RAPPORT SUR LES LANGUES VIVANTES
Chez les peuples les plus éclairés de l'Europe les langues orientales occupent un rang distingué dans tous les établissements consacrés à la propagation des lumières ; ces langues, négligées en France depuis le commencement de ce siècle, ont été presque entièrement abandonnées pendant le cours de la Révolution.
L enseignement de toutes les connaissances utiles est devenu l'objet de vos travaux les plus importants depuis la chute du moderne Pisistrate. Refuseriez-vous aux langues orientales une place dans l'instruction publique ? Non ; la nation française ne doit être étrangère dans aucun pays, ni dans aucun siècle.
Négliger la connaissance des langues orientales qui servent d'organe à la diplomatie, ne serait-ce pas abandonner la carrière des consulats à des hommes incapables de stipuler utilement pour les intérêts de la République ? Ne serait-ce pai rompre inconsidérément tous ses liens de correspondance aveo les autres nations, détruire toutes ses relations extérieures ? Je
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tombera au pouvoir de rennemi qui s'avance ;. sans vos efforts et votre appui je ne pui» l'arrêter. »
Les Mayençais, alarmés à Tidée des représailles inévitables que leur ferait subir l'armée allemande aprè» le dé- 1 part des Français, adressèrent au Directoire le 28 fructidor j an VII une pétition qui se terminait ainsi : ,;
« Des hommes qui ont tout à craindre du retour de !
leurs tyrans ; qui déjà en 1*793 ont essuyé leurs vengean- (
ces, alors bien moins féroces qu'elles le seraient ai^our- d'hui ; qui ont des propriétés et des familles ; ces hommes, citoyens directeurs, ont besoin d'une garantie, et cette gai*antie ils ne la trouveront que dons la nomination d'un commissaire civil pour la garnison de Mayence ; mais il faut qu'il ait donné des gages certains à la Révolution et à la République et qu'il ait acquis l'honnour d'être inscrijl sur la liste de proscription de la Royauté absolue . Un tel liomiue, citoyens directeurs {et HOKS cro^Ofis Vavoir
trouvé dans la personne du ciioyen Lakanal, commissaire delà République dans nos départements), revêtu du pouvoir d'opposer son veto aux décisions d'un conseil de guerre, de préparer une défense vigoureuse et opiniâtre en cas d'attaque, et de ne capituler en aucun cas. sans stipuler pour tous les patriotes et pour leurs familles et leurs propriétés, un tel homme peut seul nous tranquilliser et déterminer ceux d'entre nous qui, par la nature de leur» fonctions, doivent rester à Mayence en cas de siège, à ne pas abandonner leurs postes et à s'exposer encore à tous les périls pour le salut de la République. »
Les signataires de cette pétition étaient Hartmann; Yung, ^\'eeb, Lehne, Schneider, officiers municipaux, Fleisch, président de l'administration municipale, Pfeiffenbring, juge au tribunal criminel, dont les noms germaniques contrastent singulièrement avec la désinence méridionale du nom de celui qu'ils voulaient voir à leur tétOi
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sous LE DIRECTOIRE, LE CONSULAT ET L'eMPIRE Hl
Lakanal, d'ailleurs,, ne trompa point leur attente; son zèle eut bientôt réussi à approvisionner les garnisons françaises en vivres, artillerie et munitions de manière à opposer une barrière infranchissable à tout retour offensif des armées ennemies.
Il terminait ainsi brillamment cette nouvelle campagne administrative, lorsqu'éclata le coup d*Etat de Brumaire. Bonaparte était revenu d'Egypte, abandonnant à la merci d'un climat meurtrier, aux prises avec d'inextricables difficultés politiques, l'héroïque Kléber et ses compagnons d'armes.
Bientôt d'inavouables intrigues lui livraient la République. Le Directoire supprimé, la représentation nationale expulsée, le Premier consul se hâta de chasser do toutes les fonctions les derniers champions do la tradition révolutionnaire, ceux que la fermeté trop connue de leurs opinions ne poi'mettait pas de corrompre et d'atteler avec des chaînes dorées au cliai' de la tyrannie.
Aussi Lakanal reçut-il bientôt l'ordre de résigner ses pouvoirs ; toutefois, Bonaparte , qui comprenait la haute valeur de cet adversaire, semble avoir voulu lui faciliter une soumission ultérieure au nouvel ordre de choses accepté par tant d'autres, en lui écrivant une lettre flatteuse où flottaient de vagues promesses :
a Les services importants que vous avez rendus à tant d'hommes distingués vous mériteront dans tous les temps des droits à l'estime des hommes. Vous pouvez compter sur le désir que j'ai de vous en donner des preuves. »
Mais l'iXme toute stoïcienne de Lakanal n'était pas capable de se prêter à de honteux compromis ; à l'heure où la France presque entière, lasse des luttes de la liberté et éblouie par l'auréole que la victoire avait mise a\i front d*un général de trente ans, acceptait un joug glo-
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rieux, Lakanal fut de ceux qui voyant leur tâche terminée, . rentrèrent dans Tobscurité avec une simplicité antique, ■ comme Cincinnatus retournant à sa charrue après avoir sauvé sa patrie.
Un peu plus tard, ayant été nommé membre de la Légion d'honneur, il ne refusa pas bruyamment cette faveur du maître, mais s'abstint de prêter serment et ne reçut pas la décoration.
Il convient d*insister ici sur le rare désintéressement de ces Conventionnels, tant calomniés. A quelques Barras millionnaires on peut opposer plus d'un Lakanal. Or, lui qui avait ù. plusieurs reprises tenu entre ses mains une partie de la fortune publique, il était aussi pauvre qu'au jour de son entrée à la Convention. En ce temps-là, il l'a dit lui-même fièrement, les dépositaires du pouvoir pouvaient s'écrier comme les soldats d'Alexandre : « Om" 7iitim Victor es, oniniiim inopes siomcs^. »
Nous avons eu la bonne fortune de trouver dans les papiers de famille, dont son petit neveu a bien voulu nous donner communication, la récapitulation des sommes considérables que Lakanal avait eu à manier.
Copions textuellement.
a Bordereau des sommes payées en numéraire sur mes ordonyiances dans le cours des diverses missions que f ai remplies avec des pouvoirs illimités durant la session de la Convention^ du Conseil des Cinq-Cents et sous le Directoire.
» Première mission dans les départements de Seine-et- Oise, de l'Eure, de l'Oise et de Seine-et-Marne pour la le-
^ Vainqueurs de tout, nous sommes dénués de tout.
sous LE DIBBCTOIEE, LB CONSOLAT ET L EUPIRB lia
Lkkuial comniuwra prit lai diputinanu do Bhln.