‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 65 sur 196 · Pas très distinguées · texte numérisé non relu

Pas très distinguées

2J8 GHAPrTRE IZ — (1846-i848)

Maintenant, en sûreté dans tes bras, je songe au passé. — Je songe aux jours de mon enfance où déjà j'apercevais ton ombre. — Je songe aux jours agités de ma jeunesse pendant lesquels elle m'apparut et metroubla.— >Je songe aux jours où j'apercevais ta beauté, même dans les images que me présentaient tes adversaires. —Mon âme avait soif de ton amour et avait peur de ta foi. — Je brûlais de cueillir la fleur, et je refusais de la faire éclore !.*.

Jadis,., avant {ie sentir ta puissance J'açais désiré que tu fusses la vérité, — - Plus tardy quand vint V heure décisive, /'aurais voulu que tu fusses l'erreur. — La lutte a été longue... le combat cruel... le gain merveilleux ! — Pas une épreuve, pas une souffrance n'a été vaine. — Chaque anneau de la longue chaîne qui a ramené mon âme à toi a été une grâce, une force, une miséricorde!...

La conversion de Lady Georgiana ne changea rien aux habitudes de sa vie. Ni alors, ni jamais il n'y eut la moindre altération dans ses relations avec sa famille, et je ne serai démentie par aucun de ceux qu'elle aima si tendrement, si j'affirme que jamais l'intimité de leurs relations ne subit le moindre changement. Quant à ses rapports avec le monde, qui dès lors occupaient une très faible partie de son temps, ils demeurèrent les mêmes jusqu'à l'époque où, dix ans plus tard, sa vie subit le brisement suprême qui devait lui ouvrir La voie d'un renoncement plus complet, d'un amour plus héroïque pour tous les souffrants de ce monde, et où Dieu devait lui faire trouver enfin l'apaisement d'une inconsolable douleur dans les régions hautes et sereines auxquelles parviennent,

LADY GEQRGIâNA CATHOLIQUE 2t»

ici-ba8, ceux-là seulement qui oat été marqués profondement du signe de la croix. Jusque-là, nous la trouverons presque la même, et nous pourrons suivre comme auparavant, dans ses lettres, lè mouvement extérieur de sa vie. Quant à ce qui se passait dans. son âme, il était rare, on le sait^ que ses propres paroles le révélassent jamais. Quelques lettres placées entre nos mains permettent cependant de comprendre que, dès ses premiers pas dans l'Église, elïe tendit à gravir. La vie spirituelle, telle que, je le crois, les seuls catholiques la connaissent, a de nombreux degrés. Nous verrons bien vite Georgiana franchir les premiers, et aspirer à monter plus haut. Ascende superius!.,. Personne mieuxet plus vite qu'elle, n'eût répondu à ces paroles qu'un de nos grands orateurs contemporains^ a choisies pour texte, lorsqu'il a voulu déterminer les degrés par lesquels on s'élève^ de la voie commune des préceptes, à cette voie supérieure des conseils qui, dès ce monde, nous fait entrevoir une vie céleste f...

Avant de quitter ce sujet, citons ici quelques réponses à ses propres lettres. Elles nous aideront à comprendre quelles étaient à cette époque ses dispositions à elle-même.

LB Riv« p. W. A LADT 0E0R6UNA FULLERTON.

J'aurais voulu vous répoddre plus tôt, maïs j*ai

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