ABJURATION
du bien qui les adoucit tous. Ce bien, il est vrai, ne se fait pas sentir dans sa plénitude, dès le premier instant; car il grandit et se développe avec chaque heure de la vie ; mais elle en reçut en elle-même ce jour-là le germe indestructible. Deux jours après cette visite au P. Brownbill, elle prononça son abjuration.
Ce jour était le 29 mars 1846,
Digressioo. — Le docteur Mannîng et M. James Hope. — Lady Gk^rgîana catholique. — Correspondance arec sa mère. — Lettre du docteur Newman. . — Gramtley Manor. — Lettres de lady Carlisle; — de M. Charles Grevkle; — du due de Bedford ; — de lady 'Georgiana à miss Edgeworth.
L'assertion qui termine le dernier chapitre pa« raltra peut-être un peu hasardée à quelques-uns de nos lecteurs ; elle est néanmoins exacte. Lady Georgiana, après de longs troubles et de nombreuses fluctuations, trouva la paix dans l'Église catholique dès qu'elle y fut entrée, comme un navire trouve le repos dès qu'il a jeté l'ancre dans le port. Ce ne fut pas, nous le répétons, une paix exempte de peines et de sacrifices, mais ce fut une paix exempte de doute.
Ceux qui ont connu cette plaie de l'âme comprendront sans peine qu'en être guéri^ c'est être libre, c'est être calme, c'est posséder une joie et une paix permanentes et vivantes, non à l'exclusion des épreuves et des souffrances," mais au milieu d'elles, et en dépit d'elles.
Il serait permis de penser que la vérité se révèle et s'affirme ainsi plus sensiblement encore qu'à d'autres, à ceux qui ont fait pour la conquérir de plus grands sacrifices, et quoique ce soit
DIGRESSION. LB ItÉV. H.-E. MANNIN6 2H
en anticipant un peu sur les datés, nous ne pouvons.résister au désir d'en citer encore ici deux
autres mémorables exemples.
Lorsqu'à leur tour (le 6 avril, veille du dimanche de la Passion, 1851), celui qui devait devenir cardinal-archevêque de Westminster, et James Hope, le grand jurisconsulte, son ami, furent reçus tous les deux dans l'Église catholique par ce même P. Brownbill, ce qu'ils éprouvèrent fui semblable à ce que je-viens de décrire. On en trouve le touchant témoignage dans les billets suivants adressés, à cette époque, par l'un de ces illustres convertis, à l'autre :
LE REY. HENRT B. HANTIING A J. lU HOPE ESO" G.C. Londres, li, Queen St. — 7 avril 1851 >.
Mon cher Hope. Voulez-vous accepter le livre que vous avez vu chez moi hier (le Paradisus animas). G*est le plus parfait livré de dévotion que je connaisse. Laissez-moi vous faire une demande. Je Vax lu d*un bout à l'autre^ une page au moins par jour, entre le 26 janvier et le 22 août 1846^ en marquant la date de chaque lecture. 11 m'a donné vifeé science nouvelle. CeU« de Tharmônie, de Tordre^ et dee détails d'une dévotion qui émane de dogmes positifs, et qui y reconduit Tâme. Si vous en avez lé courage, faites de même, pour Tamour de moi et pensez à moi en le faisant.
... Tous mes désirs sont comblés, — Il ne me reste plus que celui de pouvoir conserver par la persévérance ce que Dieu m*a accordé pour Tamour de son Fils ! . . .
Croyez-moi, mon cher Uope, affectueusement à vou^i