Il était de lui
\U CHAPITRE YII — (1843-1846)
Je vous prie aussi de ne point être révoltée de trouver l'une des héroïnes de ce roman commettant une chose horrible ^. . .
Brougham, dimanche.
J*ai enfin copié plus de la moitié de mes notes sur Ellen Middleiorif et maintenant, chère lady Georgiana, j*ai vraiment peur que vous ne me trouviez impertinent de vous les envoyer. Elles sont sans phrases et sans détour, n'ayant pour but que de vous être utile. Mais non, vous ne m'en voudrez pas, vous avez trop d'esprit pour cela. Donc, je vous les adresse. Ce sont de petites taches dans le soleil, à peine des taches ; ce sont des ombres, mais assez nom* breuses dans le premier volume, beaucoup moins dans le deuxième, pas du tout dans le troisième, de sorte qu'elles disparaîtront complètement dans un second ouvrage, que je vivrai, je l'espère, assez longtemps pour vous voir écrire et pour jouir de sa lecture. Ce sont principalement à des misères de style que mes remarques se rapportent.
J'ai cependant un mot à vous dire sur quelques incidents du livre. Comment un homme tel que Henri, si délicat qu'il est épouvanté à la pensée de ne pas pouvoir payer une dette d'honneur, peut-il en venir à encourir le déshonneur et la honte en dérobant une somme de 3,500 livres sterling?. . .
Comment ensuite laissez-vous presque impuni l'effroyable orgueil d'Edouard, le héros du livre, par lequel il tue Ellen Middleton, sans le vouloir, il est vrai, mais sans s'en soucier. C'est, à mes yeux, le plus haïssable des hommes, et je le dis avec d'autant plus de conviction que je suis moi-même un martyr de l'orgueil, à un point qui vous fournirait le sujet d'un terrible roman, si vous saviez tout. Je tâche de le combattre cependant, et quelquefois j'en viens à bout. .^
1. Ce roman inédit ne circula jamais» l'auteur lui-même en suspendit la publication.