‹ LakméChapitre 48 sur 51 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

L A K M É revient triomphante, elle apporte l'eau eonsacrée.

| Ils allaient deux à deux

Et les mains enlacées,

Les jeunes amoureux. —

Moi, je marchais près d'eux,

Seule avec mes pensées. — J'allais, le cœur tout en émoi, Comme eux, de tendresse altérée, Et maintenant, écoute-moi . . .

Avec un accent religieux.

Quand à la même coupe on a bu l'eau sacrée, On reste pour toujours unis...

Elle regarde attentivement, puis comme frappée de stupeur, olle pose la coupe en s'écriant :

Ce n'est plus toi!

GÉRALD

Ce n'est plus toi ! Quand tu parlais, ton âme Sur tes lèvres se posait; Ton regard n'a plus la flamme Qui m'embrasait.

Sur ton visage Un nuage A passé Et l'a glacé.

GÉRALD

N'es-tu plus l'enfant charmante

Pour qui j'ai tout oublié ?

Es-tu moins belle et moins aimante?.,.

LAKMÉ, gravement.

Veux-tu qu'à mon destin ton destin soit lié?

GÉRALD

Je veux ce que tu veux, je veux ce que t'inspire Ton caprice... je veux... je veux te voir sourire!...

LAKMÉ, de même.

Quel soit que le Dieu clément

Dont tu bénis la puissance,

Quelle que soit ta croyance,

Tu sais ce que vaut un serinent.

Bois donc à cette coupe où l'amour te convie, Bois, c'est jurer de m 'ai mer pour la vie !

On entend au loin des chants militaires GÉRALD.

Ciel ! ce sont nos soldats !.. .

Bois... et tu m'appartiendras!

GÉRALD

LAKMÉ, avec force en posant la coupe.

Tu n'oses pas.

Elle regarde attentivement Gérald dont les yeux restent fixés du côté où l'on entend le chant des soldats.

C'est là-bas que va sa pensée...

Son cœur a tressailli, Et sa patrie à ses yeux s'est dressée.

Avec déchirement après avoir essayé d'attirer son regard. Tout est fini .

Pendant que Gérald, la léte penchée, suit de l'oreille les tambours qui s'éloignent, Lakmé, désespérée, arrache une feuille de «lalura et la mâche sans que Gérald s'en aperçoive. 7*^

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