L’agriculture algeÌrienne
Nous n'avons pas la prétention de présenter, en une brochure d'une centaine de pages, un tableau complet de TAorriculture algérienne.
Si Ton observe que l’Algérie s'étend sur un front de mer de l.lOO kilomètres; si l’on remarque que de la côte à la région absolument saharienne il y a une profondeur de terres d'environ 400 et de quelquefois oOO kilomètres ; si l'on considère encore que, à l'encontre d’une opinion assez accréditée dans le public mal ren seigné sur l’orographie du pays, l’Algérie est formée de régions très différentes par l’altitude et le climat et subissant par suite des influences météorologiques très diverses, on comprendra qu’il soit impossible, en si peu de place, de montrer ce qu'est ragricullure d’un vaste pays dans les milieux si dissemblables créés par les facteurs naturels.
Tout ce qu’il nous est permis de tenter, c'est de donner aux lecteurs une esquisse fidèle et sincère, mais seulement une esquisse, de la physionomie d’ensemble de l’agriculture algérienne, de l'importance de sa production, des conditions générales (pii la régissent, des éléments sur lesipiels elle appuie sa
situation actuelle et fonde les espérances de Tavenir.
Pour ceux qui voudraient entrer plus avant dans Fétude du pays et approfondir les questions que nous ne pouvons qu’cà peine eflleurer, nous les renvoyons aux traités et ouvrages spéciaux d’agriculture, où ils pourront trouver de quoi satisfaire pleinement leur légitime curiosité.
Un des points sur lesquels nous devons tout d’abord appeler Fattention c'est la climatologie de l’Algérie.
C’est là le facteur le plus important parce qu’il imprime à l’agriculture algérienne son caractère particulier et qu’il crée au cultivaleur des sujétions inévitables: c’est aussi le plus important parce qu’il n’est pas au pouvoir de l’homme de le modifier et qu’il faut, partout et à toute heure, en tenir compte si on ne veut pas s’exposer aux échecs les plus sérieux.
Zones culturales
Le territoire algérien colonisable se trouve enserré entre deux limites bien nettes et de nature bien différente. Au Nord, c'est la mer Méditerranée, qui, au point de vue climatérique, joue un rôle de régulateur avec sa vaste nappe, sa température plus égale, ses vapeurs j)lus ou moins humides suivant la direction que leur imposent les vents dominants. Au Sud, c'est le Sahara, immensité de terres sèches, où l’atmosphère brûlante et froide tour à tour présente les écarts thermométriques les plus marqués.
Entre ces deux limites s’étend l'Algérie agricole ; non point une Algérie uniforme d'aspect et d’altitude,
11011 point une Algérie plate et partout la inèine, niais au contraire une Algérie à surface très tourinenlée, ((ue l’orographie autant que la latitude a divisée en l'égions de climats très divers et, par consé([uent, d'aptitudes agricoles nettement dissemblables.
Dans son ensemble, cette grande étendue de terres favorables à la production agricole peut être divisée en deux parties principales ; le Tell et les Hauts-Plateaux. Dans ces deux régions s’étend le domaine de Tagriculture, le Tell constituant le type de la région de culture proprement dite, les Hauts-Plateaux présentant surtout le caractère de pays d’élevage pour le mouton.
Contrairement à une opinion qui a eu cours assez longtemps et que l’on trouve encore très répandue en Europe, ce sont les régions de l’Algérie le plus au Nord, celles qui avoisinent le rivage de la mer, qui présentent le climat le plus propice à la culture des plantes des pays chauds. Au contraire, plus on s’enfonce dans l'intérieur des terres, plus, par conséquent, on descend vers les régions équatoriales, et plus la végétation perd tout caractère tropical. Après le dattier et le bananier, communs sur le littoral, on voit successivement disparaître Toranger, puis l’olivier. Sur les Hauts-Plateaux on retrouve la végétation de la France continentale et de l'Europe centrale ; celte végétation disparaît bientôt pour faire place à la maigre flore du Sahara algérien et ce n’est que dans quelques oasis du Sud que l’on voit à nouveau |)rospérer le dattier du littoi*al. Mais ces oasis sont comme des îlots disséminés sur un vaste territoire aride et (jui ne sauraient imprimer un caractère agricole d'ensemble aux immensités au milieu desquelles ils émergent de loin en loin.
On pourrait donc, pour présenter un aperçu schématique de la flore algérienne, dire que les diverses cultures se présentent dans un ordre symétrique des deux côtés d’une ligne idéale orientée de l’Est à l’Ouest et passant entre la Provence et le littoral algérien.
L'influence du voisinage de la mer d’un côté, et de l’autre celle des espaces désertiques, ont délimité quatre grandes zones culturales qui se placent parallèlement à la mer et s’échelonnent du nord au sud dans l’ordre suivant :
Jo La zone marine, qui est située au niveau de la mer ou à une faible altitude et à petite distance du rivage. Elle est relativement chaude et humide.
La zone montagneuse, qui reste tempérée dans les parties qui sont voisines de la mer et qui y font face, mais qui devient plus froide à mesure que l’altitude et la distance du rivage augmentent.
3'^ i.a zone des Hauts-Plateaux, ou des Hautes-Terres, caractérisée par des températures extrêmes très mar(|uées, pays de neige et de froids considérables, de longs hivers et aussi pays de chaleur intense et de sécheresse.
¥ La zone désertique ou Saharienne, où la pluie est très rare, où l’air est sec, souvent brûlant et où les terres dhine constitution particulière ne sont cnltivables que là où les eaux souterraines suppléent à l insuffisance des chutes pluviales.
Nous donnerons quelques détails sur chacune de ces zones ou régions culturales pour bien marquer leurs aptitudes agricoles et leur valeur économique.
h HRKJION MAKINK
Le (le la mer, à son niveau, ou à de l’alhle.^ altitudes, s'étend cette première région qui n‘a (jirune faible profondeur et s'arrête à la limite où ne se fait plus sentir rintluence de l'atmosphère marine.
On peut la caractériser en l'appelant la zone de l'oranger. C’est là que se trouvent les grandes plaines de l'IIai ra, du Sig, du Ghéliff, de la Mitidja,dela Seybouse, etc.
, C'est le pays le plus favorisé, la région de la grande culture, de l'exploitation intensive du sol, de l'engraissement du gros bétail , des forts rendements de céréales avec longues pailles, des prairies à hautes herbes, mais à fourrages grossiers, des cultures arrosées pendant l’été, de rhorliculture fruitière et maraîchère d'exportation, des orangeries, et surtout des vignobles à grands rendements.
Les pluies y sont abondantes, accusant une hauteur moyenne annuelle qui va sensildement en diminuant de l’Est à rOuest, mais est toujours suffisante, en général, pour assurer la bonne venue des récoltes. Les chutes de pluie y augmentent d'intensité de juillet à décembre, puis décroissent à partir de janvier, pour cesser presque entièrement en été et ne rej)rendre qu’en septembre ; mais il arrive parfois que les pluies cessent dès le commencement du printemps pour ne reparaître qu'à l’automne.
La quantité de |)luie annuelle varie de 400 à 1 mètre : mais les bonnes années sont caractérisées
par des pluies hàtivesen octobre-novembi*e. des périu-
des de beau temps en décemlire et janvier et des alternatives de pluies et (.le jours de soleil se pour-
suivant jusqu'en avril ; la quantité arithmétique de |)luie tombée ayant moins de valeur que la bonneré partition de cette même pluie sur une plus longue période.
Dans cette région les températures minima présentent en général des moyennes mensuelles supérieures à -f- 5° en hiver et inférieures à -f- ^0° en été.
Les températures maxima moyennes d'hiver y sont de 4“ celles de l’été sont de -|-
Mais au point de vue agricole, ce sont surtout les ^ températures extrêmes qu’il est intéressant d’enregistrer pour déterminer entre quelles limiles de chaleur ou de froid devra évoluer la vie des plantes. Nous devons donc constater que dans la région marine, même le longdu littoral, le thermomètre atteint parfois -f- 4^^, -\- 45'^, -|- 48® (Philippeville) et -|- 50® à Orléansville, tandis que d’autre part, des températures de 2 et 3® au-dessous de zéro ont été enregistrées. Nous dirons cependant que ces extrêmes de température sont de courte durée et que, grâce à cela, leurs effets nuisibles sur la végétation ne sont pas très graves ; ils sont cependant suffisants pour créer un obs-
tacle à rintroduction de certaines plantes exotiques.
Une des caractéristiques du climat de la région marine, c’est l’humidité relative qui est très élevée toute l’année et se tient à une moyenne de 73 0/0. 11 en résulte que l'air est presque conslamment saturé d’bumidité et que la chaleur humide qui en est la conséquenceestlort pénible pendant l’été. Cet inconvénient diminue dans la partie de la zone occupée par des
plaines qui subissent moins celte influence des vapeurs marines; il est surtout atténué sur les Hauts-Plateaux
uîi de CO fait les chalcui’s sont pins snpp(jrlal>les.
Dans la région tnarine, les terres ont nue grande valeur ; la colonisation y a atteint son plus grand développement: favorisée par les clieminsde fer, par le voisinage des ports (Texportation et des centres les plus peuplés, elle y a créé une agricuiture intensive, et une horticulture perfectionnée ([ui produit les |)rimeurs, les j)lantes vertes, les fruits et ({ui donne au pays une physionomie particulière (rahondance et de prospérité.
REGION MONTAGNEL SE
Eaisant suite à la région marine, celle-ci est composée de terres accidentées, coupées de vallées plus ou moins élevées, de grands ravins et de gorges profondes, dominées par des massifs épais et des pics quelquefois assez hauts pour garder quelque temps les neiges de l'hiver.
Tantôt elle succède à la première brusquement, limitantles plaines littoraliennes par de hautes chaînes de montagnes : tantôt elle est peu étendue en profondeur et se rattache tout de suite à la région des Hauts-Plateaux.
La Kabylie appartient à cette région montagneuse ([Lie Ton peut appeler la zone de Folieier, puisc[ue cet arbre ne prospère plus sur les llauts-Plaleaux. meme à des altitudes inférieures à celles (ju'il occiqie dans les contrées du climat montagneux.
Cette zone est tempérée dans ses parties avoisinant la zone marine et subissant rintluence de ses (empé-
ratures sjDéciales; mais elle devient froide vers les sommets et à mesure qidon s’éloigne du rivage.
Les hivers y sont marqués par des chutes de neige assez fréquentes, durant plus ou moins longtemps suivant les altitudes. Les gelées s’y font sentir au printemps et surtout dans le voisinage des Hauts-Plateaux.
Les maxima moyens d’hiver y sont entre et-]- 15^ ceux d’été entre 30 et 40®.
Les mi ni ma moyens d’hiver y varient de -[- 1 à -|- 6® ; ceux d’été de -f- 15 à 19®.
Les minima extrêmes ont atteint — 8® à Médéa et — 10® à Sidi-bel-Abbès, tandis que les maxima ont été (le -f- 49® à ïizi Ouzou.
Si la chaleur et le siroco s’y font vivement sentir, la température nocturne est moins élevée ; c’est ainsi que l’abaissement de température pendant la nuit permet toujours dans ces régions un repos bienfaisant et réparateur. D’autre part l’humidité relative varie de 75 0/0 en hiver à 58 0/0 en été, ce qui permet de mieux supporter les chaleurs, bien que thermométriquement elles soient plus intenses.
Les pluies sont abondantes en Kabylie où, pour beaucoup de stations, elles dépassent une moyenne atmuelle de 1 mètre. Dans les autres parties de la zone, à l’ouest, elles sont en moyenne de 500 C't à l’est de 700 A Bel- Abbés la moyenne anuelle des pluies n’atteint pas 400'®/'® : mais grâce à leur bonne répartition les récoltes y donnent presque toujours les meilleiu'es résultats.
Les quantités de pluie augmeiUent de juillet à décembre, diminuent ensuite, mais en présentant une notable recrudescence vers le mois de mars ; cette recrudescence des pluies au printemps sauve parfois
les récoltes, (jui en certaines années on( l)eancon|) à sontlVir de la sécheresse.
Cette zone est celle des belles Ibrèts de chênes, de conifères, tColiviers et de caroubiers. Kl le est la l'égion par excellence des cultures fruitières, de rarboricnltnre : qnel(|ües orangeries y prospèrent encore aux taibles altitudes et sur les coteaux t)ien exposés. I.a vigne s*y comporte admiraldement et y donne de beaux vins colorés et alcooliques, mais avec des rendements moins élevés que dans la l’’^ zone. Les prairies y sont composées d’herbes substantielles et se prêtent à rengraissement du gros et du |)elit bétail.
Les céi*éales v sont cultivées avec succès, notamment à Bel-Abbès, Médéa. Sétif, Constanline, et Lagricultiire s’y trouve, sauf pour la pluie, dans des conditions générales, assez seml)lables à celles du cenlre de la France.
On donne souvent le nom de .Tell à toute la partie cultivable de l’Algérie qui s’étend de la mer aux plaines et montagnes voisines du littoral et jusqu’aux parties !aboui*ables des Hauts-Plateaux. Cette appellation dont on a vu rélvmologie dans le mot latin tellits. n’est pas suffisamment exacte, en ce sens (ju’elle s'aj)plique cà de vastes étendues de terres ({ui sont soumises à des climats très variés et, [)ar suite, à un régime agricole sjiécial à chacune d’elles.
On ne saurait assimiler, par exemple, les massifs montagneux qui avoisinent le littoral, (jui [lossèdent des plaines et des vallées où rintluence mai*ine peut encore se taire sentir, avec les régions d’altitudes diverses, variant de 600 à 1.000 mètres, comme celles qui comprennent la majeure partie du département
de l’Est, de Constantiiie à Sétif. Les climats y sont très différents et les facteurs naturels de la production agricole y sont assez dissemblables pour que la distinction de logique qu’elle est, devienne scientifiquement nécessaire.
En effet, si la partie des massifs montagneux succédant à la région marine et qui sont tournés vers le nord, présente de larges dépressions où le sol, souvent humide, compact et argileux, convient plus spécialement à la prairie, caractérisée par des herbes grossières et peu nourrissantes ; si les flancs des coteaux et des montagnes sont cultivés ou sont couverts de magnifiques forêts de chênes-liège et d’oliviers, si cette partie de l’Algérie est, par excellence, la région de la culture fruitière, de la vigne, de l’oranger, de l’olivier, les mêmes conditions ne sont pas réalisées plus avant, quand l’orographie moins accidentée commence cà dessiner la forme de plateaux légèrement ondulés, se déprimant faiblement vers le sud, mais se maintenant très loin à des hauteurs qui déterminent un climat Irès particulier.
Dans la partie du Tell où l’humidité de l’atmosphère et du sol est encore importante et fréquente, l’exploitation du mouton et du cheval est moins indiquée que celle du bœuf qui est le prototype de l’animal de rente et de travail. Seul le bovin indigène y prospère. Les bovins de races françaises et européennes, purs ou croisés avec les animaux du pays, y donnent des résultats inférieurs si on est obligé de les soumettre au régime alimentaire et d’hygiène des races locales.
Cette sorte de région intermédiaire dont celle de
Sétif est le type, est assez fertile; le sol y est riche de principes fertilisants, acide pliosphorique et potasse, i»:énéralement léser, facile à travailler, même avec les
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instruments rudimentaires dont disposent les indigènes et que traînent des attelages parfois si sommaires.
C’est le pays de la grande culture de l'orge et du blé. particulièrement du blé dur : les rendements n’y sont pas très élevés, et sensiblement inférieurs à ceux des contrées plus rapprochées de la mer. mais cette infériorité des rendements est'compensée par la grande étendue des emblavures qui sont mises en culture avec des frais moindres.
Dans cette région, quand les irrigations sont possibles, les |)rairies naturelles, les luzernières donnent des fourrages de qualité supérieure et dume haute valeur nutritive.
Ce pays est aussi la terre par excellence de Télevage des animaux d’es|)èce indigène ou croisés.
Il est éminemment salubre, d’un climat tempéré grâce à ses altitudes: beau v est assez abondante, de bonne qualité et l'immigrant y rencontre les conditions les plus favorables à son installation, à son acclima'ement rapide et à la prospérité des industries agricoles bien conduites.
3“ KÉCION DCS HAUTS-PLATEAUX
La région des Hauts-Plateaux proprement dits est caractérisée, dans les trois départements algériens, par une série de hautes terres situées à une altitude moyenne de 800. mètres, adossées en (pielque sorte aux montagnes plus élevées de la partie Tellienne, se
continuant très au loin dans le Sud avec de légères ondulations que coupent de nouvelles chaînes formant un bourrelet et les séparant de la région saharienne.
Ainsi placées, ces hautes terres se trouvent ouvertes cà tous les courants du sud avec leurs vents secs et leurs sirocos brûlants, aux courants d'est et d’ouest rarement chargés de pluies mais amenant des bourras(|ues de neige, aux courants du nord qui ont perdu leur humidité ou déversé leur pluie sur les régions antérieures.
Elles subissent des actions météoriques extrêmes : certaines stations connaissent pendant l’été des chaleurs de -f- 46 et -|- 48® et pendant l’hiver des froids qui descendent à 14® au-dessous de zéro. Pendant la même journée les écarts de température peuvent atteindre une amplitude de 45®.
La neige y tombe tous les ans et y persiste par places comme dans les régions du centre de la France.
Les minima moyens d’hiver varient entre — 1® et — ?-® et ceux d‘été entre 14® et -|- 19®.
Les maxima moyens d’hiver sont entre 10® et 12® et ceux d’été entre -f- + 38®.
L’humidité relative qui est en moyenne de 70 ®/o en hiver passe à 38 ®/o en été, ce qui indique combien l’évaporation doit y être intense et combien la sécheresse doit être fréquente et désastreuse pour l’agriculture.
La pluie est assez lare sur les Hauts-Plateaux : la moyenne de cette région est de 400 par an ; encore tombe-t-elle généralement en averses orageuses, quelquefois mêlée de grêle, avec des interruptions prolongées qui. quand elles se produisent au prin-
temj)s. mettent la culture dans des conditions très pénibles de végétation.
Les Hauts-Plateaux ne sont cultivables ([ue sur certains points et la nature du sol y est très variée. Les indigènes s’v livrent à la culture des céréales: mais la majorité des tribus qui y vivent sont des pasteurs vivant sous la tente, forcément nomades, cherchant les points d’eau et se déplaçant (juand les pâturages spontanés du pays sont épuisés. C’est le pays du mouton et de la chèvre. Par endroits, les indigènes v élèvent le cheval.
L’eau y est rare ; les dépressions du sol forment des r'dù^s qui se remplissent en hiver et se dessèchent en été, .gardant plus ou moins longtemps .une eau saumâtre, où boivent tous les troupeaux, et qui devient dangereuse quand des précautions d'aménagement ne sont pas prises. Les grandes dépressions naturelles forment des chotts salés souvent secs. Autour des points d'eau on trouve quelques arborescents : peupliers, ormes, frênes, robiniers, abricotiers, cerisiers. Le sol se revêt spontanément de quelques graminées, de touffes d’alfa formant dans rOuest d'immenses peuplements assez denses, d’orge sauvage, d’armoise et de gazon spontané qui résistent assez bien aux intempéries de Phiver et de l'été. Dans les fonds humides le guetaf forme d’épais buissons.
La forêt est rare : on y trouve seulement quelques pistachiers et quelques conifères.
Dans les parties plus au Nord, les européens cultivent surtout les céréales et se livrent h l’élevage.