‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 59 sur 196 · LE P. BROWNBILL · texte numérisé non relu

LE P. BROWNBILL

la quittèrent, elle respect quHls leur témoigaèrent n'en fut jamais amoindri!...

L'illusion qui avait réuni dans la chapelle de Margaret Street ceux qui espéraient encore parvenir à se rapprocher du catholicisme sans l'embrasser ne fut de longue durée pour aucun d'eux. Pour Georgiana, nous l'avons dit, elle avait à peine existé. Dès son arrivée, elle avait demandé et reçu une instruction religieuse qui devait mettre fin à tous ses doutes. Cette instruction lui avait été donnée par un vieillard vénérable, membre de la Société de Jésus, le R. P. Brownbill, dont la simplicité égalait la sainteté, et qui eut la rare fortune de voir la plupart de ceux dont nous avons cité plus haut les noms illustres , venir abjurer entre ses mains les erreurs de l'Anglicanisme, et devenir, par son entremise, les enfants de l'Eglise.

Le P. Brownbill était alors déjà âgé. Il portait encore (suivant une coutume abolie aujourd'hui, mais qui, née pendant les persécutions religieuses, lui survécut longtemps) un costume qui le distinguait fort peu d'un laïque. On l'eût pris, au premier abord, pour un gentleman farmer; mais dès qu'il parlait, on se sentait touché par sa bonté paternelle, frappé par la sagesse calme et laconique de chacune de ses réponses, et pénétré de respect pour Tautorité dont il était le représentant. .1

Quand on se souvient, toutefois, quelle était à cette époque, dans le monde anglais, Fimportance d'hommes tels, par exemple, que l'archidiacre Manningou M. James Hope; quelle réputation avail l'un dans l'Eglise, et l'autre au barreau, peut-être sera-t-on tenté de soupçonner qu'ils n'étaient pas tout à fait exempts eux-mêmes de la pensée qu'ils allaient procurer au bon et simple vieillard, devant lequel ils venaient s'agenouiller, une satisfaction plus grande, ou du moins différente de celle qu'auraient pu lui causer de plus obscurs pénitents...

Cette pensée fugitive, si elle traversa leur esprit, n'y put séjourner un instant. Aucune prédication, autant que l'attitude du P. Brownbill, n'aurait pu leur faire comprendre qu'ils n'appor-^ taient rien à l'Eglise, qu'ils venaient au contraire tout recevoir d'elle.

« Nous le savions bien, disait plus tard M. James Hope. Mais jamais , pour ma part, je n'oublierai l'impression que je reçus. Mieux que toute parole, que tout raisonnement, que toute prédication, cette attitude me fit comprendre que je n'étais qu'un enfant et que l'Église était ma mère. »

La leçon était à coup sûr bonne à donner à d'aussi illustres néophytes, et il était bon pour eux de la recevoir.

Néanmoins, il ne serait pas conforme à la vérité de nier, qu'humainement parlant, l'Eglise catholique profita de ce sang nouveau versé dans ses

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