuré en plaçant sur le même plan que l’œil-un double décimèêtre en ivoire blanc gradué en demi-millimètres.
Ce grossissement, dans nos expériences, était égal à
La pupille a été photographiée dans cinq grandeurs différentes, pour lesquelles l’acuité de l’œil était respectivement
Le diamètre de la pupille mesuré sur chaque cliché a été trouvé égal à
49— 6, clarté du jour.
20 — 13 clarté moyenne.
3° — 13,5 id.
&° — 90 demi-obscurité.
5° — 22 obscurité presque complète.
Grâce au grossissement produit par l'appareil photographique (2,9), on voit que les mesures peuvent être faites avec une grande approximation.
En divisant chaque valetir du diamètre püpillaire par 2,9 on ‘obtient les différentes valeurs : |
mm
Bo — 7,58
‘qui sont les diamètres que paraît avoir la pupille à travers le dioptre cornéen. Pour connaître le diamètre réel de la pupille dans chaque expérience, il suffit de diviser tous ces nombres par. le grossissement relatif à la cornée, et que nous avons
trouvé égal à
31,78 27,78 ce qui donne les nombres suivants:
L 1,8 Pis 38 3 4,04 & 6 5 6.6
Si on rapproche les valeurs correspondantes de l’acuité, on obtient le tableau suivant, qui montre la façon dont varie l’acuité avec le diamètre de la pupille :