TRISTESSE
Dans le manuscrit, cette Méditation commence par ces vers qui furent transportés ensuite dans les Préludes dédiés à Victor Hugo:
Oh! qui m"emportera sur des flots sans rivages"? Quand pourrai-je, la nuit, aux clartés des orages, Sur un vaisseau sans mais, aa t^ré des aquilons, Fendre de l'Océan les liquides vallons, M'engloutir dans leur sein, rn'élancer sur leurs cimes, Piouler avec la vaiyue au bord des noirs abîmes Et revenir cent fois par les gouffres amers Flotter comme l'écume au sein des vastes mers? D'effroi, de volupté, tour à tour éperdue, Cent fois entie la vie et la mort suspendue, Peut-être que mon âme, au sein de ces horreurs, Y jouirait du moins de ses propres terreurs.