Memoirs ofJ.B, Hope. Vol. II, p
venaient de renoncer à tout ce qui pouvait tenter l'ambition humaine, aussi bien qu'à /oi/^ ce qui avait été le plus doux et le plus cher à leurs cœurs jusque-là I...
Ces deux conversions n'eurent lieu toutefois qu'après celle de Lady Georgiana, mais le D' Newman, on le sait, les avait tous précédés. Jusqu'à quel point cet exemple influença Georgiana, c'est ce qu'on ne peut exactement mesurer ; mais il est indubitable que l'impression qu'elle en reçut fut profonde, et jeta dans la balance, du côté vers lequel inclinait déjà si fortement ses convictions et ses désirs, le poids de l'autorité la plus haule et la plus vénérée qu'elle put invoquer. Il faut avoir vécu en Angleterre à cette époque, pour savoir quel était le respect et la popularité qui entouraient alors le nom de John Henry Newman, et il faut s'y retrouver au bout de quarante-cinq ans, pour constater, à l'honneur du peuple qui l'éprouve, et du saint vieillard qui l'inspire, que ce respect et cette popularité n'ont subi aucune altération. Bien que séparé d'eux par ce qui semble un abîme, bien que revêtu des plus hautes dignités d'une Église qui n'est pas la leur, la place qui lui a été donnée au milieu de concitoyens ne lui a pas été ravie. Leur respect et leur sympathie accueillent toujours ses paroles. Leurs ovations l'attendent chaque fois qu'il sort de sa retraite, et reparaît au milieu d'eux, et son nom demeure pour tous
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a hoasehold word^ une parole chère et connue dans tous les foyers !...
S'il en est encore ainsî aujourd'hui, on peut se figurer ce que ce devait être à l'époque où Lady Georgiana fut reçue dans l'Église. Elle n'eut cependant pas alors avec le D*" Newman de fréquents rapports personnels. Mais ils ne pouvaient être étrangers l'un à l'autre.
Dans ce grand mouvement, où tant de vies étaient engagées, les premiers parvenus au port suivaient avec anxiété ceux qui luttaient encore contre les flots qu'ils venaient de traverser; et ceux-ci comptaient sur les autres pour les aider de leurs conseils et de leurs prières. Nous pouvons juger qu'il en fut ainsi dans ce cas, par la lettre suivante adressée à Lady Georgiana, en réponse à celle où elle annonçait au Df. Newman son entrée dans l'Église catholique :
LE REY. D** J. H. NEWMAN, A LADY 6B0R6IANA FVLLERTON.
Meriyale, 15 aTril 1846.
Chère Madame [Mydear Madam), Je suis heureux de la nouvelle que vous m*appreaez et touché que vous ayez voulu me la confier. Elle m'a auiai eomblé de reconnaissance, car je voua assure que jamais votre nom n'a été oublié dans mes prières, et que jamais je n'ai cessé de m'informer avec intérêt de ce qui vous regar« dait. Je continuerai maintenant à prier pour vous, et à penser à vous comme vous me le demandez, et je suis assuré que la paix et la confiaace éprouvées par ceux qui ont pris
la même importante résolution que vous, vous seront accordéeSi comme à eux I
En VOUS accompagnant de mes vœux les meilleurs et de mes plus affectueux souvenirs.
Je suis, chère Madame, de votre Seigneurie, le très fidèle serviteur,
John H. Newman.
Quelques mois plus tard, elle s'adressa de nouveau au D"" Newman sur le sujet qui, dès qu'elle fut catholique, la préoccupa au delà de tout autre, réducalion de son fils, alors dans sa treizième année, et dont le cœur et l'intelligence semblaient déjà répondre à tous les vœux de sa mère. Nous ne possédons pas la lettre qu'elle écrivit à ce sujet, mais voici la réponse de celui à qui elle était adressée :
St-Mary, Birmingham. — 25 juin 1846.
Chère Madame, Laissez-moi d'abord vous exprimer la vive joie que j'éprouve en recevant de vous une lettre qui témoigne de l'heureux état d'esprit où vous êtes. J'ai eu pour vous des inquiétudes qui, je le crains, ne prouvent pas autre chose que mon manque de foi. Mais, je sais que les personnes qui ont eu l'habitude de beaucoup exercer leur esprit sont sujettes à des épreuves plus rudes que d'autres, dans le grand changement que vous venez d'effectuer dans votre vie. Je n'avais pas assez compté sur la grâce qui se trouve dans l'Église catholique pour subvenir à tous nos besoins, quelque divers qu'ils puissent être*
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Je regrette la retraite du D' Logan^ j'avais pour lui un grand respect et je connais à peine son successeur. Mais c'est le système d'un collège et non le mérite individuel de l'un ou de l'autre des professeurs qui est le point important, et je ne puis concevoir qu'entre le D' Logan et son remplaçant, il puisse exister d'autre différence que celle des manières plus ou moins agréables de Tun ou de l'autre.
Tout ce que j'ai vu de ce collège me fait penser qu'il a les avantages particuliers qu'un établissement catholique doit posséder, et dont sont privés les collèges protestants. Les élèves ont l'air très heureux, et il me semble, en vérité, que le D' Wiseman préfère la surveillance de leur collège à toutes ses autres occupations.
La seule critique que j'en pourrais faire, c'est que les manières y sont un peu rudes ^ [^ough] et que sous ce rapport, quoiqu'il s'y trouve des élèves appartenant à de très bonnes familles, il est inférieur aux bons collèges protestants.
Je suis absolument certain que le D' Wiseman s'occupera avec le plus grand soin de votre fils... et si de mon côté, je puis, lorsqu'il sera ici, vous répondre sur des questions de détails ou bien vous être utile, de quelque manière que ce puisse être, ce sera pour moi un véritable plaisir.
Je suis, chère Madame, de Votre Seigneurie le fidèle serviteur, JouN H. Nei¥HAN.
L'époque à laquelle nous sommes parvenus fut celle où elle écrivit les vers cités en partie plus haut. Les voici dans leur totalité :
0 Église mère I Patrie de mon âme si longtemps cherchée et enfin trouvée!...
1. Directeur, pendant plusieurs années , du collège catholique d'Oscott.