ACTE TROISIÈME
LAKMÉ, allant à lui, arec tendresse et sourbnle.
Tu m'as donné le plus doux rêve Qu'on puisse avoir sous notre ciel, Reste encore pour qu'il s'achève Ici, loin du monde réel...
Tu m'as dit des mots de tendresse Que les Hindous ne savent pas, Et tu m'as appris l'ivresse Des aveux murmurés tout bas.
GÉRALD
Ce que je lis sur ton visage, Ma Lakmé, me glace d'effroi.
De tout mon âme se dégage Et je ne serai plus qu'à toi.
LAKMÉ ? avec passion.
Ah ! maintenant, je veux te croire, Voici la coupe où je vais boire.
Elle y trempe ses lèvres et la lui tend. Prends ! . .
GERALD, la prenant avee exaltation,
A toi, Lakmé, pour toujours !
Il boit.
C'est la fête de nos amours !
GÉRALD
Qu'autour de nous tout sombre Je ne veux pas une ombre Sur ton front enchanté; Je reste sous le charme, Que jamais une larme Ne me voile ta beauté !
6i LAKMÉ
C'est mon rêve qui sombre Et je ne sais quelle ombre
Passe sur mon cœur attristé ;
Mais je meurs sous le charme De ma première larme D'ivresse et de volupté!