DEMOCRATIE 2S
plorant le rappel de TUnion , on ne ferait pas de grands efforts pour retenir, même en ce cas, Tlrlande comme partie de l'Empire et y maintenir la fidélité pour la Reine; J'attends avec impatience le discours que Lord John doit faire ce soir, mais je crains bien qu'il ne s'y trouve que de
vagues promesses de conciliation future
Je viens de lire une lettre de Lady Garlîsle au duc
(de Devonshire] et je suis complètement d'accord avec elle; Le danger pour l'AngleteiTe ne vient évidemment pas de la populace. Ce n'est pas de ce côté qu'il y a, en ce moment, quelque chose à redouter... Mais ce qui m'effraye, ce sont les symptômes que j'aperçois d'une réaction conservatrice, et le langage anti-populaire que j'entends tenir dans le grand monde. Je ne puis m*empècher d'être convaincue que les principes démocratiques sont beaucoup trop puis* sants pour être réprimés de vive force, et que notre seul espoir de salut pour l'avenir se trouve dans leur développement graduel et constitutionnel.
Il n'est pas sans intérêt de placer ici le passage d'une de ses lettres à son frère cadet, M. Frédéric Leveson Gower, écrite vers cette époque. On verra ce qu'elle entend par principes démocra" tiques j et dans quelle mesure elle les admet :
Je ne puis pas accepter qu'on Êisse de frais pour les *^*, Vous savez que je ne suis nullement exclusive ni aristocratique dans mes idées» et que je trouve que les supériorités de toutes les sortes, sxcBPri crixb qui n'bst dcb qu'a l'argbnt, doivent effacer toutes les distinctions de rang, ou plutôt y suppléer. C'est là un de mes sentiments les plus prononcés. Mais qu'un marchand vulgaire, sans éducation ou distinction quelconque^ si ce n'est celle d'avoir fait une immense fortune, soit reçu et fêté dans le grand monde, cela me répugne.
Le cas de Stephenson n*a aucun rapport avec celui-là. On ne peut causer cinq minutes avec Stephenson sans sentir que Ton parle à un homme de génie, qui manque peut-être un peu de distinction dans les manières» mais qui n'a pas Tombre de vulgarité dans l'esprit.
Je vous envoie la dernière allocution du Pape. Je la trouve admirable. La traduction française vaut beaucoup mieux que la nôtre. C'est pour cela que je vous la préte^ car je ne peux vous la donner, et je vous la redemande lorsque vous l'aurez lue.
J'ai écrit quelques vers sur la révolution de Milan, mais peut-être ne vous plairont-ils pas, et peut-être sont-ils très mauvais.
L* Univers dit aujourd'hui que Vérone est pris. En ce cas, Ja lutte sera bientôt finie.
Quelques paroles dans la même lettre sur les prédications du D*" Newman et celles du P. Faber surprennent un peu et valent la peine d'être citées :
Le sermon du D' Newman a été très frappant, toutes ses pensées sont profondes et originales, et le son de sa voix est émouvant. Une partie du sermon d'hier était cependant un peu trop métaphysique pour moi, mais la fin en a été admirable. La paraphrase du passage de saint Paul, sur ce qu'il a nommé : les inconséquences chrétiennes, c'est-à-dire « tristes et toujours dans la joie, . . . pauvres et enrichissant plusieurs,... n'ayant rien et possédant tout*, » toute cette partie du discours a été d'une beauté extrême. Et cependant, en somme, on me reproche de préférer les sermons du P. Faber, cela est peut-être vrai, je le reconnais, et je reconnais aussi que c'est une preuve de mauvais goût.