CORRESPONDANCE
Je vous envie le bien actif que vous pouvez faire autour de vous, surtout aux pauvres, pour lesquels, j'en suis assurée, votre présence est une bénédiction ! Je sens tellement que dans la position qui est la nôtre en ce monde, il y a pour nous un grand danger de laisser notre vie s'évaporer en bagatelles I mais il n'est pas bien de trop penser à ce que les autres font, en ce genre, dans la situation où ils se trouvent, au lieu de faire le mieux possible là où on est. C'est là ce que j'ai bien peur de ne pas faire !...
... Merci, chère sœur, de votre délicieuse lettre, que j'ai lue et relue, et qui m'a fait grandement désirer vous revoir et causer avec vous, au lieu de nous écrire ; d'autant mieux que, comme vous le dites, il serait inutile d'entamer à ce sujet une guerre, la plume à la main. Je veux seulement vous demander de ne pas me regarder comme le champion des méthodistes, et surtout des ranters^; mais c'est là un mot que nous n'avons pas plus le droit d'appliquer aux chrétiens évangéliques que nous n'avons celui de supposer que ceux d'une autre nuance vont inévitablement tomber dans l'irréligion et l'indifférence. Je ne puis pas admettre que ceux des méthodistes qu'on appelle des « saints » négligent toujours les devoirs qu'ils ont à remplir dans la vie, et s'ils j sont fidèles, il ne faut pas les comparer aux Pharisiens, puisque Notre-Seigneur dit expressément : « Vous devez faire ces choses, mais vous né devez pas omettre les autres. » Ce ne sont donc pas les observances minutieuses qu'il blâme, mais il les blâme de négliger pour ces observances de plus importants devoirs. Or, je ne puis pas admettre que ce soit là ce que fait la généralité des c saints » méthodistes, et comme c'est là la base de votre argument, nous ne parviendrons pas à nous convaincre