‹ L’Acuité Visuelle: Étude Physique et CliniqueChapitre 36 sur 36 · RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS GÉNÉRALES

Nos recherches permettent de tirer les conclusions suivantes :

I. — L'angle de 1” pour la valeur du minimum separabile est trop grand : l’angle de 30’ paraît mieux répondre à l’expression du pouvoir séparateur de l'œil physiologique sous un très bon éclairement.

II. — On doit définir l’acuité visuelle l’inverse de l’angle le plus petit sous lequel un œil peut encore reconnaître la forme d'objets donnés. Quatre causes font varier la valeur de cet élément : 1° la grandeur de l’image rétinienne; 2° l’éclairement de l’objet; 3° les dimensions de la pupille; 4° l’état de l'organe,

IT, — L’'acuité visuelle peut être déterminée de deux façons, soit en faisant varier la distance et en présentant le même objet-type à tous les yeux, soit en laissant la distance constante et en faisant varier la grandeur des objets-types.

IV. — Les verres correcteurs des différentes amétropies produisent l'égalité des images rétiniennes, lorsqu'ils sont placés, pour les amétropies axiles, dans le plan focal antérieur de l’œil, et, pour les amétropies de courbure, dans un plan tangent à la cornée. Nos démonstrations et nos calculs sont élémentaires, car ils n’exigent que la connaissance des dioptres et des lentilles minces.

V. — Avec les échelles optométriques actuellement en usage, on ne peut pas mesurer la valeur-limite exacte de l’acuité par la É méthode à distance fixe. Les échelles que nous avons fait COnstruire permettent d'obtenir, soit à une distance constante, soit à des distances variables, la valeur exacte de l’acuité visuelle.

VI. — Les verres correcteurs, s'ils produisent l'égalité des images rétiniennes, modifient l'angle visuel qui a été pris comme base de la définition de l’acuité; on doit donc séparer l'une de l’autre ces deux. mesures différentes de l'acuité :

4° celle qui correspond à la constance de l’angle (acuité vraie); 2 celle qui correspond à la modification de l’angle visuel, les images rétiniennes restant constantes (acuité apparente). — Les calculs que nous avons établis permettent de se rendre facilement compte de l'influence des verres correcteurs sur l’acuité visuelle.

VII. — Avec l’'optomètre du prof. Badal, on peut mesurer soit l’acuité vraie, soit l’acuité apparente des amétropes suivant que le foyer de la lentille de l’optomètre coïncide soit avec le point nodal, soit avec le foyer antérieur de l'œil. — On peut à l’aide de cet appareil, différencier les amétropies de courbure des amétropies axiles par une méthode que nous avons imaginée.

VIII. — La valeur de l’acuité visuelle est très influencée par léclairement de l'échelle.

Lorsque l’éclairement augmente à partir de zéro, l’acuité croit d’abord très rapidement pour n’augmenter ensuite que très peu.

IX. — Les dimensions de la pupille influent aussi sur la valeur de l’acuité, qui varie en raison inverse du diamètre pupillaire. La méthode nouvelle que nous avons utilisée pour mesurer ce diamètre, permet d'éviter les causes d’erreur inhérentes aux pupillomètres.

X. — Enfin, l’acuité visuelle varie avec l’âge: au lieu de décroître régulièrement depuis la naissance, elle va d’abord en augmentant jusqu'à l’âge de la puberté, dans les deux sexes. La courbe de cette variation se présente donc maintenant avec une allure autre que celle qui est indiquée dans tous les livres classiques.

Vu : Le Président de thèse, Vu : Le Doyen, BERGONIE. A. PITRES.

Vu et permis d'imprimer :

Bordeaux, le 5 juillet 1893.

Le Recteur,

A. COUAT.

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