Alors vice-roi d'Irlande
Londres. 13 avril 1848.
.^.. Nous avons été hier au soir chez Marie ^ Nous y avons trouvé Lord John RusselP, Lady Kerry, Charles Gore, Lord Besborough et Morpeth. Notre petit Premier ministre avait Tair de très honne humeur, et s'amusait fort de toutes les nouvelles sur la révolution de Londres^ qui circulaient à Paris.
Notre cher Morpeth aussi était de bonne humeur. Je l'ai chaudement félicité de son discours sur le rappel de rUnion, discours qui était selon mon cœur. Impossible d'être plus aimable et amusant qu'il ne Ta été à ce sujet. Il était très satisfait de mon approbation, disait-il, mais il craignait un peu diaprés cela d'avoir été par trop Irlandais ( comme lorsque O' Connell est venu lui serrer la main et le remercier). J'espère que vous lirez ce discours. 11 est formellement opposé au rappel de l'Union, dont selon sa conviction, il ne résulterait aucun bien pour l'Irlande, mais son langage a été bienveillant, conciliant, et, dans ce moment-ci, très courageux'. Mon oncle Devonshire me regarda en secouant la tète, parce que Richard Cavendish lui a dit que j'étais partisan du rappel, ce qui n'est pas exact. Je trouve que ce serait un très grand malheur, mais, comme tôt ou tard, je crois que cela adviendra, je trouve qu'il est fort regrettable d'empirer les choses en supposant d'avance que les deux pays devront à jamais se détester et se nuire mutuellement, si cela a lieu Je ne puis pas comprendre pourquoi, tout en dé-
1. Chex Lord et Lady Granville, dan» leur maison, 16, Bruton Street.