‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 88 sur 196 · LADY GRANVILLE A LADY GBORGIANA · texte numérisé non relu

LADY GRANVILLE A LADY GBORGIANA

Dimanche.

Mille remerciements de votre lettre, ma bien chère enfant. Elle m'a plus que satisfaite; elle m'a apporté du bonheur pour le présent et pour l'avenir. La vie que vous menez à Aldenham doit vous convenir parfaitement. Ces lectures avec Marie, ces dissipations rurales qui sont Âe celles que vous aimez tant, ce repos, avec un grand mouvement autour de vous, et, je l'espère, un nouveau roman projeté pour le bonheur et le plaisir dés autres...

Je désire que ce séjour se prolonge pour vous )e plus longtemps possible. Suzey sera avec moi; effacez donc entièrement de votre pensée tout ce qui me regarde, excepté cette adorable tendresse qui vous fait penser à moi trop constamment et avec trop d'inquiétude... Que Dieu tous bénisse toujours !

JOURNAL 28t

Lady Georgiana interrompit son journal pendant quelques jours; mais à son retour à Londres elle le reprît.

Le mardi gras. Hjde Park Square.

Notre retour s^est effectué heureusement. G. va bien. Que Dieu vous accorde k tous le bonheur de passer pieuseraeut le carême î J'ai reçu la j^ermiasiou de communier tous les Jours pendaut sa durée. Il m'est impossible de décrire ïe bonheur que cette pcrraission me cause, mais je sens profondéuient k quel point cela doit me rendre attentive et combien II faut que je m'efforce de me coufornoer exactement aux trois règles que je Di'impose en ce luomeut :

1° Ne pas commettre le plus petit [jéchë délibéré;

2"' Demeurer toujours en la présence de Dieu ;

3^ Accomplir chacune de mes actions avec autant de perfection que je le pourrai.

ML<rcredï de» Cundrtfa,

. , . Beaucoup de distractions en disant mon chapelet, et

ce snîr, k l'église, accablée de fatigue, de somnolence, comme je le suis habituellement quand je jeûne. Peut-être aussi ai-je été un peu déraisonnable au sujet des livres que G, désirait. Mon motit* était bon, mais certainement ma manière de m'y prendre n'a pas été judicieuse.

Jeudi,

Distractions, même en présence du Saint-SacrcmeuL Inutiles pensées sur la conduite d'autrui^,- Sur uu point, je n'ai pas dit l'exacte vérité, mais je m'en suis apen^ue a tenjpsi j'iii rectifié ce que je vemiis de dire.

J'ai eu un sentiment de vanité blessée sur un sujet, et flattée sur un autre. . .

Eu ce moment mèiue, ou je me prépare k la confession^

je suis obsédée de pensées d'approbation de moi-même... Je crois que ce sont plutôt des tentations que des péchés... Mais il est bien probable pourtant que ce sont des ten« tations qui n*ef{leurent pas l'esprit des personnes réellement humbles. Si quelque chose peut m'aider à le devenir, c'est bien cette réflexion-là.

Ici le journal est encore interrompu. Elle le reprit plus tard, et nous y reviendrons souvent, mais auparavant disons un mot de sa vie extérieure en l'anhée 1849.

Pendant leur séjour à St-Anne's Hill, M. Fullerton et Lady Georgiana s'étaient occupés du choix d'une habitation permanente à la campagne, leur intention bien arrêtée alors étant de faire l'acquisition d'une terre. Mais ce dessein était Tun de ceux que l'avenir ne devait pas réaliser. Ils en habitèrent toutefois plus d'une à Fessai. La première fut Midgham en Berkshire, où ils s'établirent en 1850.

Mais avant de quitter Londres, elle s'était préparée à cette nouvelle phase de sa vie par une retraite, qui fut, je le crois, la première dont elle suivit les exercices. Ce fut à l'Oratoire de Londres qu'elle eut lieu. Le P. Faber, alors son confesseur, en était le supérieur. Ceux qui ont pratiqué souvent cette séparation temporaire du monde, et qui en connaissent par expérience les effets, ne seront pas surpris cle trouver dans les notes suivantes (inscrites dans le journal intime.

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