‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 57 sur 196 · CHAPELLE DE MARGARET STREET 3M · texte numérisé non relu

CHAPELLE DE MARGARET STREET 3M

chers. Bientôt, en effet, l'exemple de Newman, le premier et le plus grand de tous, devait être suivi par l'archidiacre Manning, et par M. James Hope Scott, désignés par M. Gladstone lui-même , l'un comme la perle de leur clergé [Anglican) , l'autre comme la perle de leurs laïques^ y et avec eux, la pléiade dont se composa FOratoire à son début, sous le P. Faber, lui aussi au premier rang des illustrations de l'anglicanisme. Puis, presque en môme temps, des femmes telles que la duchesse de Norfolk, la duchesse de Buccleugh, la marquise de Lothian, la marquise de Londonderry, et tant d'autres, dont aucune cependant ne surpassa en sainteté celle dont nousécrivons l'histoire, qui fut leur amie à toutes, leur gtiide, leur campagne, et marcha ici*bas à la tête ou aux côtés de celles qui lui sont aujourd'hui réunies pour la plupart dans Téternité bienheureuse. Mais, jusqu'en 1846, Lady Georgiana continua à fréquenter cette chapelle de Margaret Street, dont nous avons parlé plus haut, et elle y rencontra plusieurs de ceux que nous venons de nommer. Ce fut là, en particulier, qu'elle fut frappée par la piété profonde de M. James Hope Scott, en même temps que par son aspect, qui rendait en effet impos&ible qu'il pût passer

i. C'est en parlant à l'autenr de ce récit, en 1849 et 1850, qne M. Glasdtone se serrit de ces expressions, ainsi que de celle qui vient d'être citée relativement à Newma».

202 CHAPITRE YIII — (1844-1846)

inaperçu. Jamais homme ne reçut à la fois tant de dons divers et ne sut mieux que lui les surnaturaliser tous. Son intelligence le plaçait au sommet de ses contemporains'; mais son âme était plus haute encore, et la rare beauté de ses traits, la noblesse de sa taille, le charmé de sa physionomie, n'étaient que le reflet extérieur de toutes les qualités qui le rendirent le modèle accompli des catholiques et des chrétiens ^

Trente ans plus tard, Georgiana écrivant à Lady Henry Kerr, sœur de M. Hope Scott, en trace ce portrait :

Ce fut, je crois, en 1843 que je vis votre frère pour

la première fois. 11 sortait de la Chapelle de Margaret Street (qui était alors le lieu de réunion préféré des Puseyistes), avec son ami M. Badeley. Jamais, avant ni depuis, aucune figure ne m'a autant frappée que la sienne. Je n'ai retrouvé que dans de rares tableaux quelque chose approchant de la beauté idéale de ses traits et de sa tournure, à cette époque.

Pendant les deux années suivantes, je le vis souvent dans cette même chapelle. Son profond recueillement, sa grande piété et son absence totale d'affectation firent sur moi beaucoup d'impression. J'avais alors très peu vécu en Angleterre depuis mon enfance, c'était pour moi une chose nouvelle, que de voir, dans une église anglicane, un laïque

1. La vie de James R. Hope Scott, par R. Ormsby, a été publiée à Londres en 1884. Elle contient les correspondances les plus intéressantes avec ses amis, parmi lesquels comptaient au premier rang le D^* Newman, le D' Manning et M. Gladstone.

M. JAMES HOPË 203

aussi pieux, sans cependant sembler le moins du monde exagéré ou excentrique.

Plus tard, je fis connaissance avec lui et je le rencontrai de temps en temps dans le monde. Il était bien en réalité tout ce que faisait présager sa physionomie ; et le charme de ses manières ajoutait encore à celui de sa conversation.

On serait entraîné ici à une trop longue digression si on voulait s'arrêter à contempler le rayonnement de vertu et de foi, au milieu duquel apparaît le souvenir de cet homme éminent. Il suffit de nommer sa sœur et son beau-frère, Lady Henry Kerr et son mari, convertis l'un et l'autre et faisant à leur foi le sacrifice de tout ce qui avait composé jusque-là le bien-être de leur vie ; Henriette, l'ainée de leurs filles, devenue cette sainte religieuse dont nous venons de lire l'admirable vie < ; leurs trois fils, dont deux servent aujourd'hui Dieu dans la Compagnie de Jésus ! Et plus près encore de M. James Hope, comment omettre de rappeler les deux femmes qui successivement portèrent son nom. La première, petite-fille et unique héritière de Sir Walter Scott, convertie au catholicisme en même temps que son mari, et qui consacra les courtes années de sa vie à le seconder dans l'œuvre bénie qu'il sut accomplir en Ecosse, en rallumant un ardent foyer de charité et de prières, dans une localité oii la foi catholique était presque éteinte ; et lorsque la

Page 1