RÉGION DÉSERTIQUE
Un bourrelet montagneux sépare la région des Hauts-Plateaux de la région désertique.
Celle-ci est constituée par des immensités, nues, sèches, arides, souvent sans terre végétale, dont raltitude diminue iusensiblement à mesure qu’on s'éloigne de la mer, mais se relève de l’Est à UOuest passant de 0 m. sur les confins de la Tunisie à l.OOO m. d’altitude sur les frontières du Maroc.
La région désertique est caractérisée par la siccité de l’air, l’absence ou tout au moins l’extrême rareté des pluies, l’exagération de la chaleur et de l’insolation, la persistance des vents secs et la grande amplitude des variations diurnes du thermomètre.
LTiumidité relative qui est de 60 *^ 0 en hiver n’est plus que de 28 ®/o en été, ce qui explique le pouvoir desséchant de l’air. La tranche d’eau tombant annuellement dépasse ^00 pour très peu de stations ; par contre, Riskra n’atteint que 170. 9 "*/*". Gardhaïa 103. 7 Ouargla 91. 7 et El Goléah 71. 7.
Les sirocos très fréquents font monter le thermomètre jusqu’cà -|- 50° à V ombre. Les maxima moyens sont en hiver de 16 h 18° et en été de -|- 40° à -|- 43°. Les minima moyens sont en été de -|- 22° à -|- 26° et en hiver de-[-2° à 6°. Parfois le thermomètre est descendu à 8° au-dessous de zéro à Laghouat et 10° au-dessous dans la région des Ilamadas.
Cette région échappe totalement à la colonisation, sauf sur certains points situés le long de cours d’eau souterrains et où, grâce à des puits artésiens, on a
pu établii* des oasis très prospères ; le sol eu ^^éiiéral est impropre à toute culture.
De ce rapide exposé il résulte qu’il ne l'aut pas aj)pliquer à l’Algérie ni un terme général sjjéciliant son climat, ni la notion d’une agriculture pouvant s’étendre indifféremment à toutes ses parties.
Il faut, au contraire, considérer ce pays comme formé ; D’une première bande très restreinte oii l'agriculture retrouve les conditions de climat de la Provence et de la côte d’Azur;:2'’ D’une deuxième bande finissant où finit la zone de l’olivier, jouissant encore du climat méditerranéen, avec les modifications spéciales dues à l’altitude et à des pluies parfois insuffisantes ; 3“ D’une troisième bande de
hautes terres à climat très froid et très chaud, subissant de fréquentes sécheresses et ne comportant que la .culture des céréales et surtout l’élevage : 4^ Enfin la bande désertique, sans intérêt pour la colonisation agricole.
Cette notion est la plus importante à retenir pour l'immigrant et le futur colon, car elle précise ce que peuvent être dans chacune des trois premières zones les cultures à entreprendre, cultures qui doivent être adaptées aux particularités et aux exigences du climat.
Nous nous empressons d’ajouter que, même restreinte à ces trois zones, la colonisation a devant' elle un champ immense. En calculant qu’elles présentent une profondeur moyenne de 300 kilomètres, on trouve que leur surface totale représente celle de 60 départements de la France continentale. Le champ est donc vaste et largement ouvert pour les pionniers de l’avenir.