‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 79 sur 196 · LADY GBORGIANA A LADY RIVERS · texte numérisé non relu

LADY GBORGIANA A LADY RIVERS

Londres, mardi l«r mars.

Chère Susey, George Stewart me dît qu'il vous a écrit une longue lettre, ce qui, en même temps que le Times, vous aura

appris une partie de ce que vous voulez savoir. J*y ajoute tous les détails que j'ai pu recueillir.

M*^^ Delessert est arrivée hier matin. Je Tai vue aujour* d*hui, avec son mari et ses enfants ; il a été mis en accusation comme préfet de police ; et ils ont dû partir à la hâte sans rien emporter avec eux. Leur courage et leur calme au milieu de ce bouleversement sont extraordinaires, et la modération de leur langage est admirable, tout en déploo rant cependant « le fatal aveuglement du Roi et de ses ministres...

Imaginez la duchesse d'Orléans perdant le second de ses fils dans la foule effroyable qu'elle a eu à traverser pour gagner les Invalides, où elle allait chercher refuge en sor^ tant de la Chambre des députés. Ce pauvre enfant lui fut arraché, et on eut quelque peine à le retrouver !... Mainte-nant ils sont en sûreté chez M. Anatole de Montesquiou.

On dit que Neuiliy et Saint-Gloud socît brûlés et les Tuileries transformées en ambulance.

Figurez-vous Lamartine!... mettant en action ses pro« près récits et ayant Tair de s'être préparé le rôle qu'il joue maintenant !...

Le bruit court aujourd'hui de la mort du roi Louis-PhilippC) mais personne n'y croit. Quelques-uns disent qu'ils sont en route pour Brest, et qu'ils veulent aller non en Angleterre, mais en Amérique. Je suis bien aise d'apprendre que notre Reine a envoyé des bateaux à vapeur dans tous les lieux où ils pourraient aborder, chargés par elle des plus affectueux messages. On dit qu'elle est bouleversée de ces tristes événements...

... La duchesse de Montpensier est arrivée et était attendue h chaque instant à Manchester House^, lorsque nous y avons été ce matin, avec M*** de Jarnac, pour demander

1. Celait là que se trouvait alors l'ambassade de Frai^ce. .'

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quelles npuvelles on y avait reçu. Le bruît courait que l6 duc de Montpensier avait adhéré à la République, et demandé le commandement de Tartillerie, dans le but de saisir luimême la couronne ; mais je ne pense pas qu'il y ait h cela un mot de vrai... Il circule les nouvelles les plus contradictoires; tout le monde a la fièvre d'agitation et d*anxiété.

Lorsque nous étions ii la porte de Tamba^sade, ce matin, une véritable foule s'est rassemblée autour de notre voiture, dans le squai*e, pendant que Louis de Noailles < nou^ donnait les nouvelles. Gomme, au fond, il est légitimiste, il s'exprimait très violemment, et appelait le départ de la Camille royale un honteux sauve^qui-peut.

Je vois beaucoup de gens effrayés du contre-coup que tout ceci pourra avoir en Angleterre ; on craint aussi la guerre... Enfin on ne peut rien dire, ni être sûr de rien...

A LADY GRANVILLB

a mars 1848.

Une seule ligne, chère m«man, pour vous dire que le Roi et la Reine sont arrivés. Cest un immense soulagement t Grâce à Dieu, ils sont ici ! en sûreté!...

Ils devaient coucher à East S/teen, hier au soir, et aller aujourd'hui à Glaremont. M""' de Montjoie les a rejoints hier. Je lui ai écrit, et s'ils veulent me receirgir, j'irai immédiatement les voir à Glaremont.

La princesse de Lieven est arrivée hier. J'ai été sur-lechamp au Glarendon, mais elle était couchée. Elle m'a fait demander de retourner chez elle aujourd'hui*

La lettre du Roi à. notre Reine est simple et touchante au possible. Elle a fondu en farmes en la lisant. Je l'aime pour la tendresse de cœur qu'elle a manifestée dans tout ceci. Il lui dit que a c'est comme comte de Neuilly qu'il

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